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Le CorsicaBlog
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28 juillet 2006

Le BROCCIU

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Le Brocciu est le seul produit des filières d’élevage de Corse à faire l’objet d’une certification. Il bénéficie d’une Appellation d’origine contrôlée (AOC) depuis 1998.

L’histoire de l’obtention de cette certification s’étale sur 20 ans (1977-1998). A l’INRA, le laboratoire de recherches sur le développement de l’élevage, accompagne depuis le début ces démarches de certification qui peuvent permettre un maintien ou une relance des activités d’élevage.

Le Brocciu est un fromage fabriqué à partir du lactosérum ("petit lait") de chèvre et/ou de brebis que l’on chauffe et auquel on ajoute du sel et du lait entier. Au cours de la campagne 2001-2002, la production de Brocciu a été de 485 tonnes, dont un peu plus de 400 tonnes ont été fabriquées par une vingtaine de laiteries, artisanales ou industrielles , le reste étant produit par quelques 100 producteurs fermiers, dont les trois quarts sont éleveurs de brebis.

Produit « emblématique » du patrimoine fromager corse, le Brocciu est longtemps resté l’apanage des producteurs fermiers. Cependant, vers la fin des années 70, les industriels laitiers producteurs de Roquefort, qui collectent du lait de brebis en Corse depuis la fin du XIXème siècle, décident de valoriser eux-mêmes le lactosérum, auparavant rétrocédé aux éleveurs. Cette décision fait suite à la politique de diversification mise en place pour valoriser le lait qui n’est plus, dans sa totalité, transformé en fromage destiné à être affiné dans les caves de Roquefort.

La reconnaissance du label AOC place désormais le Brocciu au devant du panel des productions fromagères corses.

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5 mars 2007

La Gendarmerie et le banditisme en 1851

Un rapport un peu long à lire.....mais que de phrases succulentes à resservir. Le passé rejoint souvent le présent, à croire que les roues tournent sur place au fil des siècles.

De l'aspect humain pour le gendarme en poste sur l'Ile, aux particularités insulaires, en passant par le colonialisme avoué, il y a là matière à méditation.

La conclusion est en revanche un véritable hymne à la Corse, une reconnaissance des valeurs et des erreurs commises.

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Document: Le banditisme en Corse au milieu du 19ème siècle

Voici le rapport écrit par Germond de Lavigne (1812-1896) à l'attention des autorités en 1871. Il y décrit les différentes méthodes utilisées contre le banditisme. On notera la modernité des problèmes sinon des propos et combien la question corse reste immuable à travers les siècles et les décennies. Il est publié dans la très riche "Anthologie du banditisme" réunie par Gabriel Xavier Culioli et édité par les éditions DCL à Ajaccio.

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La situation de la Corse, en 1850 et 1851, appela très sérieusement l'attention du gouvernement.

Les mœurs locales ont un caractère particulier : l'esprit de vengeance, qui a porté de tout temps les insulaires à ne compter que sur eux mêmes pour se faire justice des injures reçues, et qui sert en même temps de prétexte à bien des actes coupables.

Le banditisme c'est à dire le bannissement volontaire est comme une profession nouvelle pour ceux qui ont violemment rompu avec la loi, et qui demandent aux buissons de la plaine et aux sentiers inconnus de la montagne de les protéger contre les recherches légitimes de la justice.

Le banditisme est une question de mœurs ; la politique n'y joue aucun rôle. L'Île de Corse pouvait se croire politiquement heureuse et satisfaite en 1850 ; le banditisme y occupait néanmoins une place considérable.

À cette époque, la force publique chargée de la sûreté du pays et de la répression des délits se composait d'une Légion de gendarmerie forte de 510 hommes.

Le commandement militaire avait en même temps à sa disposition un corps de 1120 hommes, sinon auxiliaire de la gendarmerie, du moins agissant pour le même objet, et portant la dénomination de voltigeurs corses.

Ce corps, recruté dans des conditions insuffisantes et peu militaires, composé uniquement d'insulaires, les uns anciens soldats, les autres pris directement dans la vie civile, d'autres anciens bandits, rendait, vers ces dernières années, autant de services, peut être aux réfractaires qu'à la répression.

N'étant pas l'auxiliaire formel de la gendarmerie, il en était devenu l'antagoniste, et cet antagonisme ne produisait pas une émulation qui fût profitable au but à atteindre. Les voltigeurs, en relation d'amitié, de famille, d'intérêts avec les coupables, en étaient arrivés à entraver, le plus souvent, les opérations de la gendarmerie, lorsqu'ils pouvaient parvenir à en surprendre le secret. La gendarmerie, en temps normal, est indépendante du commandement militaire ; elle est le moyen d'action de la police administrative et de la police judiciaire ; les voltigeurs corses ne recevaient de direction que du commandement ; il résultait de là un dualisme nuisible pour le service, et fatal pour la répression efficace des désordres qui affectaient la tranquillité publique.

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Le licenciement du bataillon de voltigeurs corses fut décidé, et il fut créé un bataillon de gendarmerie mobile, auxiliaire réel de la légion de gendarmerie. Ce bataillon reçut, pour une partie, les voltigeurs licenciés qui remplissaient, à, peu près rigoureusement, les conditions réglementaires, et, pour le surplus de l'effectif, des hommes ordinaires du continent et tirés des régiments de l'armée.

Son rôle particulier fut, ainsi que soit titre l'indique, de concourir à l'action des brigades, et agissant par colonnes mobiles.

Ce système rendit des services. Le bataillon mobile eut, pendant une année, sa part notable dans les arrestations de bandits et dans les mesures de répression ; mais il ne répondit pas encore complètement au but qu'il s'agissait d'atteindre.

Le bataillon de gendarmerie mobile, bien qu'il fût soustrait à la direction du commandement militaire, avait encore une action distincte et obéissait à un chef indépendant du chef de la légion.

S'il était associé à la tâche de la gendarmerie plus nettement que le bataillon de voltigeurs corses, il n'obéissait pas à de moindres sentiments de rivalité, et il se rencontra bientôt, entre les deux corps, presque autant d'entraves que lorsque existait la précédente organisation.

On proposa, en mai 1851, une mesure plus radicale, la fusion de ces deux corps de force publique en une seule légion, sous un commandement unique.

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La légion, avec soit effectif de 510 hommes, était divisée en deux compagnies, occupant l'une le territoire de l'ancien département du Golo, l'autre le territoire du Liamone. La fusion des deux corps donna à cette légion un effectif de 950 hommes, qui furent répartis en quatre compagnies occupant les arrondissements de Bastia, Corte, Ajaccio et Sartène.

Il existait quatre vingt brigades sédentaires, composées pour la plupart de cinq hommes avec un sous officier, et quelques-unes de six, sept, huit et neuf hommes. Ce nombre de brigades fut augmenté. L'effectif de chacune fut élevé normalement à dix hommes, et, au chef lieu de chaque compagnie, fut placée une réserve d'une trentaine d'hommes, commandés par un officier, et choisis parmi les plus jeunes, les plus valides et les plus déterminés. C'est à ces réserves seules, nommées « forces supplétives» que fut coudée l'action par colonnes mobiles qui avait été le rôle à peu près unique des voltigeurs corses et du bataillon de gendarmerie. Elles étaient destinées à faire des expéditions dans les localités inquiétées, à renforcer les brigades insuffisantes, à former des postes provisoires sur les points où devenait nécessaire une surveillance momentanée.

Le système de cette nouvelle organisation fut donc de couvrir la surface de l'Île d'un réseau permanent aussi étroit que possible, de manière à multiplier l'action des brigades et à rendre continuelles la recherche et la poursuite des malfaiteurs.

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Cette première partie de la réorganisation de la gendarmerie en Corse ne se fit pas sans difficulté. Elle coupait court sans doute à un défaut de cohésion ; elle détruisait le fâcheux esprit de jalousie et d'antagonisme qui annihilait, depuis bien des années, deux forces destinées à agir dans un même but ; elle faisait disparaître cette distinction de sédentaires et de mobiles qui avait été nuisible ; elle supprimait cette organisation régimentaire qui ne convenait nullement à un corps toujours disséminé ; elle détruisait ce dualisme d'attributions si fatal à l'action d'une force qui est bien plutôt administrative et judiciaire que militaire.

La seule difficulté que rencontra cette organisation, dont l'exécution devait être absolue, fut dans la pénurie des ressources de l'administration départementale. Les locaux sont rares en Corse; le logement des brigades est à la charge du département. Il fut difficile, au début, de trouver des habitations plus vastes et d'imposer à l'administration cette obligation subite de loger près de 300 hommes envoyés pour augmenter l'effectif des postes.

Le bataillon mobile, considéré comme corps de troupe et occupant les quatre principaux centres de l'Île, y était caserné par les soins du génie militaire ; ou bien, dans les localités où des détachements étaient accidentellement envoyés , ces détachements étaient logés chez l'habitant moyennant une indemnité journalière.

Il est inutile de dire quel était l'inconvénient grave de ce dernier mode de logement. En présence des mœurs locales, dans lesquelles le mystère, la ruse, l'espionnage sont le caractère dominant, il est de condition première que la force chargée de la répression soit éloignée de tout contact avec les habitants ; que ses opérations, pour être suivies de succès, puissent se faire sans éveiller l'attention ; que les hommes puissent aller et venir sans être surveillés de manière à dérouter des agents toujours en éveil, et qui sont en relation avec les malfaiteurs par des moyens de correspondance qui déjouent la vigilance la plus exercée. Ceci est une condition de premier ordre.

La population de l'Île n'est pas nombreuse, les Corses sont à peu près tous liés les uns aux autres par des relations de parenté. Il est facile, pour une famille qui reçoit un hôte, d'invoquer quelqu'une de ces relations, pour amener peu à peu cet hôte à enfreindre les rigueurs d'une discrétion professionnelle et à négliger des devoirs impérieux.

Il s'agit, en effet, de tout autre chose que de constater des contraventions de voirie ou de réprimer des délits de braconnage ou de fraude. Or tout espionne la gendarmerie. À cet égard, le Corse est comme tous les peuples primitifs chez lesquels l'instinct de la défense, de la protection et de la ruse domine tous les autres. Chaque pas, chaque action, chaque mouvement est noté et interprété. Le bandit que l'on protège est informé de tout; les moyens de correspondance, les signaux sont nombreux et tous ingénieux : l'enfant, le mendiant, le berger, les chiens, le linge étendu aux fenêtres ou sur la route sont les agents conscients ou inconscients d'une correspondance toujours en activité.

Il faut que le gendarme, dont la mission est immense dans ce pays et dont l'intelligence doit être toujours excitée, vive dans la retraite et puisque s'abstenir complètement, et pour quelque besoin matériel que ce, soit, du contact des habitants.

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Il est par conséquent de toute nécessité que le gendarme habite à la brigade et qu'il soit à peu près consigné. Le logement chez les habitants et cette vie trop ouverte qui faisait assister la population à tous les actes des voltigeurs corses et du bataillon mobile ont été sans nul doute la cause de l'insuccès de ces deux corps.

Si les relations de parenté sont nombreuses en Corse, il importe au premier chef d'éloigner le gendarme des localités d'où il est originaire de celles habitées par sa famille ou par la famille de sa femme. Ces exigences n'étaient pas toujours observées; il fallut y apporter une attention rigoureuse.

Ce n'est pas seulement pour préserver les opérations de la gendarmerie d'indiscrétions fatales, pour soustraire les hommes à des influences auxquelles il leur est difficile de résister, c'est aussi parce que les passions, les intérêts, la politique établissent entre les familles des divisions au milieu desquelles l'homme de la force publique ne saurait se maintenir indifférent, s'il se trouve sous une influence de parenté. On facilite par conséquent l'action du gendarme en ne plaçant dans les brigades que des hommes étrangers au canton ou à la contrée.

L'un des moyens d'action de la gendarmerie pour arriver à la découverte des criminels, c'est de se ménager parmi la population des intelligences, et de provoquer des délations, souvent en les rémunérant. Ces délations, qui peuvent exposer à des vengeances terribles ceux qui les commettent, ne s'obtiennent qu'à la longue. Le délateur choisira de préférence un étranger, après que d'adroites épreuves l'auront assuré de sa discrétion, et parce que l'étranger pourra être éloigné un jour ou l'autre de la résidence ; tandis que la présence d'un homme du pays, dont il aurait fait un complice, serait à tout jamais pour lui un reproche et une menace.

Cette nécessité de tenir le gendarme à l'abri de toute influence de famille avait inspiré, il y a vingt cinq ans, une mesure exceptionnelle. Le mariage avait été interdit aux voltigeurs corses; on voulut l'interdire également aux gendarmes de la légion, non mariés au moment de la réorganisation.

Il n'est pas utile de discuter ici le principe, le bien fondé d'une disposition arbitraire, ni même sa moralité. À cet égard, il est démontré que le célibat forcé des voltigeurs corses a eu pour résultat de fréquentes plaintes en séduction, des demandes en séparation et aussi, ce qui est l'inévitable loi commune, des déclarations de vendetta souvent suivies de meurtres.

Au point de vue du service, il en est résulté des inconvénients plus graves, Parce qu'ils étaient plus continuels que le danger qu'il s'agissait d'éviter. Dans les brigades externes, dans les postes isolés, les célibataires éprouvent une grande difficulté à se nourrir. Ils n'ont pas d'ordinaire à la brigade, point de cantines, point de provisions, et au moment imprévu où vient l'ordre de battre la campagne, il leur est impossible de garnir leur sac de ressources pour le temps inconnu de l'absence.

Dans la réorganisation de 1852, on a surtout acquis la conviction qu'il fallait introduire dans la gendarmerie en Corse un nombre aussi grand que possible de militaires continentaux, plus particulièrement originaires des pays montagneux et initiés à la guerre d'Afrique.

On pensait que les continentaux apporteraient l'utile exemple des habitudes du service de l'intérieur, qu'ils donneraient plus de ressort à la discipline, plus d'énergie à la surveillance, que leur présence pourrait aussi agir sur les mœurs en affaiblissant l'esprit de nationalité, à mesure que la connaissance de la langue et des coutumes leur permettrait de s'introduire dans la vie commune et de former des relations dans le pays. Il y a dans les précédents de l'ancienne légion des exemples qui venaient à l'appui de ce raisonnement; des gendarmes d'origine continentale, recrutés sans doute dans les corps de troupe qui se trouvaient momentanément en garnison dans l'Île, ayant conquis les galons de brigadier et de sous-officier, l'épaulette même, se sont mariés dans le pays et sont devenus les meilleurs serviteurs de la légion.

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Il existe des preuves de cette heureuse influence d'un noyau continental introduit au milieu de la population. Ce qui s'est passé dans une petite contrée, nommée le Fiumorbu, n'est pas l'exemple le moins concluant. Le Fiumorbu qui forme le canton d'Isolaccia, vers le milieu de la partie orientale de l'Île, en a été la contrée la plus agitée, la plus mal hantée; on y a compté des bandits redoutés, entourés de partisans nombreux. Pour y rendre la surveillance plus efficace, on y créa un poste fortifié, dans le village de Prunelli, et ce poste fut occupé par un détachement de ligne. Les bandits disparurent, détruits ou constitués; ceci n'est que la résultante naturelle d'un déploiement de force armée; mais ce qui fut plus évidemment la conséquence de l'influence d'un élément nouveau et du contact des hommes du dehors avec la population, c'est que l'on vit les mœurs se modifier notoirement.

La particularité la plus piquante de cette réforme, qui mit peu d'années à se produire, c'est que l'un de ces bandits du Fiumorbu, célèbre par les actes de vengeance qui l'avaient poussé à gagner la montagne, fut le principal agent de cette pacification, et qu'il devint par la suite le commandant militaire de cette petite place de Prunelli. La population, lorsqu'il était bandit, l'avait décoré du titre de roi du Fiumorbu. Il fit sa soumission en acceptant un grade de sous officier dans les voltigeurs corses; il avait un patrimoine de quelque importance; il possédait dans le canton un établissement d'un grand intérêt; il est devenu membre du conseil général; il a reçu la croix de la Légion d'honneur, puis il a été retraité, et il est mort avec le grade de chef de bataillon. Ce fut une des plus étranges personnalités du banditisme corse.

En réorganisant la gendarmerie de la Corse, en 1851, on aurait voulu, pour les raisons qui viennent d'être développées, porter à la moitié de l'effectif de la légion le contingent de militaires continentaux; on n'a pu atteindre le tiers, et il est probable qu'à l'heure présente ce chiffre a dû descendre au-dessous du quart.

Cette difficulté a plusieurs causes. Le gendarme sert librement; il n'est pas lié au service. Il choisit, sinon sa résidence, du moins la légion dans laquelle il désire être employé. Il est libre de ne pas accepter la commission qui lui est envoyée, si la désignation ne répond pas au désir qu'il a exprimé. Pour presque tous, après le service militaire obligatoire, l'emploi de gendarme est une profession choisie pour le reste de la vie, et si la nomination obtenue ne répond pas aux projets formés, le candidat refuse, ou ajourne son acceptation.

Ce ne peut donc être que de leur plein consentement que des militaires continentaux libérés acceptent le service de la gendarmerie en Corse, Les uns, parce qu'ils n'ont pas de relations de famille et nulle attache dans un pays quelconque de l'intérieur; les autres, parce qu'ils sont séduits par l'inconnu et par la vie d'aventures que leur fait espérer le service dans l'Île; d'autres, parce que, ne répondant pas d'une manière absolue aux conditions exigées pour le service de la gendarmerie dans l'intérieur, ils obtiennent, à la condition d'aller en Corse, une tolérance qui leur donne une carrière et assure leur existence. Il avait été aussi offert aux continentaux un attrait qui pouvait améliorer leur position à l'époque de la liquidation de leurs services, cet attrait il en sera parlé plus tard n'existe plus aujourd'hui.

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Mais des obstacles se sont présentés qui n'ont pas permis d'introduire cet élément continental dans une proportion aussi élevée qu'on l'eût désiré.

Rentrer dans leur île, y trouver une position qui leur garantisse un avenir, qui les assure contre la pauvreté et contre le travail, c'est l'aspiration de tous les militaires corses que l'obligation régulière du service appelle dans les rangs de l'armée.

Excellents soldats, braves, résolus, sobres, dévoués : autant ils servent bien à l'armée et dans l'intérieur, autant ils aspirent à retrouver chez eux une vie paisible, un tranquille farniente, tout en continuant à porter un uniforme et à gagner, sans trop de fatigue s'il est possible, une solde, un grade et des droits à la pension de retraite.

Presque tous les Corses libérés qui rentrent dans leurs foyers demandent à servir dans la Gendarmerie. Ils ont eu, pendant ces derniers temps, d'autres attraits puisés dans la politique du moment, des intérêts de parti et d'amour propre national ; des questions de personnalités retenaient les meilleurs dans l'intérieur, et surtout à Paris. Ces attraits n'existent plus aujourd'hui, et ils n'en recherchent que plus instamment l'occasion de se rapatrier, et, s'il se peut, avec quelque profit.

Si, à un militaire corse qui désire compléter dans la gendarmerie ses services militaires, on offre un emploi dans une compagnie de gendarmerie de l'intérieur, il l'accepte tout d'abord, en présence de l'impossibilité démontrée d'être prochainement admis dans son pays. Mais il ne perdra pas patience; il profitera de chaque inspection générale pour demander à rentrer chez lui il recourra à tous les moyens d'instance; il y mettra une ténacité native qui ne brusquera pas les moyens et qui ne négligera aucun argument, même celui de la démission, et il y parviendra.

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Le gendarme continental, de son côté, rencontre en Corse des difficultés qu'il n'avait pas prévues ou qu'il ne sait pas surmonter. Tous ne sont pas également aptes à apprendre une langue étrangère, à se familiariser avec des mœurs nouvelles. S'il parvient à se marier, la conquête est faite au profit du pays; mais s'il reste célibataire, il rencontre, pour les détails les plus impérieux de l'existence, dans ces villages pauvres et à peu près dépourvus de tout, des obstacles matériels impossibles à surmonter.

Il se dégoûtera promptement. Lui aussi demandera à rentrer chez lui, dût il renoncer au bénéfice des services acquis, et l'administration, dont l'obligation principale est d'être paternelle, ne saurait se refuser longtemps à satisfaire, par une mesure simultanée, à deux demandes légitimes : celle du continental, qui aspire à rejoindre le continent, celle de l'insulaire, qui sollicite de retourner dans son île.

Ce qui vient d'être dit pour les hommes n'est pas moins vrai pour les officiers. Il est utile aussi que l'élément continental figure, pour une partie, à la tête de la gendarmerie corse. On trouvera, en temps de paix, quelques jeunes officiers impatients et ambitieux, que la campagne des maquis tentera de loin comme une curiosité ou une bravade, mais qui reviendront bien vite de leur entraînement, s'il n'y a pas un bénéfice moral ou matériel qui les dédommage.

On ne rencontre pas toujours un brave officier supérieur qui a conquis une légitime considération à la tête de la légion corse, on ne rencontre pas facilement de bons officiers qui marchent franchement au maquis; ce n'est guère amusant que d'y passer des nuits sans pouvoir ni parler, ni tousser, ni cracher ni... sous peine d'y laisser la peau, Les officiers du continent n'y viennent qu'à leur corps défendant; ils restent peu de temps, et demandent bientôt à quitter l'Île.

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De là résulte, à moins d'une vigilance constante de la part de l'administration, un prompt et fatal affaiblissement d'une organisation faite d'après un principe mûrement étudié. Il y a tout à la fois, dans la religieuse observation de ce principe, le succès de l'œuvre importante de la répression, et la possibilité d'arriver peu à peu, mais sûrement, à la réforme des mœurs par un moyen analogue à la colonisation, et ces efforts sont déçus, faute de moyens suffisants pour attirer et retenir cette colonisation.

Il y a en ce sens une tendance contre laquelle il importe de lutter résolument. Il y a en Corse de grands intérêts de prépondérance locale qui forment deux ou trois partis principaux. Il était nécessaire à ces partis d'avoir à eux les fonctionnaires de l'État afin de ne pas laisser faiblir une influence précieuse pour les affaires politiques; et les fonctionnaires d'origine corse, qu'un régime disparu a faits si nombreux dans toute la République, ce qui peut n'être qu'un témoignage rendu à leur intelligence et à leur capacité, occupent trop généralement les emplois dans l'Île, pour qu'il soit possible à l'administration d'agir en dehors des pressions et de combattre des traditions invétérées.

Il faut donc arriver résolument, pour les fonctionnaires de tous les ordres, à introduire en Corse des éléments aussi nombreux que possible d'origine continentale, et si ce service est considéré comme un exil, s'il effraye beaucoup d'aspirants, s'il n'est accepté le plus souvent qu'avec la réserve de le laisser durer le moins de temps possible, et comme la transition nécessaire d'un grade à un autre, il importe à l'administration de l'entourer de quelques bénéfices qui le rendent attrayant, en faisant espérer aux uns et aux autres une récompense proportionnée aux services rendus.

Ce bénéfice avait été trouvé, pour la gendarmerie, en 1851.

On considéra alors que le service de cette légion n'était pas moins pénible que le service de la gendarmerie en Afrique, et n'entraînait cependant aucune allocation spéciale. Le chef de la légion, le brave et habile colonel de Guenet, demanda qu'il fût alloué à ses hommes une augmentation de solde à titre d'indemnité pour service extraordinaire; le procureur général près la Cour de Bastia proposa d'accorder aux gendarmes le droit d'inscrire une campagne sur leurs états de service, pour un nombre déterminé d'expéditions, de captures ou de destruction de contumaces.

Le ministre de la guerre, entrant dans cet ordre d'idées d'une manière plus largement rémunératrice, en voulant récompenser les rudes et dangereuses fatigues de ce service, autrement que par une haute paie ou par une indemnité un peu aléatoire, présenta la question au chef de l'État, et un décret, datant du 3 janvier 1852, déclara que l'année de service en Corse serait comptée à la gendarmerie comme année de campagne.

Financièrement, cet acte de justice n'était pas onéreux. On a calculé que, pour une moyenne de 30 hommes à retraiter chaque année, la dépense devait s'élever la première année à 750 francs, et qu'en dix ans elle atteindrait 7,500 fr. sans dépasser cette somme, compte tenu des extinctions annuelles parmi les retraités.

Ce bénéfice très légitime a été retiré à la gendarmerie de la Corse lorsqu'on a pu considérer la pacification de l'Île comme à peu près obtenue. Mais cette pacification n'a été que momentanée, les mœurs sont les mêmes; il y a toujours des actes de violence; il y a encore des bandits derrière les maquis; et la force publique, moins active, moins énergiquement organisée, moins stimulée, n'exerce plus la même action répressive qu'autrefois. Les militaires continentaux, dont la présence a certainement produit d'heureux effets, ne sont plus attirés par le bénéfice qui leur était offert, et ne recherchent plus des services pour lesquels, du reste, ils sont moins instamment sollicités.

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Si, dans une réorganisation qui semble urgente, le bénéfice absolu de l'année de campagne ne doit plus être accordé aux gendarmes de la Corse, peut être serait il opportun de revenir à la proposition formulée, en 1851, par le procureur général, et d'encourager tout spécialement, par une immunité analogue, les services réellement constatés. Il y a peut être là un moyen de réveiller l'émulation.

Toutes ces questions, examinées par le département de la guerre lorsqu'il s'occupa de la réorganisation de 1851, occupèrent l'année suivante une commission spéciale réunie sous le titre de « Commission du banditisme » au Ministère de la police générale, et cette commission s'associa complètement aux idées qui viennent d'être développées.

En résumé, pendant les quelques années qui suivirent la pacification de l'Île, la recherche des contumaces, la destruction à main armée de ceux qui résistaient à la force, furent activement poursuivies. Peut être a t il été regrettable qu'en présence de résultats heureux, des hommes utiles qui avaient sérieusement étudié le pays, qui étaient devenus familiers avec l'arme qu'on leur avait mise dans les mains, aient été prématurément retirés avant que leur œuvre fût achevée, et tout simplement parce qu'ils atteignaient cette fatale limite d'âge, au lendemain de laquelle il semble qu'il n'y ait plus de bons services possibles.

En moins de trois ans qui suivirent la réorganisation, la gendarmerie compta 8 morts et 24 blessés. Quelle fut la nature des services qu'elle rendit? On en trouvera une indication dans les documents justificatifs qui suivent, écrits presque sous la dictée de quelques uns des officiers et des gendarmes, ou extraits par eux de leurs rapports de service.

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Au commencement de 1853, l'un d'eux écrivait ce qui suit pour des résultats obtenus à cette époque:

« Trois arrondissements doivent, à l'organisation actuelle, les excellentes conditions dont ils jouissent. Dans les deux autres (Ajaccio et Sartène), les bandits s'embarquent où se font prendre; les crimes ont beaucoup diminué. Le 1er et le 2ème arrondissement jouissent d'une telle tranquillité, qu'il a été possible d'en distraire en entier la force supplétive, pour l'envoyer sur d'autres points. L'arrondissement de Corte serait dans le même état, sans le Fiumorbu, qui s'est un instant agité ; mais les bandits n'osent en bouger. Il est vrai qu'on ne peut arriver à les détruire, parce qu'ils sont protégés, les uns par un parti local à la tête duquel se trouve le fameux L..., homme important, ancien bandit lui même ; les autres par la famille V.., en opposition avec L... Comment voulez vous faire quelque chose qui ait de la durée, lorsqu'on tolère de semblables faits ? »

Pourquoi cette heureuse situation de la Corse, signalée par un homme qui était certainement, alors, le plus compétent pour en juger, ne s'est elle pas maintenue ? C'est probablement parce que la situation politique de ce temps obligeait à « tolérer de semblables faits. »

Mais aujourd'hui ? Si de nouveaux efforts sont tentés pour la pacification de l'Île, d'une manière radicale, l'action de la force publique devra t elle être la même que précédemment, c'est à dire armée, répressive, violente, destructive?

Non, peut être, si toute l'administration est associée au but à atteindre ; non, si l'on change les fonctionnaires ; non, si l'on renverse aujourd'hui les influences qu'on ne pouvait renverser il y a un an ; non, si l'on veut employer les moyens de persuasion, d'éducation, de réforme morale et de colonisation. Les moyens énergiques sont bons contre la révolte résultant de la dépravation des idées et du relâchement des mœurs. Il faut toute la force des moyens militaires pour réduire des insurgés, traquer des centaines de contumaces et détruire des assassins. Mais contre des mœurs natives implacables, parce que telle est la vieille tradition, violente, parce telle est la loi du sang, il ne faut ni la lutte, ni la menace, ni l'oppression, ni les mesures qui humilient, ni le désarmement qui engendre la révolte, ni l'exécution à main armée qui provoque d'interminables et sourdes vengeances. Il faut employer les grandes et libérales influences ; il faut instruire et éclairer ; il faut répandre partout une justice affectueuse et attentive ; il faut amener le bien-être, en aidant, en encourageant et en facilitant le travail.

Il y a quelque chose à donner à la Corse, si cruellement négligée et si profondément découragée par le traitement que lui fait subir une partie de l'opinion publique.

On n'a distribué jusqu'ici, pour complaire à de hautes individualités que des bénéfices et des faveurs personnelles, des grades, des emplois, des décorations ou de l'argent, qui n'ont pas profité au pays. C'est au pays qu'il faut faire du bien, en se dégageant de toutes les questions particulières. Et le moment est sans doute opportun, maintenant que les hautes influences sont éteintes, d'aller paternellement porter une parole utile et une intervention bienveillante au milieu des populations.

Des routes à faire, l'instruction à répandre, le bon exemple à donner, ce ne sont pas là de grosses sommes à ajouter au budget de l'Île et elle possède un trésor de richesses et de reconnaissance qui lui permettra de rendre un jour, au centuple, le bien qu'elle aura reçu.

A. Germond de Lavigne

Gendarme

10 juillet 2006

La réserve de la Scandola et Girolata

  La réserve de la Scandola !!!

Le Paradis en échantillon sur la Terre !! ..... Un recensement de beautés à faire chavirer les sens !

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Ne ratez surtout pas cette découverte enchanteresse..... Empruntez les navettes depuis Calvi ou Porto pour, dans une visite guidée, vous voir offrir au regard des images paradisiaques d'une splendeur extrème. Des bleus marines et des bleus turquoises d'une méditerranée cristalline où plongent des roches granitiques ou volcaniques aux rouges pourpres vous feront entrer dans l' immense aquarelle d'un peintre géant !!

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Plus loin vous pénètrerez dans l'entrée des grottes aux veaux marins, mammifères méditerranéens disparus dans les années 1950 pour avoir été chassés de façon intensive.

Vous surprendrez l'aigle pêcheur dans son aire plantée au sommet de sa pointe rocheuse. Vous serez surpris d'apercevoir les chèvres sauvages sautant dans des roches abruptes en défiant toute règle de pesanteur et d'alpinisme....

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.....et, au détour d'une dernière pointe rocheuse......Girolata et son bastion protecteur !!

Ce petit village, calé au fond d'une anse tranquille, a toujours refusé la route des automobiles. On y vient donc par la mer ou à pied ....après 2 bonnes heures de marche.....

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Ici, pas de quais, pas de port...mais des pontons en bois et une plage pour flanquer sa proue à sec.

On se surprend à attendre de voir surgir des flibustiers, pirates ou autres corsaires en mal d'abordages........mais non, ici c'est l'authentique parfait du passé avec le véritable bruit de la nature vierge.....c'est à dire, le silence .......

Et l'on débarquera pour découvrir,au coin de la plage, en haut des marches ou au fond sur la terrasse, des accueils gastronomiques pour tous les goûts........mais ce jour là, poussez le rève juqu'à vous offrir la spécialité de ce site.......la langouste !!!.......et pour le fromage, ne vous faites pas de soucis, car le pain est arrivé avec votre navette....comme chaque jour !!

Le courrier? il vient à pied avec son facteur vedette que vous trouverez radieux, sur les cartes postales du village.

A votre retour, en fin d'après midi, vous aurez en vous l'empreinte d'une aventure caraïbe !!!

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4 mars 2007

I Impiccati di u Niolu

Les pendus de Corscia.

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Après la bataille sanglante de Ponte Novu et l'annexion de la Corse par les armées de France en 1769, un vent de révolte s'est semé dans les montagnes de Castagniccia et du Niolu.

Le 31 mars 1774 une Consulta secrète est tenue dans le Cap corse par des partisans qui décident d'envahir Corté. Pendant ce temps des habitants de Castirla se lèvent contre l'oppression et 400 hommes du Niolu et de Castagniccia décident de prendre les armes quand un des leurs est emprisonné par le Comte de Marbeuf, général du Roi Louis XV.

Le Roi décède le 10 mai 1774. Marbeuf est alors rappelé à la Cour et le Comte de Narbonne le remplace dans un climat contrôlé mais instable. L'homme décide alors de poser son empreinte.

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Comte de Narbonne. L'Histoire dit qu'il aurait pu être le fils naturel de Louis XV

Aussitôt s'entament de véritables massacres pour enrayer les mouvements partisans. Les emprisonnements, pendaisons, mises à sac des villages se succèdent sans relâche. Aucun jugement ou tribunal officiel ne valide ces mesures pourtant soutenues par l'Etat.

Les insurgés du Niolu décident alors de passer à l'action en attaquant les troupes militaires. Du coup 16 bataillons sont cantonnés à Merusaglia pour faire face aux conflits qui éclatent cà et là contre les convois et patrouilles de soldats. Les combats font rage mais des traitres, assurés de l'immunité pour eux et leurs proches, renseignent les chefs d'armée, pour favoriser les guet-apens.

Le 21 juin 1774 des Nuilinchi sont encerclés. Une soixantaine d'hommes sont faits prisonniers. La violence et la barbarie sont de mise. Les tortures pendant les interrogatoires, les chantages sur les familles sont les armes utilisées par les troupes. Les procès expéditifs sont lancés sur le champ, sans avocat, sans lois et sans règles. Les témoins à charge sont des traitres qui se vengent d'histoires de familles ou qui déposent contre une poignée d'argent, parfois sans même connaître les accusés.

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Plaque du souvenir à Corscia. Marcu Maria est inscrit âgé de 17 ans.

52 d'entre eux sont ainsi désignés pour être enfermés à vie dans les cachots du bagne de Toulon.

11 autres sont choisis au hasard pour être pendus et faire l'exemple. Parmi eux, un enfant de 15 ans: Marcu Maria Albertini. (d'autres disent 17 ans)

Les pendaisons sont organisées dans le début d'après midi du 23 juin 1774, au coeur du village de Corscia.

Les cadavres sont laissés en exposition pendant que les soldats pillent et brûlent les maisons des coupables. Les familles sont poursuivies hors des villages, les bétails sont égorgés.

Les rebellions vengeresses qui s'en suivirent durant tout l'été ne connurent que représailles sanglantes de la part des forces militaires. D'autres villages furent rasés en tuant inmanquablement ses occupants, sans distinction pour les femmes et enfants, les hommes étant déportés au bagne.

Ainsi le Colonel français Alexandre De Roux disait à ce propos:

" On espère que le mois ne se finira pas sans qu'on soit venu à bout de détruire entièrement cette race "

Aujourd'hui le groupe A Filetta consacre un de ses chants à cette tragédie, blessure de notre histoire, cicatrice de notre mémoire. Je vous invite à vous y plonger avec autant de complainte exprimée par Jean-Claude Acquaviva dans le sujet intitulé " AFiletta chante l'histoire de Marcu Maria" (chapitre "Histoire").

28 janvier 2007

Le village ruine d'OCCI

Le village ruiné d'Occi est un site particulier qu'il faut découvrir.

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L'histoire malheureuse de ce village remonte au 15° siècle.

A l'époque, la Corse et principalement la Balagne était en proie aux invasions barbares arrivant de la mer. Le golfe de Calvi n'était pas sans voir débarquer les guerriers sarrasins avides de conquêtes et de pillages sauvages.

Les premières victimes étaient les habitants des villages construits sur le littoral. C'est ainsi que, face à Calvi, sur la Pointe Spanu, était un village qui fut décimé par l'envahisseur.

Ses habitants, exténués par les assauts imprévivibles et incessants, abandonnèrent définitivement leurs demeures pour se réfugier, avec d'autres, sur une éminence rocheuse, à 377 m de hauteur, pour y construire le village d'Occi.

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L'endroit était choisi pour la qualité de son observatoire fabuleux dominant le golfe de Calvi, les plaines du littoral et sa fantastique vue panoramique sur la mer.

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Les maisons furent bâties solides, hautes, serrées l'une contre l'autre pour faire masse. Le vent y était vif et il fallait se protéger par des batisses et des murs puissants. L'eau arrivait de la montagne pour les cultures et une fontaine alimentait la cruche que les femmes venaient remplir pour leur table. Les chemins étaient sinueux et encadrés de murets délimitant les enclos et canalisant les animaux. Plus loin, les jardins se répartissaient en espaliers sur les versants irrigués et plus haut fut dallée l'aire circulaire nécessaire au battage du blé.

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Les hommes construisirent leur église pour accueillir leur prêtre pendant que les enfants couraient en riant dans les ruelles déjà ombragées par les arbres fruitiers et les jeunes figuiers.

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Ainsi, sur les registres datant de 1589, il a été recensé une population de 150 habitants pour ce petit village à peine centenaire. Mais les temps se succèdent et ne se ressemblent pas.

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Au 17° siècle les jeunes ne voient plus l'intérêt à rester sur ce promontoire isolé de la vie de la plaine. Les efforts sont renforcés par cet éloignement et les cultures, dans la vallée désormais sécurisée, sont plus florissantes. Ils s'installent donc au fur et à mesure des mariages, un peu plus bas, à l'abri du vent battant, face au soleil couchant, dans le village de Lumio.

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Occi déclina doucement tant et si bien qu'au nouveau recensement du 29 avril 1852 on ne compta plus que 62 habitants. Les cadastres de l'époque et les partages communaux furent revus pour déclasser la commune d'Occi et la rattacher comme hameau de la commune de Lumio.

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Petit à petit le village s'enfonça dans l'abandon de ses cultures, de ses jardins, de ses maisons. L'eau, bientôt n'arriva plus. Les chemins furent gagnés par le maquis et les ronces fermèrent les ruelles. Le vent fit vieillir les maisons et les toitures s'effondrèrent.

Le village mourut réellement en 1927 lorsque son dernier habitant, Félix Giudicelli, y rendit son dernier soupir.

Aujourd'hui des actions bienfaisantes cherchent à ranimer ce lieu. Occi, le village ruiné est devenu le but de promenades proposées aux touristes. Des bénévoles de l'association de la sauvegarde du village s'accordent à conter aux visiteurs la triste histoire de ce village. Laetitia Casta ex mannequin maintenant comédienne, originaire de Lumio, a même financé une grande partie de la rénovation de l'église où des offices sont à nouveaux célébrés lors de la fête patronnale.

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Si vous ressentez l'envie de vous replonger dans l'histoire de ces vieilles maisons, respirer le parfum de jadis, fouler ce sol chargé de tant de souvenirs et visiter ces demeures encore dotées de leurs vasques creusées sous les fenêtres et de leurs pierres à moulin, alors venez....

Suivez l'un des deux sentiers qui vous conduira là-haut. Le premier part de Lumio, indiqué par un panneau fixé sur la droite du restaurant "chez Charles". Le second démarre de la route de Lavatoggiu, à la hauteur de l'entrée du camping "le Panoramic".

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Le premier vous offrira une vue formidable sur le golfe de Calvi, le second vous fera découvrir la Pointe de Spanu et l'anse de Sant' Ambroggio.

N'oubliez pas votre appareil photo ou votre caméra ! Emportez un peu d'eau avec vous ! .....et surtout respectez ce lieu préservé volontairement de toute recherche commerciale de manière à ne jamais tuer l'authenticité de ce site........Bonne découverte !

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27 décembre 2006

Canti di Corsica

http://www.dailymotion.com/swf/72PlMyZiK3hdWrnn"

Juste un lien pour cliquer sur une vidéo qui confirme qu'en Corse.....le chant est inné dès le berceau.

Ce jeune homme de 19 ans a été entendu au cours d'une soirée musicale qui a eu lieu l'été dernier dans le village de Rutali, à la surprise des musiciens, qui vont improviser les arrangements vocaux de "Corsica" (Petru Guelfucci) et devant un public médusé.

Il y a en Corse des talents à faire palir tous les casting de la StAR AC' !!

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Sur le lien ci-dessous vous pourrez regarder le groupe culte : " Canta U Populu Corsu"

http://www.dailymotion.com/swf/780R0EyIcPE3k3ruK

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En cliquant sur ce lien ci-dessous vous pourrez apprécier la chanteuse Jenifer, à l'occasion d'une rencontre télévisée avec le groupe "Chjami Aghjalesi"

http://www.dailymotion.com/swf/1p09nCnzZ1tfM52iQ

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Sur ce lien vous verrez que Jacques Dutronc s'intègre également très bien dans nos chants avec le groupe "Tavagna"

http://www.dailymotion.com/swf/3HhTBah79kYp54o0E

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Un petit clin d'oeil pour 2 guitaristes exceptionnels. 2 polonais pourtant bien connus des calvais. Marcin Czarnecki et Piotr Debowski. 2 artistes sillonnant le monde pour des concerts classiques souvent télévisés jusqu'aux USA.......leurs noms ?...Los Desperados

L'été ils viennent à Calvi pour, chaque soir, enflammer les ambiances du parvis de l'église ou des terrasses du port

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En cliquant sur le lien ci-dessous vous suivrez un extrait d'un de leurs derniers passages sur une chaine télévisée.

http://www.dailymotion.com/swf/1OjhYJupEpgBX6w9N

3 septembre 2006

Le Mouflon Corse

S’il est un animal qui symbolise au mieux la Liberté, l’Indépendance et la Résistance, c’est bien le mouflon.

Les montagnes sont à lui et, pour l’homme qui l’a jadis décimé, il garde une méfiance éternelle qui mérite le respect.

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Le Mouflon corse, ancêtre du mouton domestique, est d’allure élégante et altière, malgré un corps assez trapu. Les mâles pèsent de 35 à 50 kg et mesurent 75 à 80 centimètres au garrot.

Ils portent de longues cornes spiralées courbées vers l’arrière et à croissance annuelle. Ce qui les différencient du bouquetin des Alpes.

Les femelles sont plus légères, 25 à 40 kg. avec, ou non, présence de cornes suivant les populations (groupes géographiques des hardes).

Chez les deux sexes il existe un masque facial blanc dont l'étendue varie avec l'âge. Le pelage est court et dense à l'exception du jabot des mâles. Brun Chocolat en hiver, il s'éclaircit en été.

En général, une selle blanche apparaît en hiver chez les mâles.

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Le rut a lieu entre octobre et décembre. La femelle donne naissance à un agneau, exceptionnellement deux, au printemps, entre mars et mai.

Le mouflon est un animal sociable. En règle générale, en dehors du rut, les mâles et les femelles adultes accompagnées de leur progéniture, vivent séparés au sein de groupes de taille variable suivant les saisons et les populations.

Capable d'adapter facilement son régime alimentaire, le mouflon présente une grande aptitude à coloniser des milieux très divers. Il affectionne les moyennes montagnes, les successions de collines, les grands espaces ouverts, les milieux plus ou moins accidentés et peu enneigés en hiver, les sols rocailleux et bien drainés, couverts d'une végétation herbacée ou arbustive. Il utilise les zones boisées pour se protéger de la chaleur et des intempéries et pour se nourrir l'hiver, pendant les périodes d’enneigement.

Cette souplesse d'adaptation a facilité la réalisation de nombreuses introductions en Europe pour préserver sa reproduction et sa réinsertion continentale.

En Corse, sur son île d'origine, il est présent depuis plus de 8 000 ans au nord, dans le massif du Cinto et Asco ainsi qu’au sud dans les secteurs de Bavella, à raison de 400 et 200 individus environ. Ces populations ont donc dépassé le seuil critique d'extinction. La chasse de l'espèce y est interdite depuis 1956.

En France continentale, la première introduction a été réalisée en 1949 dans le Massif du Mercantour où 65 populations sont présentes actuellement, puis dans 25 départements avec un effectif total estimé à 11 317 individus. On rencontre maintenant cette espèce dans les régions méridionales, les Pyrénées et les Alpes, notamment dans le Vercors.

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Les effectifs continentaux de mouflons sont en progression lente depuis une dizaine d'années et demeurent inférieurs aux potentialités des habitats méridionaux disponibles. Son avenir reste donc prometteur, et l'intérêt qu'il suscite auprès des utilisateurs de la nature, chasseurs, naturalistes, promeneurs le prouve. Malgré son statut d'animal "étranger", il a réussi son "intégration" dans de nombreuses régions.

Il ne commet que peu de dégâts sur les cultures et ne pose aucun problème aux sylviculteurs lorsque le site d'introduction a été bien choisi et se prête à un développement normal des populations.

Si en Corse, la ferme poursuite des actions de protection est la meilleure garantie de sauvegarde de l'espèce, son développement sur le continent est désormais à maîtriser car les populations d'ongulés autochtones sont florissantes.

Alors, si un jour, au cours d'une randonnée sur l'Alta Strada vous en voyez un aux aguets, montrez lui, par votre attitude, que l'homme a changé et qu'il ne lui veut plus aucun mal.....alors peut être que dans un avenir espéré, il nous pardonnera et se rapprochera à nouveau de nous.

23 décembre 2006

L'origine du Sapin de Noël

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Les peuples celtes qui considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil, avaient déjà coutume d'associer un arbre à chaque mois lunaire. Ils avaient choisi l'épicéa pour représenter, ce jour là, l'arbre de l'enfantement.

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Au 11e siècle, le monde religieux représentait dans les églises, des scènes appelées Mystères, (dont celle du Paradis) durant le calendrier de l'Avent. Garni de pommes rouges, un sapin symbolisait alors l'arbre du Paradis avec Adam et Eve en hommage à leur canonisation faite un 24 décembre..

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Au cours du 15e siècle, des fidèles chrétiens commencèrent à  en installer, pour leur célébration familiale, dans leurs maisons, la veille de Noël.

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Toutefois, le premier arbre de Noël tel que nous le connaissons, serait apparu en Alsace en 1521.

On parlait alors de décorer les maisons avec des branches coupées 3 jours avant le jour de Noël.

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Cette pratique était répandue en Alsace et dans la région de Bâle. Elle représentait à l'origine l'Arbre d'Eden dans les mystères joués la veille de Noël sur les bords du Rhin. Pour le décorer, on attachait des pommes à ses branches.

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En 1546, on parle sérieusement d'arbres de Noël quand la ville de Sélestat en Alsace autorise ses habitants à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la St Thomas, le 21 décembre.

Des roses, symbolisant la Vierge, faisaient partie de leur décoration, ainsi que des pommes, des confiseries et des petits gâteaux qui ressemblaient à des hosties.

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Les pommes y avaient toujours une valeur symbolique, en référence à l'ancien calendrier des saints, où le 24 décembre était réservé à Adam et Eve.

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A l'époque toutefois, l'Eglise considérait l'arbre de Noël comme une pratique païenne.

En effet, avant que la fête de Noël existe, il se pratiquait déjà un rite païen lors du solstice d'hiver où l’on décorait un arbre, symbole de vie, avec des fruits, des fleurs et du blé.

Plus tard, on accrocha une étoile à son sommet, symbole de l'étoile de Bethléem qui devait guider les Rois Mages.

Dès lors ce geste conquit peu à peu les communautés protestantes d'Allemagne du nord et celles des grandes villes et le sapin de Noël occupa une place de choix dans les églises des deux religions.

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En France, l'arbre de Noël fut introduit à Versailles en 1738 par Marie Leszczynska, épouse du roi Louis XV.

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Au 18e siècle, la coutume du sapin décoré était déjà bien implantée en Allemagne, en Autriche et même en France. 

Une gravure de 1806, représente un sapin décoré avec des petits personnages, des animaux, des oiseaux et des gâteaux découpés.

En 1837, Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans, d'origine allemande fit décorer un sapin au Château des Tuileries, pour les fêtes de Noël.

En 1841, le prince Albert (originaire d'Allemagne), époux de la reine Victoria, fit dresser un arbre de Noël au château de Windsor, en Angleterre.

La mode du sapin de Noël se répandit alors rapidement chez la bourgeoisie britannique et se propagea ensuite chez les gens du peuple.

À l'époque victorienne, un beau sapin de Noël devait avoir six hauteurs de branches et être posé sur une table recouverte d'une nappe de damas blanc. On le parait de guirlandes, de bonbonnières et de fleurs en papier.

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On commença bientôt à voir des premiers sapins illuminés.

Comme la cire était coûteuse, on plaçait des coquilles de noix remplies d'huile à la surface de laquelle une petite mèche flottait ou des chandelles souples que l'on nouait autour des branches. Les premières bougies furent fixées au bout des branches des sapins au moyen de cire ou d'épingles. Arrivèrent par la suite les petites lanternes et les petits bougeoirs facilitant l'installation des chandelles.

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En France, cette tradition se généralisa dans tout le pays après la guerre de 1870.

Les émigrés de l'Alsace-Lorraine occupée firent largement connaître la tradition du sapin à tous les français; on disait : "Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël".

A la fin du 19e siècle tout le pays l'avait adopté.

Il fit ensuite son apparition aux Etats-Unis, à la Maison Blanche.C'est à partir de 1880 qu'on a pu y voir les premières décorations avec des ampoules électriques. 

Mais c'était tout de même rare car, à cette époque, le prix d'une guirlande d'ampoules représentait un salaire hebdomadaire moyen.

Jusque dans les années 1950 c'est l'Allemagne et les pays d'Europe de l'est qui restent le coeur de production des ornements d'art.

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Les artisans y travaillaient de nombreux matériaux comme le verre soufflé, filé, moulé, le métal, la cire et le bois. 

On fabriquait aussi des petits personnages en coton, des cheveux d'anges métalliques (origine lyonnaise).

La boule de Noël qui décore aujourd’hui nos sapins, est née en 1858, à Meisenthal en Moselle.

Jusqu’alors, traditionnellement, on y accrochait toujours des pommes mais en 1858, l'hiver fut si rigoureux qu'il n'y eut plus de fruit. Un artisan verrier eut l'idée pour donner quand même l’illusion, de créer des boules représentant des pommes et autres fruits.

La boule de Noël était née.

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Les bougeoirs à pince firent ensuite leur apparition vers 1890. Quant aux globes de verre et aux lanternes, ils furent créés entre 1902 et 1914 avec les guirlandes de papier brillant puis les guirlandes électriques, moins dangereuses que les chandelles.

Depuis, les innovations se sont succédées jusqu’à remplacer l’arbre naturel par un sapin artificiel, en rajoutant des guirlandes musicales et des décorations ciblées par des styles toujours nouveaux.

21 septembre 2006

La Tête de Maure ... Tout un Symbole !

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La Tête de Maure ... Tout un Symbole !

La tête de Maure n’apparaît pour la première fois qu’en 1281, sur un sceau du Roi Pierre III dit le Grand, Roi d’Aragon et de Valence.
Elle est quadruple et entoure une croix. Ses successeurs continuèrent à se servir de cet emblème pendant un bon siècle. Les armoiries de la Sardaigne y doivent beaucoup.

En ce qui concerne la Corse, il faut savoir que l’emblème n’est pas né dans notre île.
Il y a été importé très justement par les rois d’Aragon successifs, au fil de leurs installations entre la fin du 13è et le début du 14è siècle.
S’il n’est pas exclu que certains chefs corses aient pu prendre la tête de Maure comme enseigne pour leurs fanions ou armoiries, il est en revanche certain qu’à ces périodes, le drapeau à la tête de Maure n’a pas encore été choisi comme drapeau officiel de la Corse.

Mais le 12 mars 1736 débarque à Aleria le baron allemand Théodore de Neuhoff qui, bardé indûment de titres prestigieux s’apprête à prendre le pouvoir sur l’Ile.
Théodore de Neuhoff se fait accompagner, dans sa marche triomphale à travers la Corse, d’un portrait où il figure en tenue d’apparat. Au bas de ce portait on voit un blason où l’on trouve :
au centre, un écu carré surmonté d’une couronne royale, elle-même surmontée d’un globe. Dans l’écu, une tête de Maure, tournée vers la droite de celui qui la regarde, portant un bandeau sur les yeux, noué derrière la tête.

C’est donc à ce roi d’opérette et à cet aventurier d’un autre temps (qui ne régna que six mois), que l’on doit la présence de la tête de Maure sur le drapeau officiel de la Corse.
Or, comme la popularité de Théodore de Neuhoff a été immense en Europe, la tête de Maure fut connue de tous ses Etats, comme le symbole officiel des armes de la Corse.

C’est toutefois avec Pascal Paoli que le drapeau à tête de Maure devient l’emblème officiel de la nation corse.
Bien qu’au début de son « Généralat » Pascal Paoli ne songea pas à innover en cette matière.
En effet il tint à garder l’emblème choisi, en janvier 1735, par les chefs insurgés (dont son père), lors de la  « Consulta » de Corté où l’étendard portait l’image de la Vierge Marie.
Mais en 1760 Pascal Paoli imagine un changement. Il introduit une innovation importante par rapport au drapeau de la « Consulta » de 1735, puisqu'il abandonne l'image de la Vierge et reprend la tête de Maure telle qu'elle figurait sur les cartes de l'époque et sur les armoiries de Théodore de Neuhoff.
Mais il y pratique une énorme différence : la suppression de la chaîne symbolisant l’esclavage.

Le 24 mai 1761, il est décidé de frapper la monnaie du Royaume, c’est à dire une monnaie portant les armes de la Corse dans une version définitive où un cartouche enferme une tête de Maure tournée vers la gauche, avec un bandeau sur le front, noué derrière la nuque et un collier à deux ou trois grains.

Pascal Paoli a effectivement décidé de relever le bandeau qui, jusqu’alors, était placé sur les yeux, dans les armes de Théodore de Neuhoff.
Un mot de lui, cité par l’un de ses biographes, nous donne la raison de cette décision :
" Les Corses veulent y voir clair. La liberté doit marcher au flambeau de la philosophie. Ne dirait-on pas que nous craignons la lumière ? "


L’histoire de la tête de Maure ne s’arrête pas là. La France la conservera sur ses drapeaux en y ajoutant les fleurs de lys mais en supprimant complètement le bandeau.
Puis la Révolution de 1789, dans un premier temps, donna, au tout nouveau département Corse, des armoiries avec une tête de Maure où s’inscrivait une devise : « La Loi, Le Roi ».

Mais, dès 1792 cette devise disparaît laissant seule la tête de Maure et les fleurs de lys.
Lorsque, plus tard, Pascal Paoli forme le royaume anglo-corse, la tête de Maure associée aux armes du roi d’Angleterre redevient, de 1794 à 1796, l’emblème officiel de la Corse.


Encore plus tard, le drapeau se dégagera des armes associées et des fleurs, pour verser dans la simplicité et la modernité.
Avec l’empire puis les Républiques, le collier disparaît comme la boucle d’oreille et le fond de l’étendard s’arrête au blanc immaculé.
Le visage s’oriente définitivement vers la gauche et le profil s’affine au niveau du nez et de la bouche.
Aujourd’hui la Tête de Maure a atteint son image définitive bien que des artistes cherchent à la faire encore évoluer.

2 septembre 2006

A Cuppulata Corsa

La Tortue d'Hermann

sa devise :...... "Chi va piano, va sano, e chi va sano, va lontano "

La lenteur de la Tortue n'est-elle pas la clé de sa longévité ?

Jean de La Fontaine, dans ses fables, la traitait déjà comme une reine intelligente capable de s'adapter au défi lancé par la rapidité et la fougue du lièvre conquérant.

Attardons-nous à la regarder de plus près:

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Nom scientifique : Testudo hermanni Nom corse : Cuppulata

Longueur:  jusqu'à 30 cm                Poids : de 1 à 3 kilogrammes


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Description :

Cette tortue terrestre a une carapace fortement bombée. Les écailles du dos (carapace) sont jaunes-verdâtres, ornées de stries noires. Les écailles du ventre (plastron) sont jaunes, traversées par deux bandes noires longitudinales. La queue est terminée par une griffe cornée.

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Habitat :

Elle préfère les basses altitudes (du littoral à 700 m). La tortue Hermann se trouve principalement dans le Sud de l'Ile mais aussi dans la plaine orientale (vallée du Tavignano)

Elle habite le maquis, les pelouses, les vergers, les lisières de forêts ou de cultures.

Elle aime particulièrement les sous bois clairsemés avec une couverture végétale de maquis mais aussi les terres sablonneuses.

Régime alimentaire :

La tortue d’Hermann est végétarienne (fleurs, feuilles ou fruits de différentes familles de plantes comme les Composées ou les Graminées).

Occasionnellement, elle peut capturer des invertébrés (Insectes, Gastéropodes) ou devient nécrophage (animaux morts).

Reproduction :

Ce n'est qu'à partir de 8 ans que les Tortues d'Hermann peuvent se reproduire.

La femelle dépose en moyenne 8 œufs au printemps dans le sol, sur des sites chauffés par le soleil. L'éclosion des œufs a lieu à la fin de l'été.

La tortue d'Hermann est une espèce qui vit le jour. Elle s'expose au soleil le matin, se cache aux heures les plus chaudes et reprend son activité en soirée. Elle hiberne pendant l'hiver. 

Longévité :

Elle peut vivre jusqu'à 80 ans. La mortalité est importante chez les jeunes tortues.

On estime que seulement 1 tortue sur 1000 pourra atteindre l'âge adulte.

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Menaces :

L'espèce est très fortement menacée par le développement de l'urbanisation qui fragmente et détruit son habitat (de plus, les routes sont des obstacles dangereux).

La fermeture des milieux, certaines pratiques agricoles (fauchage…) et surtout les feux représentent des dangers réels pour l'espèce, ainsi que les prélèvements d'animaux dans la nature. Ne la ramassez pas !

1 septembre 2006

La Malmignatte ou la Veuve Noire Corse

Les dangers de la Veuve Noire.


La Corse est reconnue pour être une ile sans risque particulier pour le randonneur.
Hormis les règles de sécurité pour cheminer sur le célèbre GR20, rien ne vient souligner des dangers endémiques évidents si l'on reste sans faire allusion au cochons sauvages !
Mais, même si nous avons tous eu nos aventures propres, elles rejoignent souvent le burlesque du film "les randonneurs".
La Corse est donc bien réputée pour n'apporter aucun danger par sa faune notamment dans la famille des reptiles, sachant que l'ile ne connait que de nombreuses sortes de couleuvres, mais aucune vipère.
La seule particularité qu'il faut toutefois connaître et garder en mémoire, l'été, pendant nos déplacements dans le maquis, à la chasse, à la pêche, sous une pinède ou en simple promenade familiale, c'est la présence de certaines araignées qui peuvent, par leur venin, apporter des désagréments sérieux en cas de morsure. Attention donc à la Malmignatte, plus connue sous le nom de Veuve Noire !


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En Corse, la malmignatte, appelée aussi latrodecte de Corse est une espèce (Latrodectus tredecimguttatus) cousine de la veuve noire d'Amérique du nord.

La femelle est longue de 15mm (les mâles atteignent seulement 4mm) et reconnaissable par la livrée noire sur laquelle se détachent généralement 13 taches abdominales rouge sang, réparties en trois lignes sur l'abdomen et sous l'abdomen.

D'activité plutôt nocturne, on la trouve en pleine nature, dans les champs et les jardins, sous une pierre ou un tas de bois. Sa toile horizontale est très irrégulière et dépasse de sa cachette. Elle pénètre parfois dans les maisons où elle se réfugie dans les endroits humides.

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Signes cliniques :        
1. La morsure généralement indolore, peut même passer inaperçue.

2. 1 à 30 minutes plus tard, des douleurs sourdes s'étendent progressivement de la morsure à tout le membre mordu, puis à tout le corps, rappelant pour ceux qui l'ont "expérimenté" à une piqûre d'un poisson, la vive.        

3. Cette douleur s'accompagne progressivement de contractions des muscles thoraciques, abdominaux et faciaux, parfois aussi ces contractions musculaires sont localisées au membre mordu.

      
4. Une anxiété, tournant parfois à la sensation d'oppression, à l'angoisse, à la peur profonde et irraisonnée de mourir, apparaît lentement et peut durer plusieurs semaines, s'aggravant dans certains cas de troubles psychiques plus sérieux (confusion mentale, cauchemars à répétition)        

5. Deux ou trois jours plus tard, les ganglions lymphatiques sont sensibles au toucher, et la victime voit apparaître des éruptions cutanées et s’amaigrit de plusieurs kilogrammes        

6. Plus tard, en 1 à 3 semaines (sans traitement) tous ces signes régressent et disparaissent, laissant la personne très affaiblie et fatiguée pendant encore plusieurs semaines.


Les cas mortels sont très rares, liés à des complications cardiaques, à des défaillances respiratoires ou à une surinfection.

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Biologie :
Les analyses de laboratoire montrent une hyperleucocytose, une hyperalbuminurie et une élévation de la créatine phosphokinase, comme pour tout empoisonnement général.

Traitement :
Une hospitalisation est nécessaire pour surveillance et traitement. Ce dernier s'appuie sur l'utilisation du gluconate de calcium par voie intraveineuse pour lutter rapidement contre la douleur.
Il faut éviter les dépresseurs du système nerveux central. Les opioïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont inefficaces contre la douleur.
L'application d'une vessie de glace diminue la douleur chez certains patients.
L'antivenin spécifique de Latrodectus n'est utilisé que dans les envenimations graves, chez les patients à haut risque (enfants et personnes âgées par exemple) ou chez ceux qui présentent des symptômes persistants plusieurs jours après la morsure.
Le traitement basé sur l'injection d'un sel de calcium, qui supprime les contractions musculaires et les douleurs, puis d'un sérum anti-latrodecte est actuellement le plus utilisé.
En l'absence de ce sérum, les médecins injectent un relaxant musculaire, comme le dantrolène.
Un traitement par antibiotiques réduit le risque de surinfection et diminue l'inflammation des ganglions lymphatiques. Mais même avec ce traitement, très efficace s'il est administré dans les 24 heures suivant la morsure, la victime d'une morsure de malmignatte reste très fatiguée plusieurs semaines.


Précautions :
En Corse, le latrodectisme (la morsure de malmignatte) n'est pas rare, et selon les années on en recense jusqu'à plus de dix cas par saison estivale.
Ainsi il est important de respecter des règles de protection chez soi, ou en randonnée, comme ; ne pas marcher pieds nus, se protéger lors de travaux de débroussaillage, regarder ou l’on s’assoit, éviter de marcher dans les grandes herbes sèches, jambes nues, de poser ses vêtements à même le sol, de pique niquer par terre sans repérer les abords….

22 septembre 2006

Le 173° Régiment d'Infanterie

La Grande Guerre.... La Première Guerre Mondiale de 14-18

J'ai voulu ouvrir cette rubrique en hommage à tous ceux qui sont morts pour la France. Mais surtout pour tous ceux du 173° RI, le "Régiment des Corses".

                                            173_RI

J'ai voulu une rubrique pour tous ceux de Balagne, de Cinarca, de Casinca ou de Castagniccia qui ont donné leurs 20 ans pour défendre notre liberté et notre honneur, là-bas, en Champagne ou à Verdun.

Pour tous ceux qui sont partis avant de connaître l'amour d'une femme, d'avoir pu être papa, cadavres affalés dans la boue, mangés par les rats, piétinés par des pas, enterrés cà et là, dans des cimetières perdus, loins de leur village.

Aujourd'hui leurs noms sont gravés sur nos Monuments aux Morts ou sur une plaque de la façade de nos Eglises.

Ils ont tous eu leur titre de gloire et ceux qui sont revenus ont raconté les exploits de leurs camarades de Corté, Bastelica, Sartène ou d'ailleurs, morts au cours d'un acte de bravoure entre deux tranchées sur la "cote 304" ou au "bois en Z". Ces braves qui, embarassés par la baïonnette au canon de leurs fusils, préfèraient attaquer l'ennemi au corps à corps, avec leur rustaghja qu'ils avaient ramené du pays à l'occasion d'une permission.

En Corse, sur 45 ooo hommes mobilisés, 11 325 d'entre eux ont été tués au front dont 3 541 appartenant au 173° Régiment d'Infanterie.

J'ai voulu refaire avec eux, le chemin qu'ils ont parcouru entre 1914 et 1918.....

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LE 1ER AOUT 1914

A 17h15, le Lieutenant-Colonel Châtillon, commandant provisoirement le 173° RI, reçoit à Bastia, le télégramme ordonnant la mobilisation générale et fixant comme premier jour le 2 août. L'ordre est transmis immédiatement dans les différents détachements du régiment, répartis sur l'ensemble de l'Ile.

Toute la Corse s'agite. Des villages, descendent tous ces hommes, les bagages à la main, le baluchon sur le dos, pour prendre le train à la première gare ou une voiture à cheval ou même cheminer à pied. Tous les réservistes répondent à l'appel pour rejoindre leur contingent. Les villes, les montagnes se vident en laissant derrière eux des mains qui s'élèvent vers le ciel en signe d'adieu des parents, femmes et enfants au détour d'un chemin ou au bout d'un quai.

Les opérations prévues pour la mobilisation des différentes unités s'effectuent rapidement. Les bataillons et compagnies détachés, sont dirigés par voie ferrée ou par voie de terre, dès le 5 Août, sur Ajaccio, d'où, par transports maritimes escortés, le régiment entier est acheminé vers Marseille. La mobilisation complète s'achève le 12 août dans la cité phocéenne.

Le 14 AOUT 1914 à 01h00 du matin, le régiment s'embarque en chemin de fer à la gare St Charles et quitte Marseille pour rallier Lyon, Dijon, Is sur Tille, Neufchâteau puis, Jarville où il débarque le 15 AOUT. Le 173° RI est alors incorporé à la 2EME Armée qui doit opérer de suite en Lorraine.

Entre le 17 et 19 AOUT 1914 le régiment progresse en milieu hostile pour atteindre les avant-postes, dans la forêt de Koeking

Le 20 AOUT au matin le 173° est engagé dans la bataille de Dieuze. A midi on lui demande de se replier en rompant le combat pour venir en protection des villages de Blanche-Eglise, Mulcey et Marsal. Dans la soirée il est regroupé sur la commune de Dombasle sur Meurthe.

Du 22 au 25 AOUT le régiment occupe statègiquement les communes de la région comme à Blainville sur l'Eau où ils bousculent les arrières gardes des allemands.

Le 26 AOUT, entre Mont sur Meurthe et Blainville le 173° engage un rude combat pendant 17 heures avant d'enlever, à la baïonnette, le village de Mont sur Meurthe, fortement défendu par l'ennemi. Ainsi, jusqu'au début septembre, il restera en contrôle des régions avoisinant Lunéville

PARTICIPATION A LA BATAILLE DE LA MARNE

Le 5 SEPTEMBRE 1914 le 173° fait mouvement pour rejoindre Ligny en Barrois où, le 8, il prend part à la bataille de la Marne. Il livre des combats très violents pour s'emparer de Mogneville, le Bois de Faux Miroir puis le noeud des voies ferrées de Revigny. De là il rejoint le Corps de la 3ème Armée à Dombasle sur Argonne. Les combats se multiplient dans cette région où les progressions se font de tranchées en tranchées solidement établies. Le 29 OCTOBRE le 173° opère dans la zone du Bois de Forges et engage le contact à la "cote 281".

Le 23 NOVEMBRE 1914 le régiment fait route vers Verdun et se cantonne à Haudainville, Ranzières et Mouilly pour être rattaché au 6ème Corps d'Armée

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1915

Durant tout l'hiver 1914/1915 le régiment restera sur Ranzières. Les emplacements français sont défendus chaque jour au prix de combats à la grenade sur les lignes de contact

Du 21 au 26 FEVRIER 1915 le 173° est associé aux troupes engagées sur l'attaque des Eparges. Il restera en place sous les bombardements intensifs des allemands. Du 23 au 26 AVRIL il est encore aux avant-postes pour effectuer une percée dans les lignes ennemies allant jusqu'à leur couper la route de Verdun. Le début du mois MAI 1915 bat les records de violence au niveau des assauts menés contre une division allemande positionnée sur Mouilly. Le régiment est relevé de sa position le 8 JUIN 1915

Au mois d'AOUT le 173° est envoyé sur Sainte Ménéhould pour participer à la bataille du Bois de la Gruerie. Le 13 AOUT il est à nouveau déplacé pour rejoindre, par voie ferrée et voie de terre, la région de Craonne, dans les Bois de Beaumarais. Il renforce le 118° RI fortement éprouvé par des combats au gaz.

1916

Dans l'hiver 1915/1916, le régiment est mis au repos sur les arrières d'Epernay sur le secteur de La Courtine et La Butte du Mesnil. Il s'emploie à renforcer les installations des organisations défensives.

Le 2 MAI 1916 il fait mouvement vers Vitry le François pour se cantonner à Aulnay l'Aitre.

Le 15 MAI le Général Pétain fait savoir que le 173° doit rejoindre la "Cote 304" sur la bataille de verdun. Il se met en mouvement dès le lendemain par voie de terre puis voie ferrée pour aller se cantonner dans Ville sur Cousances. Dans la nuit du 19 MAI les troupes prennent position sur la "Cote 304" où depuis des mois se déroule une lutte acharnée précédée de bombardements d'une violence inouïe. Pas de tranchées, pas de boyaux, que des trous d'obus jointifs sans cesse retournés par d'autres projectiles. Le ravitaillement y est quasiment impossible. Les troupes manquent d'eau. C'est là que, jusqu'à la fin du mois d'AOUT 1916, le régiment, par périodes de huit à dix jours, s'oppose, par une héroïque résistance, à la percée allemande en direction de ESNES. C'est dans cette page d'histoire que le 173° s'illustre de douloureux mais combien glorieux faits d'armes. Les pertes humaines sont immenses, mais malgré les attaques aux lances-flammes, aux bombardements des canons de 150 et 210mm réduisant tout en poussière, la mission qui lui avait été donnée: "Tenir à tout prix" a été respectée.

COTE 304 (29 Mai 1916)

Le 29 mai au matin, après un bombardement qui, de jour et de nuit dure depuis le 25, les Allemands lancent deux violentes attaques à quelques heures d'intervalle l'une de l'autre.

Ces attaques sont précédées en avant d'un feu roulant d'artillerie lourde d'une violence extaordinaire. Au déclenchement de l'attaque, dont l'effort se porte principalement sur le 2e bataillon, les officiers et les hommes montent sur les lèvres des entonnoirs et avec un adjudant qui brandit un drapeau tricolore, reçoivent les Allemands à la grenade, au chant de la « Marseillaise » et au cri de : « Les Boches, on les aura! ».

L'ennemi surpris, hésite un instant; puis pris sous les feux de mitrailleuses et un barrage de grenades, reflue en désordre dans ses tranchées d'où il ne sortira plus. Les bataillons sont alors soumis à un bombardement d'une violence redoublée.

A la suite de cette magnifique résistance, le général de Maud'huy, commandant le 15e corps d'armée, adresse au bataillon la lettre suivante :

"" Je suis heureux de vous transmettre les félicitations des généraux Pétain et Nivelle pour votre conduite. J'y joins les miennes, affectueuses et sincères. Dites à votre bataillon que je le félicite de sa belle tenue; après ce qu'il a fait, on peut avoir en lui une entière confiance à l'avenir.""

En outre, le colonel Demaret, commandant le régiment, reçoit du colonel Steinmetz, commandant la 252e brigade, la lettre suivante :

""Au moment où le dernier bataillon du 173e R. I. (4e bataillon) va être relevé en première ligne, je tiens à vous adresser les félicitations du général commandant la 123e division, commandant le secteur de combat, et du général commandant la 126e division, pour sa belle tenue et la conduite au feu de votre régiment. Les 2e et 4e bataillons surtout se sont trouvés dans des circonstances très difficiles et m'ont confirmé dans la confiance que je pouvais avoir en ma brigade.

Je suis fier de mes deux anciens régiments (173e et 255e) qui ont enfin pu donner ensemble la mesure de leur moral et de leur entrain.

En accordant un souvenir ému à ceux qui sont tombés glorieusement dans nos rangs, il faut songer à ceux qui se sont particulièrement distingués, et je vous prie de bien vouloir m'adresser des propositions de récompenses.

Les chefs de bataillon Collomb et Appert ont été l’âme de la belle résistance du 173e sur la cote 304 contre la violente attaque allemande du 29 mai 1916, consécutive à un long et intense bombardement de son artillerie lourde. ""

Le 2ème bataillon et la 3éme Compagnie du 173° RI sont cités à l'ordre de l'Armée, à la suite de ces opérations:

"" Soumis pendant plusieurs heures à un bombardement de gros calibre et d'une violence inouïe, dans des tranchées ébauchées et sans abri, a repoussé victorieusement, à deux reprises différentes, les attaques de tout un bataillon ennemi, en s'élançant sur lui à la baïonnette en criant: « Les Boches, on les aura » et en chantant la « Marseillaise ».""

La 3ème Compagnie de mitailleuses du 173° RI sous le commandement du Capitaine  Armingaud:

"" Soumise à un bombardement des plus violents, dans une tranchée de première ligne, sans abri, est restée stoïquement auprès de ses pièces, malgré les lourdes pertes qu'elle a subies et au moment des attaques allemandes, a pris par ses feux le flanc de l'adversaire et a puissammment contribué à repousser l'ennemi et conserver intactes ses premièrs lignes. A perdu 3 officiers. ""

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A la suite de ces attaques et distinctions, le régiment est transporté en camion à Beurey où il est mis au repos jusqu'au 11 juin. Le 13 il reprend ses positions sur la "Cote 304"

Les bombardements violents s'enchainent de nouveau. les 29 et 30 juin, deux attaques allemandes sont repoussées malgré un pilonnage incessant et des assauts au lance-flamme.

L'artillerie lourde ennemie s'intensifie encore les 1er, 2, 3 juillet. Mais à chaque assaut le 173° renforce sa position en retranchant les allemands sur leurs lignes.

Le 4 juillet une nouvelle attaque est lancée dès 18h00. Les adversaires sont une nouvelles fois repoussés.

Las de ces combats successifs, le régiment est relevé pour être cantonné à L'Isle en Rigault pour bénéficier d'un repos mérité jusqu'au 3 août. Le 5 il refait mouvement et remonte en secteur "Cote 304" dès le 12 août jusqu'au 12 novembre.

A la mi-décembre le régiment est cantonné dans les Bois de Nixeville pour préparer l'attaque de la "Côte du poivre".

Le 15 décembre, la pluie et la neige tombent en abondance. Un vent glacial souffle en tempête. Les tranchées sont transformées en ruisseaux de boue dans lesquelles les hommes, lourdement chargés, sont obligés de se tenir droits. Après une nuit complète de marche pour se mettre en position, les troupes attendent avec calme et confiance, la minute où elles porteront l'attaque au sommet de la "Côte du Poivre", observatoire depuis lequel l'ennemi, durant des mois, a observé tous les mouvements autour et dans Verdun.

A 10h00 l'assaut est donné. Une heure plus tard tous les objectifs sont atteints et 600 prisonniers allemands sont ramenés.

A la suite de cette attaque, le régiment est cité à l'ordre de la 2ème Armée dans les termes suivants:

"" Sous le commandement du Colonel Bizard, a atteint d'un seul élan le sommet de la Côte du Poivre (cote 342) fortement organisé et tenu par l'ennemi. Son objectif atteint a poursuivi sa marche en avant, nettoyant les abris, détruisant 11 canons, ramenant plus de 600 prisonniers et plusieurs mitrailleuses.""

Le 173° est à nouveau relevé et mis au repos jusqu'au 15 janvier 1917 avant de rejoindre Verdun.

1917

Du 17 Janvier au 31 mars 1917 le régiment ocupe plusieurs positions autour de Verdun, à savoir: la Ferme des Chambrettes, le Bois de Caurières, Louvemont.

Le 28 juin il se met en mouvement pour passer par Thonnange les Moulins, Noncourt, Sailly, Maconcourt où il reste jusqu'au 7 août dans l'attente de l'attaque prévue sur la "cote 344"

Les positions sont prises par 3 bataillonset le 20 août l'assaut est lancé à 4h40. Les tirs d'artillerie sont tellement intenses que les officiers dirigent leurs hommes à la boussole tant la visibilité est réduite à néant par les poussières et nuages de fumées. Tous les obstacles sont franchis dans les barbelés, réseaux de fils de fer, tranchées, tirs de barrage. A 7h00 les objectifs sont atteints. l'avancée est poursuivie sur 3 kilomêtres en profondeur. 5 officiers allemands et 150 hommes sont faits prisonniers et 5 mitrailleuses sont ramenées.

Du 21 au 24 août la riposte ennemie est terrible. Les obus pleuvent d'un manière intense et 5 contre-attaques sont tentées, en vain; le 173° tient bon et reste sur ses positions jusqu'au 29 août au soir, date à laquelle il est relevé pour rejoindre Bar sur Aube.

Pendant ce repos, le général Pétain vient passer le régiment en revue et lui annonce que, cité pour la deuxième fois à l'ordre des Armées, il lui confère la fourragère.

La citation est ainsi conçue:

"" Régiment magnifique de bravoure et d'entrain. Les 20, 21 et 22 août 1917, sous l'énergique impulsion du colonel Bizard, chef de corps d'une haute valeur morale, a enlevé des positions successives fortement organisées, sans se laisser arrêter par un feu nourri de mitrailleuses, ni par des réseaux de fils de fer incomplètement démolis, brisant la résistance désespérée de l'ennemi, résistant avec une vigueur sans exemple à toutes les contre-attaques, a capturé de nombreux prisonniers et un important matériel.""

Le 1er octobre 1917 le régiment, fier de sa fouragère verte, quitte Verdun pour gagner la Lorraine.

Il reste sur les bords de la Seille aux abords de Nancy vers Brin, Bey, Lanfroicourt et Haut Nomeny.

Les accrochages sont liés à des embuscades sans lendemains et sans dommages. Les missions ne sont que des guêts, surveillances actives et travaux fastidieux de renforcements de dispositifs de défense. Cette situation est maintenue jusqu'au mois de juin 1918.

Abri Bombardement

Champagne copain

1918

Le 4 Juin le 173° fait mouvement vers Nancy puis Pont Saint Vincent pour s'embarquer par voie ferrée à destination de Villers sous Coudun qu'il atteint le 8 juin.

Aussitôt il est confronté aux forces ennemies qui cherchent à s'ouvir la route vers Compiègne. Les combats s'engagent le 9 juin sur Le Matz puis Bourmont et Bayencourt. Pour la première fois le 173° doit se protéger des mitraillages de l'aviation allemande. L'artillerie adverse redouble sont pilonnage mais les positions des mitrailleurs corses restent inébranlables. L'opposition s'essouffle et cesse les assauts à 19h00. Le 173° RI s'installe sur "les Bois de la Montagne et de la Marquéglise"

Le lendemain, les forces allemandes redoublent de violence. L'ordre reçu des allemands est: "Ce soir on dort à Compiègne". Le régiment français résiste, mais au 5ème assaut, quasiment encerclé, il doit reculer d'un kilomêtre, le long de la voie ferrée de Villers sous Coudun. Les combats ont lieu dans des champs de blés séparés par des haies d'arbres, ce qui favorise les infiltrations ennemies de part et d'autre du site, mais sans succès.

Le 11 juin à partir de 14h00, l'artillerie lourde allemande décide de pilonner avec une extrème violence, les positions tenues le long de la voie de chemin de fer de manière à affaiblir les forces attachées à ce barrage, puis de lancer ses fantassins, grenadiers et mitrailleurs. C'est un échec. Le 173°, bien ancré sur la voie ferrée, repousse les ultimes assauts. Le calme revient pendant deux jours.

Mais, dans la nuit du 13 au 14, les allemands relancent une offensive d'artillerie d'envergure avec des tirs serrés et nourris d'obus à gaz, de fumigènes, de mines et de grenades éclairantes qui tombent en pluie sur le 173° attaché à sa voie ferrée. Les hommes sont terrés jusqu' 3h00 du matin où l'artillerie se tait pour permettre l'assaut des grenadiers ennemis. La surprise est de taille pour l'adversaire. Le 173° RI est toujours là et, de tir de barrage en tir de barrage, repousse une nouvelle fois ses assaillants. Les combats cessent définitivement et le régiment est chargé de cantonnersur la zone.

Dans le mois d'août le 173° se déplace vers Montigny en Chaussée puis Breteuil-Caply, troussencourt et Dommartin.

Un grand nombre de régiments français est regroupé dans ce secteur pour la "Grande Offensive".

L'attaque se déclenche le 8 août 1918 à 4h20 du matin. Le terrain est gagné champs par champs, colline par colline, chemin par chemin. Les affrontements ne se font plus dans les tranchées mais dans de vastes zones dégagées, sous un soleil de plomb. Le 173° s'empare de la "cote 98" au prix de combats acharnés et se heurte à un repli allemand protégé dans un épais blockhaus du côté de Damery au lieu dit "le Bois en Z". Le 173° recense de lourdes pertes en hommes. Il lancera tois assauts successifs en vain contre ce fortin. Le régiment est alors relevé pour aller se cantonner à Villers les Roye.

C'est alors qu'est publié l'ordre général n° 88 du général Debeney, commandant la 1ère Armée:

"" La bataille est gagnée!

A côté de nos alliés britanniques, vous avez rompu le front ennemi et dégagé Amiens; vous avez encerclé et pris Montdidier; enlevé de haute lutte les positions fortifiées qui couvrent Roye et libéré, sur une profondeur de 25 km, la terre sacrée de chère France

Seize divisions allemandes battues ont laissé entre nos mains plus de dix mille prisonniers, deux cent vingt canons et un matériel énorme.

En quittant les rives de l'Avre pour marcher en avant, saluons avec une pieuse émotion nos braves camarades tombés depuis cinq mois sur la ligne Hangard - Grivesnes.

Là, ils ont brisé l'invasion; là, ils ont préparé l'offensive vengeresse; là, ils ont, de leur sang, inscrit le mot d'ordre auquel vous vous êtes montrés fidèles et qui restera le nôtre :

« Nous voulons vaincre ! »,""

Signé : Général DEBENEY.

Suivra la lettre de félicitations du général commandant la 96° Brigade britannique qui a assisté à l'attaque du " Bois en Z " le 11 août 1918, conçue en ces termes élogieux:

"" MON GÉNÉRAL,

J'ai l'honneur de commander la 96e brigade d'infanterie qui a attaqué les lignes ennemies au nord de la route Amiens-Roye, du Bouchoir au bois en Z, pendant les journées des 10 et 11 août.

J'étais présent sur le champ de bataille pendant toute l'action et en contact intime avec vos braves troupes. J'ai vu une grande partie des combats en de nombreux points de la ligne; mais jamais de ma vie, je n'ai vu un plus beau spectacle de bravoure, d'ardeur, de devoir et de connaissance militaire qu'à l'attaque du bois en Z, faite par votre division, le 11 août, à 17 h. 30.

Veuillez accepter mes cordiales félicitations pour vos officiers et vos soldats. Je considérerai toujours comme le plus grand honneur d'avoir combattu à côté de tels hommes.

Veuillez, s'il vous plaît, faire connaître mon admiration et mes félicitations au colonel commandant l'infanterie de votre division.

Très fidèlement à vous. ""

Austin O Girdwood, Brig. General.

96e Brigade d'Infanterie.

Attaque de FRESNOY LES ROYE

Jusqu'au 25 août, ce sont des reconnaisssances hardies poussées aux lisières du village pour en définir les constructions défensives, sous de violents bombardements de tout calibre et d'obus chimiques. Aucun abri n'est favorable aux troupes qui gardent toutefois un esprit conquérant.

Le 26 août à 04h30, l'attaque est lancée.

Le 173° a devant lui des troupes décidées à une résistance désespérée. L'artillerie ennemie est encore dense. Le barrage allemand s'ouvre, violent et serré ; les mitrailleuses, nombreuses et abritées, arrosent furieusement la plaine.

Malgré cet ouragan de fer, la progression de nos groupes, quoique prudente, est tenace et permanente. De nombreux officiers sont tués ou blessés; les pertes sont sensibles.

Qu'importe! toutes les énergies sont tendues vers un même but : l'enlèvement de ce village transformé en solide et formidable point d'appui par l'ennemi. Près de trois bataillons de régiments différents (7°, 67°, 252° RI) défendaient cette position. Le combat a lieu dans les ruines des maisons, dans les caves, autour de blockhaus de mitrailleuses.

Malgré leur ténacité, les Allemands doivent céder le terrain et, devant un suprême bond de tous ces hommes, ils se rendent ou s'enfuient abandonnant, armes, équipements, matériel.

A 15 heures, le village est définitivement occupé; la liaison est établie avec le 112° RI qui, sur le flanc gauche, a mené une attaque violente et longue.

Au sud-est de Fresnoy, l'ennemi s'est solidement organisé dans un bois que défendent de nombreux groupes de mitrailleurs et de grenadiers : le "Bois Croisette". L'attaque est dévolue à la 46e division qui demande l'appui du 173° ; la 5° compagnie (capitaine Puvieux) est désignée.

Progressant à la grenade, par bonds de trous d'obus en trous d'obus, suivant aussi bien que possible le barrage roulant, s'infiltrant par le nord, passant sous les rafales de mitrailleuses, d'obus et de minnens, la 5° compagnie atteint son but. A 18 heures, les défenseurs du « Bois Croisette », encerclés, mitraillés, traqués à la grenade, lancent dans l'air leur cri de « kamarad ! ».

Ces opérations brillamment menées, valent au régiment, l'ordre élogieux n° 138 du général commandant la 126° division :

"" OFFICIERS ET SOLDATS DE LA 126° DIVISION,

Vous avez pleinement répondu aujourd'hui à l'appel que je vous ai adressé pour exécuter les plans du commandement et crânement vous coucher à Fresnoy ce soir.

Je n'avais jamais douté de vous, mais je tiens à vous dire toute ma satisfaction et ma fierté d'être à la tête de pareilles troupes, en qui je puis avoir pleine et entière confiance.

Vous m'avez expédié, aujourd'hui, 450 prisonniers et 16 officiers boches. Nous pourrons dénombrer un nombreux matériel de mitrailleuses et d'engins divers tombés entre vos mains. C'est un beau coup de filet, dû à votre élan irrésistible et à votre énergique volonté.

A tous, mes amis, mes compliments, et de tout cœur ! Nous tenons le bon bout. On en verra la fin.""

Le général commandant la 126° DI,

Signé : MATHIEU.

L'ennemi ne réagit plus. L'enlèvement de Fresnoy porte un coup décisif au moral allemand. Le 173° progresse ainsi de village en village en entrant dans Tilloy, Billancourt, Breuil, Mayencourt pour aller stationner sur cette zone jusqu'au 1er septembre 1918.

De là il repart pour Flers sur Noye et Essertaux.

Le 173e s'y couvrit de gloire; il fut cité pour la troisième fois à l’ordre de l’armée dans les termes suivants :

O. G. n° 137 – 1ere armée - 30 Septembre 1918 

"" Sous l'habile et énergique impulsion du lieutenant-colonel Houssais, chef de corps d'une inlassable activité et d'un admirable esprit de sacrifice, a fourni du 8 au 31 août 1918 un effort soutenu et prolongé, exigeant les qualités morales, l'esprit d'abnégation et de sacrifice, le mépris du danger, et la résistance à toutes les fatigues dont ce magnifique régiment n'a cessé de faire preuve et dont il vient de donner un nouvel et admirable exemple. A attaqué et enlevé un village particulièrement fortifié et qui servait de pilier à la résistance ennemie, provoquant ainsi un recul de tout le front allemand; puis a bousculé et poursuivi l'ennemi sans répit, l'empêchant, malgré plusieurs tentatives,  de s'arrêter sur de nouvelles positions et réalisant, en 3 jours de combats incessants, une progression de plus de 15km. A capturé 8 officiers dont un chef de bataillon, 250 hommes, 2 canons et un grand nombre de mitrailleuses. ""

Le général commandant la 1ère Armée

signé

Debeney

Au repos, le régiment se prépare aux nouveaux combats auxquels il va être appelé bientôt à participer. Il s'est fixé comme objectif de conquérir la deuxième fourragère jaune.

L'ordre d'alerte parvient le 20 septembre. Par étapes, à travers des villages ruinés, demi-détruits, une campagne désertique, par Folleville, Coullemelle, Lignières, le 173° vient stationner, du 22 au 29 septembre, dans les ruines de Tilloloy et de Lecessier qu'il quitte le 30 pour Nesles.

Les 1er et 2 octobre. il stationne à Villers-Saint-Christophe et Aubegny; les 3, 4 et 5, dans les décombres informes qui indiquent à peine les emplacements des villages du Fayet, de Selency, de Fraucilly-Selency, du Frauquoy et de Thorigny.

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Le 6 octobre 1918, à 05h00 du matin, le 173° entre dans la bataille de la "Ferme de Bellecourt". Plusieurs régiments s'y sont déjà heurtés. Une forte garnison allemande y est retranchée. La ferme est encerclée à 15h30. Les occupants sont sommés de se rendre: 1 commandant, 22 officiers et 410 soldats rendent les armes. Ce succès oblige l'ennemi à battre en retraite. Le 173° le pousse devant lui jusqu'à la Croix Fonsomme pour reprendre la voie ferrèe de Saint Quentin.

Le 10 octobre le régiment se déploie autour de la "Ferme de Forte" où l'ennemi est solidement établi au sommet d'un mamelon défendu par des mitrailleuses lourdes et des lignes de tranchées. L'attaque est décidée pour le lendemain matin 05h00 en appui avec le 55° et le 12° RI. La progression est meurtrière pour les forces françaises. Malgré la capture de 60 allemands, les 2 régiments avançant avec le 173° ne peuvent déboucher sur leurs objectifs. A midi, il est décidé de revenir au point de départ pour réorganiser les progressions.

Deux nouvelles attaques sont donc lancées le 12, mais se trouvent bloquées aux mêmes points que la veille. Les pertes sont importantes. Le 173° avait pourtant atteint la ferme.

Les 13 et 14 octobre, au cours d'une reconnaissance préparant une nouvelle offensive, le lieutenant-colonel Houssais, commandant le 173° est tué par un obus. Le colonel Patacchini est désigné pour le succéder.

Le 15 octobre 1918 à midi, une nouvelle offensive a lieu. Les moyens engagés sont renforcés et le 173° parvient à pénétrer pour la seconde fois dans la ferme, bouscule les occupants, pris d'assaut au corps à corps dans les bâtiments, cours et vergers. Les allemands, au mépris de ces hommes en lutte sur le site, écrasent la ferme sous une pluie d'obus vengeurs. Les forces françaises tiennent. Les contre-attaques sont jugulées par les garnisons de flanc et à 16h00 il est annoncé que la place est aux mains des 3 régiments victorieux. La nuit est calme jusqu'à 05h30 au matin du 16. L'ennemi compte reprendre la ferme. L'artillerie pilonne à nouveau le site avant de lancer plusieurs vagues d'assaut de ses mitrailleurs. les pertes sont lourdes pour l'ennemi qui reflue en désordre. Le 173° poursuit l'ennemi qui se défile devant lui, ainsi le 18 octobre il arrive jusqu'à Mennevret et le Forêt d'Andigny.

Le 20 octobre1918 le régiment est retiré de la bataille et dirigé vers Fontaine Uterte pour un repos grandement mérité. Il ne participera plus à aucun combat. Celui de la Ferme de Forte sera pour lui le dernier de ses faits glorieux dans l'épisode de la guerre 14-18

Le lieutenant-colonel Plan prend le commandement du régiment le 23 octobre 1918 pour recevoir la 4ème citation à l'Ordre de l'Armée, sous ces termes:

173e RÉGIMENT D’INFANTERIE (15e corps d’armée) :

"" Admirable unité de combat, sous l’impulsion généreuse du lieutenant-colonel Houssais, magnifique soldat tombé au champ d’honneur pendant la préparation d’une attaque, puis du commandant Patacchini, a soutenu du 7 au 18 octobre 1918, des combats presque journaliers pendant lesquels il a donné les preuves des plus belles vertus militaires. Forçant le succès par l’opiniâtreté de ses attaques, a enlevé à l’ennemi un important point d’appui très fortement organisé, défendu par une garnison nombreuse et résolue, et dont la chute a provoqué le repli de l’ennemi. A poursuivi et bousculé pendant 15 km puis attaqué l'adversaire qui se retranchait sur une nouvelle position, l'en a chassé après 4 jours de lutte acharnée et a conservé, malgré les plus violentes contre-attaques, un solide point d'appui chaudement disputé et qui devait servir de base à une importante opération ultérieure. Acapturé pendant cette période, i chef de bataillon, 22 officiers, 600 hommes et plus de quarante mitrailleuses.""

Le général de Division commandant la 1ère Armée

signé : DEBENEY

C'est à Tupigny que le régiment apprend la signature de l'armistice le 11 novembre 1918

Plus tard, le 13 novembre 1918, le Maréchal de France, commandant en chef, confèrera au 173° Régiment d'Infanterie, la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire.

Le 20 janvier 1919 il reçoit du général Gouraud, la Fourragère jaune avant de faire mouvement vers des occupations de secteurs sur le territoire allemand.

Le 173° rentrera définitivement en France le 14 août 1919

                                                     **********

ACTES INDIVIDUELS DE COURAGE ET FAITS D'HEROISME

Accomplis par des Militaires du 173e Régiment d'Infanterie

au cours des offensives du 8 au 17 Octobre 1918.

Prise de la ferme Bellecourt, par le 1er bataillon du 173e régiment d'infanterie :

Le 8 octobre 1918, les dernières positions de la ligne Hindenburg tenaient encore dans la région de X... L'ennemi s'y cramponnait avec l'énergie du désespoir. Plusieurs attaques avaient déjà été menées sans résultat par des troupes d'élite sur la ferme Bellecourt, point particulièrement organisé, farci de mitrailleuses, et dont les abris bétonnés, au dire des prisonniers, étaient occupés par tout un bataillon de contre-attaque, quand le 1er bataillon du 173e reçut l'ordre de s'emparer coûte que coûte de cette importante position.

La marche d'approche pour se rendre à la base de départ fut particulièrement rude : les éléments du 1er bataillon traversèrent sans hésitation des ravins balayés par des mitrailleuses ennemies et battus par les tirs de barrage. Le Boche n'avait pas épargné les obus toxiques; chacun dut mettre son masque; toutefois le moral restait inébranlable, l'esprit d'assaut intact.

A l'heure H, le bataillon protégé par sa compagnie de mitrailleuses s'élança vers l'objectif : les fusées partirent aussitôt de tous les points de la position ennemie et un violent tir de barrage s'abattit sur le bataillon, tandis que les mitrailleuses boches crépitant avec la dernière énergie, balayaient le terrain d'attaque.

Deux sections, d'un seul élan, purent parvenir à la ferme; l'une commandée par le sous-lieutenant Barazetti, l'autre par l'adjudant Banes, avec qui marchait le capitaine Lezerat, commandant une des compagnies d'attaque.

Pendant que l'une des sections, à coups de grenades et de fusils-mitrailleurs, forçait les défenseurs de la position à se rendre, l'autre section avait bondi aux abris de la troupe de contre-attaque, ne laissant pas le temps aux hommes de garde ennemis de faire fonctionner les mitrailleuses qui étaient placées à chaque entrée d'abri. L'affaire avait été menée avec rapidité et décision; le succès fut complet : toute la garnison fut capturée.

Cinq cents prisonniers environ furent faits dont 23 officiers ou assimilés et plusieurs feldwebel. Le matériel dénombré dans la position conquise comprenait une trentaine de mitrailleuses et plusieurs minenwerfer.

Prise du pont 130 et garde de la position par le 1er bataillon du 173e régiment d'infanterie :

L'ennemi occupait la position du pont 130 dont la prise était pour nous d'une importance capitale pour une progression ultérieure.

Le 1er bataillon du 173e R. I. reçut la mission, dans la nuit du 14 au 15, de s'emparer de ce point d'appui que l'on savait fortement tenu par des mitrailleuses. L'affaire fut soigneusement et habilement organisée et trois groupes, à 0 H. 45, s'élancèrent dans la nuit. Chacun était pénétré de sa mission, savait sa place et le rôle qu'il devait jouer. Le Boche était en éveil; dès le départ, il éventa le coup de main et mit ses mitrailleuses en action. Un des chefs de groupe et plusieurs de ses hommes furent blessés. Une minute de flottement, et, entraînés par l'adjudant Banes, les hommes reprirent leur marche rapide. Lui-même est blessé; craignant que l'attaque ne soit arrêtée, le sous-lieutenant Montoya qui se trouvait sur la base de départ du coup de main sans faire partie de l'opération, très crâne, s'élança à la tête des fractions. Suivant son exemple et voulant venger leurs camarades tombés, tous n'eurent qu'un cri : « En avant ». En quelques minutes, l'affaire était réglée : les groupes occupaient le pont, ayant mis le Boche en fuite et s'emparant d'une mitraillette. Mais les Allemands sentant l'importance de la position n'en restèrent pas là et ce fut une série de violentes contre-attaques venant de toutes les directions.

La garnison était affaiblie par ses pertes; on organisa la résistance, et. successivement, tous les assauts vinrent se briser sous le feu des défenseurs.

Le soldat Pons, véritable exemple de bravoure et d'abnégation, se portant avec la mitraillette qu'il avait prise aux points les plus menacés, arrêta chaque fois les assaillants.

Une dernière attaque précédée d'un violent bombardement à obus toxiques n'eut pour résultat que de laisser quatre prisonniers entre nos mains. Des renforts arrivèrent; cette poignée de braves avait rempli sa mission : pris et gardé le pont 130.

Prise de la ferme forte.

La 1e compagnie de mitrailleuses à la prise de la ferme Forte :

La journée du 15 a été dure, mais glorieuse pour le régiment : un solide point d'appui, une ferme, a été enlevée par nos poilus dont le moral, malgré huit jours d'une lutte âpre était toujours aussi élevé.

Dans la soirée, plusieurs contre-attaques boches se sont heurtées à une défense implacable. Le lendemain matin, voulant profiler de la brume, les Allemands essayent, une fois de plus, de nous ravir ces ruines qui nous ont coûté tant d'efforts. On voit se dessiner leur attaque, chacun d'eux connaissait son rôle : un à un, ils s'infiltrent, essayent de surprendre la vigilance de la faible garnison.

Des mitrailleurs boches s'avançant, se sont établis à une quarantaine de mètres de notre position. Mais en face d'eux, sont aussi nos mitrailleurs. Leur chef, l'adjudant Bayard, suit les mouvements de l'ennemi. Calme, sûr de lui et de ses hommes, il conçoit son plan : il passe un mot d'ordre : « Que personne ne tire avant mon signal »; et les mitrailleurs, confiants, attendent. Au moment où les mitrailleuses boches, en face engageaient la bande, un commandement! Notre mitrailleuse crépite; les Boches s'écroulent sur leurs pièces; un bond en avant, et la mitrailleuse ennemie était nôtre. La retourner fut l'affaire d'une seconde et nos poilus, fiers de leurs exploits, attendent, plus fermes que jamais, une nouvelle tentative ennemie.

Le 2e bataillon du 173e régiment d'infanterie à la ferme Forte :

Le 11 octobre, le chef de bataillon veut à tout prix faire parvenir un renseignement important au chef de corps. Il désigne le cycliste Salicetti. Le terrain à parcourir est long, absolument découvert, battu de toutes parts par de nombreuses mitrailleuses. C'est la mort presque certaine pour qui s'y aventure. Salicetti part cependant. II est touché d'une première balle : puis, successivement de trois autres. Malgré la perte de son sang et son épuisement extrême, il continue sa marche. Son itinéraire croise un poste de secours : le médecin veut l'y retenir. « Non ! répond Salicetti, je dois avant tout porter au colonel le pli qui m'a été confié. » Le poste du colonel étant à un kilomètre de là, Salicetti y parvient, accomplit sa mission, et c'est alors seulement qu'il consent à être pansé.

Le 11 octobre, le sergent Vincent et le soldat Enguerrand marchent avec la première vague à l'assaut d'une ferme forte-ment occupée et défendue par de nombreuses mitrailleuses. Un réseau de fil de fer épais et haut barre le chemin; les mitrailleuses ennemies tirent de toute part. Ne pouvant espérer couper ou franchir la trame du réseau, le sergent Vincent et le soldat Enguerrand se glissent sous lui, rampent jusqu'au bord opposé et bondissent sur les mitrailleurs ennemis. Ils en tuent deux et capturent 10 prisonniers.

Le 11 octobre, le soldat brancardier Braconi, déjà assez sérieusement blessé, entend en avant de la ligne les appels d'un de ses camarades touché d'une balle. Malgré le feu extrêmement violent des mitrailleuses qui balayaient le plateau, Braconi se porte en avant au secours du blessé. Une deuxième balle reçue immédiatement ne l'arrête pas; il continue jusqu'au moment où il tombe mortellement frappé de plusieurs balles. Cet homme seul, sans arme, portait à son bras le brassard de la Croix Rouge.

Le 3e bataillon du 173e régiment d'infanterie à la ferme Forte :

Le 15 octobre, à l'attaque de la ferme Forte, la 10e compagnie attaquait prenant une partie de la tranchée à revers. Marchant en tète, la baïonnette haute, l'agent de liaison Demange, Alsacien, venu comme volontaire sur le front français, fit preuve d'une telle ardeur qu'il allait plus vite que le barrage roulant, si bien qu'il arriva avant les obus de 75 sur un groupe de quinze Allemands qui attendaient le moment propice pour faire entrer leurs mitrailleuses en action. Telle fut leur surprise que devant la seule menace de cet homme résolu, ils levèrent les bras, abandonnant leurs armes.

A la ferme Forte, le 3e bataillon du 173e R. I. repousse victorieusement cinq contre-attaques. La plus dure fut celle du 16 octobre, lancée au petit jour après une formidable préparation d'artillerie.

Dans un trou d'obus avancé, une pièce de la 3e compagnie de mitrailleuses était en position, et attendait l'ennemi qui avançait de toute part. Sur quatre servants, trois sont mis hors de combat tant par le feu de l'artillerie que par les balles de mitrailleuses qui appuient l'attaque allemande. Resté seul à son poste, au milieu d'une fumée épaisse, le mitrailleur Felce, avec un sang-froid extraordinaire, continue à servir la pièce, chargeant, visant, tirant, empêchant ainsi les vagues d'assaut de déboucher du petit ravin où elles sont massées.

Une hardie patrouille de tête a cependant réussi à s'infiltrer à courte distance, sautant de trou en trou. Croyant le moment propice, le sergent allemand se précipite avec ses quatre hommes sur cet homme resté seul qui ose résister. En quelques balles bien ajustées, le soldat Felce les étendit raides morts, l'un après l'autre. Le dernier était tombé à quelques mètres à peine de sa pièce.

Aux armées, le 22 octobre 1918.

Le chef de bataillon

Commandant provisoirement le 173e R.I.,

Signé : PATACCHINI.

                      Cote_304

         Monument érigé en mémoire de ceux qui ont laissé leur vie à la "COTE 304"

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Le 25 mai 2001, à Esne-en-Argonne (18 km au sud-ouest de Verdun) le monument dédié à la mémoire du 173° Régiment d'Infanterie, vient d'être inauguré, après son entière restauration, effectuée par l'Amicale des Anciens du Régiment, le souvenir Français et la Collectivité territoriale de la Corse.

Devant le monument fleuri, deux poilus, un capitaine et un soldat, rendent les honneurs militaires.. A leurs cotés, les deux petits enfants qui eurent le grand honneur de dévoiler le mémorial. La petite fille tient encore, soigneusement plié dans ses bras, le voile tricolore tandis que son frère ne semble pas du tout intimidé par le public. Le flambeau est transmis, charge à ces jeunes, de veiller à conserver et à perpétuer, à leur tour, aux générations futures, le devoir de mémoire de tous ceux qui sont morts pour la France

Le Régiment devient 173° de Réserve en 1951

Il est dissout 30 juin 2001

A la dissolution du 373ème RI puis du 173ème RI, la Réserve a été rattachée au :

2ème Régiment Etranger de Parachutistes (6° compagnie) qui est basé

au Camp RAFFALLI à Calvi. (photo ci-dessous les garants du drapeau)

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Des visages de nos héros ......

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Des actes de décès........

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(fiches éditées depuis le site www:memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr)

LES BOCHES, LES SCHLEUX, LES FRIDOLINS

Dans la lecture des citations et des actes individuels de courage et faits d'héroisme, vous avez pu être surpris de lire le qualificatif de "boche" pour nommer l'ennemi sur des écritures officielles de l'armée française.........mais au fait, d'où vient l'origine du mot "boche" ?

Il y a eu une époque pendant laquelle les Français affublaient les Allemands de toutes sortes d'expressions péjoratives. Boches, Schleuh, Fritz etc …Vous les connaissez, mais en connaissez-vous la provenance ?

Les Français aiment tellement les Allemands qu'au cours de l'histoire, ils les ont affublés de différents noms d'oiseaux plus charmants les uns que les autres.

Regardons cela d'un peu plus près.

La pire insulte, c'est le mot "boche".

L'apparition de BOCHE remonte à la seconde moitié du 19 ième siècle, vers 1860, et "boche", ça viendrait d' "ALBOCHE".

Alboche est un terme un peu plus ancien formé du préfixe "AL", abréviation de "allemand" et du suffixe "boche".

Et "boche", avant de désigner l'ennemi allemand, était utilisé dans l'argot du 19ième siècle dans l'expression "tête de boche" pour désigner une personne à la tête dure, "une tête de bois" puisque "boche", à l'origine, c'est une boule, une boule en bois comme celle que l'on lance dans un jeu de quilles, par exemple.

Donc, je résume:

la boche, la boule de bois

le boche, l'homme à la tête de bois,

l'Alboche, l'Allemand à la tête de bois, qui, abrégé, redevient boche.

Comme l'attaque est la meilleure défense, il y a une entreprise d'électroménager allemande, BOSCH pour ne pas la nommer, qui a judicieusement joué de cette homonymie dans son slogan : " c'est bien, c'est beau, c'est Bosch".

Autre dénomination très peu sympathique:

CHLEU ou bien CHLEUH avec un H ou parfois encore SCHLEU avec un S devant.

D'où vient ce mot dont la prononciation avec le son "sch" rappelle certaines caractéristiques de la langue allemande?

CHLEUH, c'est le nom des populations berbères du Maroc occidental.

Les soldats français qui combattent au Maroc au début du 20ième siècle appellent ainsi les soldats des troupes territoriales. A leurs yeux, ce sont des sauvages, des barbares qui parlent une langue incompréhensible.

Ce terme importé en France désigne alors les Alsaciens et autres frontaliers qui parlent une autre langue que le français, on dit que ce sont des chleuhs qui parle schleu, puis ce terme désigne le soldat allemand avant de désigner plus largement l'occupant allemand pendant la second guerre mondiale.

Terminons par une désignation moins violente mais non moins péjorative: le Fritz.

Fritz est un prénom commun en Allemagne, notamment à la fin du 19ième siècle, c'est le diminutif de Friedrich, l'un des prénoms favoris des Hohenzollern, les empereurs de Prusse.

Le Fritz se décline et donne pendant la première guerre le fridolin, le frisé et même le frisou pendant la seconde guerre mondiale...

11 juillet 2006

Aller à GIROLATA à pied

ALLER A GIROLATA  A PIED !!    Voilà un projet qui se réalise enfin pour Max et sa maman... GIROLATA ce petit port que l'on ne peut atteindre que par la mer ou à pied par un sentier de muletier qui part de la RD 81 depuis le Col de la Croix (environ 20 km au sud de Galéria et 15 km au nord de Porto) va accueillir bientôt nos deux randonneurs !!

Pour celà, il a d'abord fallu arriver de bonne heure au Col pour profiter du parking qui se situe non loin du Bar-Paillotte implanté au déboucher du sentier de muletier. Là, son tenancier guide les arrivants pour garer les véhicules en assurant qu'il les surveillera durant votre absence: gentillesse gratuite qui vous rappellera, au retour, la politesse de prendre une consommation dans ce petit établissement en guise de remerciement !

Les préparatifs sont bouclés rapidement, il est 9h30 et l'envie de marcher est pressante pour être les premiers à s'élancer. Les chaussures sont lacées, les chaussettes remontées, le sac à dos ajusté.....En avant ! Les panneaux du cabanon annoncent  " GIROLATA 7 km - 1h45 " " Plage de Tuara 3 km - 45 mn ". Nos deux amis sont impatients de fouler le chemin emprunté par Guy, le facteur "mondialement connu" par tous les reportages dont il a été le sujet, car c'est lui qui est chargé de distribuer le courrier à Girolata. Depuis, ce sentier porte son nom : " le sentier de Guy ".

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Le chemin s'annonce sympathique puisqu'il descend régulièrement dans le maquis odorant dans une terre sablonneuse plaisante au pas. Le site est merveilleux et l'oeil est accroché au paysage. Le golfe est superbe et dès les premieres centaines de mêtres franchies, une halte photographique s'impose déjà.

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Bientôt l'anse de Tuara se fait entrevoir et quelques voiliers qui ont été au mouillage pour la nuit écoulée, se réveillent aux rayons du soleil. En deux pas et une petite descente tortueuse dans les rochers, nos deux randonneurs se retrouvent sur la plage déserte....enfin presque...Trois vaches couchées nonchalamment sur la grève y ruminent.

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Après avoir tiré quelques clichés de ce site fabuleux, la plage est traversée dans sa largeur pour rejoindre l'amorce du sentier qui s'élève dans le maquis en s'orientant vers l'intérieur des terres. La pente est rude et le souffle devient court....il donne toutefois prétexte à se retourner pour admirer le paysage et juger de l'altitude prise depuis la plage.

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L'effort consenti est grandement récompensé quand le chemin, après avoir contourné la colline qui sépare la plage de Tuara, de l'anse de Girolata, débouche au sommet pour offrir une vue imprenable sur l'aboutissement de cette randonnée. Encore des photos inoubliables. Une petite pause pour bien récupérer de la montée et, youpi.....dans la descente !

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......Girolata se rapproche à chaque méandre de ce sentier devenu familier. L'effort est mieux gérable, le jeu ne consistant qu'à ne pas se laisser déséquilibrer par des pierres roulant sous la semelle. Encore une petite halte pour mieux contempler la beauté du site et...hop ! une dernière descente sur la plage de galets !

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Ca y est ! le rêve est devenu réalité !......quelle heure est-il ? ....11h30 ! Mais comme nos deux amis ont bien marché ! 2 heures pour effectuer le trajet ! C'est bien !

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La récompense est là ! Le déjeuner d'abord qui se fait en terrasse d'un établissement de leur choix. Une boisson méritée pour les deux, une viande garnie pour l'un, un pavé de mérou pour l'autre....elle n'est pas belle la vie ? ......Et puis, le calme....seul le mouvement des bateaux se fait entendre dans cette minuscule rade inondée de soleil. Comme on est bien à Girolata !

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Et puis la surprise ! .....un regard derrière eux sur la terrasse...IL EST LA !  C'est GUY le facteur !! La photo d'amitié s'impose ! Alors Guy...la retraite c'est quand ? ....l'année prochaine ?

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L'après midi se passe dans une petite crique derrière des rochers. Une baignade de rêve dans une eau cristalline.... Que le temps passe vite...déjà 16h00, il faut penser au retour.

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2 heures plus tard, un peu fatigués mais heureux, c'est avec plaisir que nos deux compagnons s'installent en terrasse du bar de départ pour une boisson fraîche bien méritée, savourée à bonnes gorgées, tout en commentant ce qui vient d'être parcouru. Quelle belle journée !! Quelle belle randonnée !! Quel site enchanteur !!

15 juillet 2006

A FILETTA

http://www.l-invitu.net/

a_filetta  Le groupe A Filetta (la bruyère) connu pour ces chants polyphoniques, nous transporte vers des émotions particulières où des plaintes contenues mélèes aux souffles de notes entremêlées, font jaillir des mélodies qui se gravent à jamais dans vos chairs pour vous faire trésaillir à leur diapason.

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3 juillet 2006

BON VIAGHJU !!

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Au fil de nos envies, laissons nous cheminer sur les plus beaux sites de Balagne

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algajola .........d'abord, des forteresses et citadelles....

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calvi_baie ........surplombant la mer....

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.......avec des ports, des bateaux.....et des plages de rèves...

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Puis des villages accrochés aux montagnes ou blottis autour de leur clocher....

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.......d'où l'on peut admirer les rivages aux formes parfois particulières....

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............et des couchers de soleil inoubliables...avant de rentrer d'un beau voyage...

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21 juillet 2006

Discothèques "La Camargue" et "l'Acapulco"

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http://www.dailymotion.com/swf/YGLjX1SMbbBqzjM2i

http://www.discothequecamargue.com/

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http://www.acapulco-calvi.com/

Trois liens magiques pour vous faire connaître 2 discothèques calvaises qui sauront, selon vos humeurs ou vos goûts...accompagner vos soirées et vos nuits jusqu'au petit matin....dans des rythmes endiablés et des ambiances à faire palir de jalousie les Etablissements d' Ibiza !!!!!

8 juillet 2006

CASTAGNICCIA

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RUSIU est un village de Castagniccia situé à une quarantaine de kilomêtres de Corté. Pour s'y rendre il faut emprunter la RN 193 et prendre l'embranchement du pont du Golo (route de San Lorenzu) entre Ponte Leccia et Francardo.

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Ce village pittoresque accroché à flanc de crête rocheuse partagée entre le Monte Maggiore et la pointe de l'Ernella, fait face au majestueux sommet du San Petrone.

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Ses soixante habitants permanents y vivent paisiblement dans un environnement boisé de feuillus (hêtres) et de châtaigneraies séculaires. Plus haut, vers 1550 mêtres, des plateaux à pâturage font paître des vaches et chevaux en liberté. De là le regard s'étend des rivages de la plaine orientale aux sommets enneigés du Mont Rotondo.

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Sa fête patronale a lieu le 15 août. C'est l'occasion pour de nombreux adeptes, de venir entendre l'office religieux chanté en latin et en paghjella.

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RUSIU est en effet le berceau du chant polyphonique depuis des générations de chanteurs. Les familles perpétuent cette tradition reconnue pour sa valeur culturelle par les professionnels de la musique, du chant et de la poésie.

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RUSIU est le village natal de Charles Rocchi, pionnier dans la représentation de la chanson corse autour des années 1950 et de Natalellu Sarocchi poête renommé.

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RUSIU continue aujourd'hui à donner naissance à des artistes confirmés comme:

Benoît Sarocchi et Philippe Rocchi (anciens du groupe Voce di Corsica)

Anna Rocchi            (dernier Album : Da l'Alturaghja)

D'autres s'orientent vers les arts de la poèsie ou de la peinture, comme il peut être vu ci-dessous avec ces 3 tableaux de Jean-Marc Rocchi

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17 juillet 2006

ISULATINE

isulatine_20Calvi ISULATINE....4 filles merveilleuses en une harmonie envoutante. 4 voix féminines qui démontrent que la polyphonie n'est pas qu'une tradition d'hommes. Une qualité reconnue à savourer les yeux fermés pendant leurs concerts ou à écouter religieusement le soir, dans son salon. La magie alors s'opérera et vous vous surprendrez à voler dans les airs mélodiques inventés par 4 enchanteresses.

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Voici une photo (ci-dessus) extraite du Printemps de Bourges 2005.....et surtout un lien d'actualité en cliquant (ci-dessous) sur les sites du groupe.

http://isulatine.free.fr/

http://isulatine.musique.com/presentation.php

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7 juillet 2006

GR 20

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Quel bonheur au petit matin de franchir cette passerelle qui nous ouvre symboliquement sur le vrai départ du GR 20, à l'approche du premier refuge et du Lac de la Muvrella avant d'atteindre les hauts plateaux.

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Bien blotti au creux de son écrin de verdure: le Lac de la Muvrella

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A ce niveau là....le monde nous appartient !! On touche les nuages!!

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Le cirque de la Solitude !!! Même si l'on est en groupe, on se sent un peu seul dans ses chaussures....mais l'effort est tellement bien recompensé lorsque l'on a franchi cet escarpement monumental !!

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Bouquetins et mouflons deviennent alors nos cousins et nous nous surprenons à sauter de roche en roche pour relancer notre course vers des sentiers de repos...et des fraicheurs méritées

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Un petit retour sympathique par le train pour rejoindre le point de départ et savourer l'ambiance des soirées sur le port de Calvi, où entre amis nous revisiterons les moments forts de cette escapade sur le fantastique GR 20

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Que de souvenirs abordés dans nos discussions ....!!

calvi_Nuit

.....au coeur de notre point d'attache, le soir dans l'ambiance des terrasses du port...comme des astronautes revenus d'un vol spatial......

30 septembre 2012

Fred Scamaroni. L'homme et le bateau, deux destins tragiques

D’après l’article de Xavier Maillard et le récit du Blog Curagiu.com

Le FRED SCAMARONI était un transbordeur lancé sur les lignes continent/corse en 1966.
Ses caractéristiques techniques étaient les suivantes :
Longueur : 115 m - Largeur : 17,83 m - Tirant d'eau : 4,92 m
Puissance : 14880 CV - Vitesse : 20 noeuds
Capacité  d’accueil en garages : 140/230 véhicules
Capacité d’accueil en passagers : 1256 (jour : en fauteuils) ou 1120 (nuit : en cabines de 4 lits)
Equipage : 11 officiers et 63 hommes

 

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Ce navire a été construit par les Ateliers et Chantiers de la Seyne S/Mer (Var) pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique, qui le finance intégralement.

Destiné au transport de passagers et de leurs véhicules, FRED SCAMARONI est également équipé pour accueillir 650 tonnes de fret, en étant équipé de trois chambres froides, de quatre cuves pour liquides totalisant une capacité de 80000 litres, d'un parc pour animaux). Le car-ferry innove par son système de ponts-garages relevables, par ses hélices à pales orientables, ainsi que par son système de ballasts permettant au navire de s'adapter à la hauteur des quais où il accoste, dans les différents ports.

Mis sur cale en juin 1963, FRED SCAMARONI, qui porte le nom d'un résistant corse torturé en 1943 par l'OVRA (police italienne), est lancé à la Seyne le lundi 30 novembre 1964, avant d'être remorqué à Port de Bouc pour finition. La Compagnie Générale Transatlantique prévoit sa mise en service sur les lignes de la Corse pour le dimanche 11 juillet 1965 au départ de Nice. Après ses premiers essais à la mer, le navire rentre aux chantiers de la Seyne par ses propres moyens fin mai 1965. Il y est ravagé par un important incendie, déclaré dans la salle des machines, dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 juin 1965.

La mise en service de la nouvelle unité n'aura lieu que onze mois après le sinistre, période pendant laquelle le car-ferry NAPOLÉON (1960) et le paquebot CYRNOS assurent en partie les traversées prévues sur le FRED SCAMARONI.

FRED SCAMARONI arrive pour la première fois à Marseille le lundi 16 mai 1966. Entré en exploitation le lendemain, mardi 17 mai 1966 entre Marseille et Ajaccio, il effectue sa première escale à Nice le vendredi 27 mai 1966. Il remplace le paquebot CYRNOS, qui quitte la flotte de la Compagnie.

Le jeudi 20 janvier 1967 à Ajaccio, le navire se fait une avarie contre le quai, qui nécessite un léger arrêt des rotations pour réparations. En avril 1967, pendant l'arrêt technique du FRED SCAMARONI, c'est le paquebot COMMANDANT QUERE (désarmé le 04 août 1966) qui se substitue au car-ferry pendant une quinzaine de jours, avant de sortir de la flotte.

Le ferry-transbordeur prend les couleurs de la Compagnie Générale Transméditerranéenne le mardi 1er juillet 1969.

Alors qu'il se rendait de Marseille sur Bastia avec 400 passagers à son bord, le mercredi 22 avril 1970, un incendie se déclara au cours de la traversée. Tandis que l'équipage maitrisait le sinistre, le commandant rentra sur Marseille, par mesure de sécurité. Le navire y sera immobilisé une quinzaine de jours pour réparations.

FRED SCAMARONI est transféré à la Société Nationale Maritime Corse-Méditerranée, héritière de la CGTM, le 16 mars 1976.

Remplacé par le nouveau CYRNOS, FRED SCAMARONI est vendu au Danemark, à la compagnie Olau Line Akts pour près de quatre millions de dollars.
Livré à son nouvel armateur le jeudi 31 janvier 1980 il est renommé NUITS SAINT GEORGES pour le service Ramsgate-Dunkerque, où il entre en service le jeudi 15 mai 1980. La société armatrice ayant été liquidée en septembre de la même année, le navire est désarmé à Vlissingen (Hollande).
Il est acheté en novembre 1981 pour 3,6 millions de florins par la Lord Maritime Entreprise d'Egypte et est rebaptisé LORD SINAI.
En 1982, il effectue des rotations entre Suez et Aquaba. Le ferry prend le nom d'AL TAHRA en 1984.
Il est revendu en 1988 à la Samatour Shipping Company (Egypte) et renommé SALEM EXPRESS pour assurer la desserte de Jeddah et Safaga au départ de Suez.

L'ancien FRED SCAMARONI connaît malheureusement une fin tragique le dimanche 15 décembre 1991. Il heurte par mauvais temps des récifs  près de Safaga et coule sous le nom de SALEM EXPRESS faisant 450 morts sur les 654 pèlerins transportés.

 

Mais qui était l’homme qui avait donné son nom à ce bateau ?

 

Fred-Scamaroni portrait

Un résistant natif d'ajaccio. Un capitaine proche de De Gaulle après l’appel du 18 Juin.
Un militaire qui avait pris pour ambition de libérer la Corse du joug italien mis en place sur l’ile par Adolf Hitler.

Dès 1940 la cruauté régnait sur l’ile et les atrocités se succédaient de la part des occupants à l’encontre des partisans corses. L'Italie avait déployé une police d’inquisition qui semait la terreur : L'OVRA, cette police italienne n'avait rien à envier à la Gestapo.
Pour une erreur, par manque de précaution lors d'une transmission clandestine, le radio du réseau de résistance de Fred Scamaroni se fait arrêter. Il est torturé et parle. Fred Scamaroni avec ses lieutenants seront immédiatement emprisonnés à Ajaccio pour y subir les tortures les plus ignobles.
Les bourreaux de Fred Scamaroni savent à qui ils ont à faire et ils lui réservent un sort cruel ; brutalisé, brûlé au fer rouge, les ongles arrachés, il ne connaît le répit qu'entre deux interrogatoires quand il perd connaissance.

Le rapport italien, communiqué après la Libération, retrace son premier interrogatoire :
Fred Scamaroni dit s'appeler Edmond Severi*, être officier français de la Coloniale, né à Alger en 1908.

Fred Scamaroni ne parlera pas : malgré la torture, il se tait et ne révèle rien sur la résistance.

« Vous ne savez pas ce que c'est que l'honneur », dit-il à l'Italien qui lui promet de lui laisser la vie s'il donne des détails sur la Résistance.
Seul dans sa cellule, il écrit sur le mur:
«Je n'ai pas parlé. Vive de Gaulle ! Vive la France ! Ajaccio, le 19 mars 1943.»

Dans la cellule voisine, il y a un autre détenu du réseau, à travers le mur, Fred Scamaroni lui dit : "Tu diras à ma mère, à mes sœurs, que ce n'est pas très dur de mourir et que je meurs content."

Fred Scamaroni a décidé de se tuer pour ne pas risquer de livrer des secrets pendant de nouvelles séances d'interrogatoire. Il n'avait que 29 ans !

Plus tard, un rapport du contre-espionnage italien témoignera:
« Ils lui ont arraché les ongles, ils lui ont mis des morceaux de fer rouge. Il s'est tué avec un fil de fer. Il a fait passer celui-ci à travers la gorge. Trois heures après, il était mort... »

Fred Scamaroni qui a résisté aux pires souffrances sans livrer aucun secret, il a accompli l'ultime sacrifice, de l'agent de renseignements pris par l'ennemi. Il a fait l'admiration de ses tortionnaires. Le procureur militaire italien prononcera ainsi son éloge funèbre :

« Le tribunal ne peut pas ne pas reconnaître que le délit d'espionnage commis par des militaires et pour aider leur propre patrie en armes est un délit honorable pour celui qui le commet, et tel est le cas du capitaine Fred Scamaroni, lequel s'est suicidé pour une idée, poussant jusqu'au sacrifice de sa vie son sentiment du devoir. »

De son côté, l'évêque d'Ajaccio refuse des obsèques religieuses à « L'inconnu qui s'était suicidé ». Le corps de Fred Scamaroni est donc roulé dans une couverture militaire et jeté à la fosse commune par quatre carabiniers en présence d'un aumônier italien.

En janvier 1944, après la libération de la Corse (septembre-octobre 1943), sa dépouille est exposée à la demande du nouveau maire Eugène Macchini dans la cathédrale d'Ajaccio. Ce dernier l'accueillera dans sa propre chapelle familiale du cimetière de la ville natale de Fred Scamaroni, Ajaccio.

Marie-Claire, la sœur de Fred Scamaroni, résistante et femme politique française, a rédigé sa biographie en 1986 sous le titre Fred Scamaroni. Mort pour la France.

En 1953, on pouvait lire dans le deuxième tome des «Mémoires de Guerre du général de Gaulle» :
« Dès 1941, la France libre avait envoyé dans l'île le capitaine Scamaroni avec mission de préparer l'action. Pendant deux ans, Scamaroni avait fait un excellent travail, réussissant à coiffer tous les éléments de résistance, afin qu'aucun parti, qu'aucun clan, ne pût monopoliser à son profit l'effort de tous. C'est ainsi que le Front national, ayant pour chef politique Giovoni, pour chef militaire Vittori, tous deux communistes, avait pris l'attache du délégué de la France libre, comme l'avaient fait, de leur côté, les patriotes moralement rassemblés autour de Raimondi et des frères Giaccobbi, ou bien les équipes formées par d'anciens militaires, telle celle du lieutenant Alphonse de Peretti. Par malheur, le vaillant délégué était tombé aux mains des Italiens qui avaient occupé l'île au lendemain du débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Affreusement torturé, Scamaroni s'était donné la mort pour garder ses secrets. »

6 octobre 2011

Nos toutous marins ont droit aux salons des bateaux.

CORSICA FERRIES S’ENGAGE A ACCUEILLIR LES ANIMAUX A BORD.

 Durant les vacances estivales, de nombreux propriétaires de chiens ont entrepris la traversée entre la France métropolitaine et la Corse en bateau.

Les compagnies telles que Corsica Ferries et SNCM indiquent à leurs clients qu’ils peuvent laisser leurs chiens dans leurs voitures, parquées dans les cales des bateaux.


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En toute confiance, les propriétaires rassurés ont ainsi laissé leurs compagnons à quatre pattes, en prenant soin de laisser de l’eau et les fenêtres ouvertes.

Le trajet s’est terminé dramatiquement pour un cocker, un braque allemand, un boxer, un bouledogue anglais et un bouledogue français. En effet, ceux-ci sont tous tous décédés en raison de la chaleur étouffante.

La Fondation Brigitte Bardot a écrit aux deux compagnies SNCM et Corsica Ferries afin de leur demander de modifier les conditions d’accueil des chiens durant les traversées.
Elle a reçu une réponse de la part de Corsica Ferries qui s’engage à ne plus accorder la possibilité aux voyageurs de laisser leurs chiens dans leur voiture.
Les chiens devront être déclarés et pourront désormais monter à bord.


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Nous ne pouvons que nous féliciter de cet engagement et nous espérons que la compagnie SNCM suivra cet exemple.

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21 mai 2009

Le Cédrat et la Main de Bouddha

S'il est un agrume qui peut être considéré comme endémique à la Corse c'est :
Le cédrat. Le fruit du cédratier, un arbre de la famille des Rutacées.

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Proche du citron, le cédrat est un fruit ovale et verruqueux qui peut mesurer jusqu'à 25 cm de long et peser 4 kg. Sa chair verte ou jaunâtre est acide et peu juteuse, mais son odeur est très agréable.

Trop amer, le cédrat est rarement utilisé frais. Il est surtout vendu confit et utilisé en pâtisserie, en confiserie ou à des fins décoratives. Il est également transformé en confiture et en liqueurs. Les zestes d'écorces sont employés en pâtisserie industrielle.
La Cédratine, liqueur insulaire élaborée à partir de cet agrume, fait la réputation de la Corse dans les découvertes touristiques des estivants.

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Le cédrat est reconnu depuis l'antiquité méditerranéenne pour ses vertus particulières sur l'organisme du corps humain......nos temps modernes nous l'ont fait oublier !

Dans la variété du cédrat il existe celui que la nature a voulu toujours surprenant à l'oeil :
La Main de Bouddha

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26 mai 2009

Restaurant le Pain de Sucre

Le Restaurant "le Pain de Sucre " sur la plage de Ste Restitude, commune de Lumio......une adresse à graver dans son agenda des bonnes adresses.

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C'est d'abord une plage tranquille, puis un point de vue magique face à Calvi......ensuite c'est un Etablissement flanqué là, avec tout son charme pittoresque....

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Enfin, c'est un accueil chaleureux et une cuisine à faire chavirer plus d'un gourmet...dans un décor raffiné à souhait

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......et des spécialités, que ce soit en poissons, en viandes......ou encore en desserts......

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Regardez déjà ce que nous propose le Menu du Soir :

les entrées : 

Langoustines du cap corse, sautées à l'huile d'olive et au citron
Moules au muscat et safran
Verre nordique
Dégustation de thon et vinaigrette à l'huile de basilic
Brochette de mozzarella, huile d'anchois
Salade de mini légumes, sirop de poivrons épicé
Verrine de poivrons grillés au caviar d'aubergine

les pates :

Penne cuites comme un risotto, légumes de saison croquants, liés au pesto
Tagliattelles à l'Arrabiatta, filets d'anchois et copeaux de parmesan

les viandes :

Souris d'agneau confite, semoule aux fruits secs
Magret de canard grillé, polenta crémeuse aux olives noires
Filet de boeuf, fois gras poêlé

les poissons :
(poissons de pêche locale cuisinés selon votre envie) 

Rougets, chapons, daurades, corbs, mustelles, sars, pageots
Langouste
Thon à la plancha, compotée de poivrons au lard paysan
Espadon à la plancha, ratatouille croquante, tomate olive
Risotto de Saint-Jacques aux agrumes  

les desserts :

Aumonière aux poires à la crême d'amande
Baba au rhum
Fondant au chocolat, crême anglaise safranée
Millefeuille aux fraises
Minestrone mangue passion, sorbet orange

Alors ??? Convaincu ??...........Eh bien, réservez vite votre table pour ce soir !!!

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14 juillet 2009

Les figues corses

Le figuier existe à l'état spontané dans tout le bassin méditerranéen, il fut cultivé en Grèce dès l'époque Homérique, en Corse les premières plantations de figuiers apparaissent dans le Cap et en Balagne au cours du Moyen-âge.

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Blanches, vertes, mauves ou violettes, les premières figues, les figues fleurs "i fiuroni" mûrissent en juillet, mais la figue est généralement un fruit de fin d'été.

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Consommées fraîches ou séchées elles étaient destinées à la consommation familiale mais aussi commercialisées. Leurs qualités gustatives, énergétiques, et digestives en font depuis toujours un aliment très prisé.

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Du pain et des figues fraîches pouvaient constituer jadis un en-cas consistant parfois même un repas "pane biancu e fichi maturi, ch'ella dura" se souhaitait-on.

Aujourd'hui elles sont servies en début ou fin de repas avec du jambon ou du fromage fort.

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Cuites en sirop elles calment les maux de gorge. Jadis elles entraient aussi dans la préparation des pâtisseries, où elles remplaçaient le sucre, alors rare et cher. La conservation au sucre, s'est pratiquée tardivement, la confection de confitures s'est réellement répandue à partir de la première moitié du 20° siècle.

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Les figues séchées étaient consommées en guise de dessert ou le soir au cours de veillées. Le séchage était fréquemment pratiqué, il se faisait en plusieurs opérations, les fruits étaient séchés au soleil sur des claies de roseau ou de tige d'anis, dans le Taravo on les mettait à sécher aux fenêtres accrochées à des épines de prunellier ou d'oléastres. Ensuite ils étaient trempés dans une tisane bouillante, composée de sel de feuilles de mais et de cendres, dont la recette variait sensiblement suivant les régions, puis ils étaient à nouveau disposés au soleil. Le séchage se poursuivait ensuite à l'ombre pour que les fruits restent plus souples, et enfin un passage au four terminait la préparation afin d'éviter tout risque de moisissures.

Séchées les figues étaient ensuite déposées dans des corbeilles d'osier ou dans des pots en terre cuite, et parfumées avec des feuilles de laurier, de fenouil ou de pêcher

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25 juin 2014

Il y a un an déjà ! le Tour de France

Il y a un an déjà, le Tour de France cycliste, pour sa 100° édition venait enfin saluer le département de la Corse pour lui offir les 3 premières étapes de son parcours 2013.
Le succès fut à la hauteur de tant d'années d'attente et la Corse déploya ses plus beaux paysages pour se parer de beauté sur toutes les chaines des télévisions internationales.....
Le retentissement médiatique et les engouements pour ce sport connurent un essor évident.

Alors replongeons nous sur quelques photos souvenir...

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