15 décembre 2006

NOEL en CORSE

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NOËL EN CORSE: « FUOCHI, VIGILIA E SICRETI »

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Les Évangiles ne disent rien sur le jour de la naissance du Christ, aussi l'Eglise primitive ne le célébrait-elle pas. C'est à la fin du III° siècle, que l'Eglise d'Occident, adopta le 25 décembre comme véritable date de la Nativité du Christ et l'Eglise d'Orient se rangea plus tard à cette décision. Les autorités ecclésiastiques décidèrent donc de célébrer le 25 décembre car il était coutume chez les païens de célébrer ce jour là la naissance du soleil, ils allumaient des feux en signe de fête, les chrétiens prenaient aussi part à ces réjouissances.
Toute chrétienne qu'elle soit, la fête de Noël garde aujourd'hui encore quelques traces de ce lointain paganisme.

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Les feux de Noël

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Le point culminant de l'Avent se situait durant « a Vigila » la veillée de Noël. Le soir de Noël on retrouvait le rituel largement diffusé de la bûche « u ceppu di Natale », on mettait dans la cheminée autant de bûches qu'il y avait d'individus vivants dans la famille. Si on oubliait une bûche, il pouvait y avoir un mort dans l'année suivante. Au moment de se mettre à table, le père de famille faisait mettre tous ses enfants à genoux autour de la cheminée, avec une feuille de laurier dans la main. Le père de famille tenait de plus, un verre rempli de vin. Lorsque chacun avait pris sa place, il récitait quelques prières et ordonnait ensuite à ses enfants de jeter leur feuille de laurier dans le feu, par rang d'âge, en commençant par le plus jeune. La mère les imitait et, après elle, le père y jetait aussi sa feuille et son vin.

A Bonifacio toute la famille se tenait devant le feu le père avait dans ses mains une assiette où étaient déposés des desserts et un verre de vin, chacun, en commençant par le plus jeune, prenait une friandise et la jetait au feu, pour finir le père vidait le verre de vin dans l'âtre. Ces offrandes étaient accompagnées de prières, et de l'énumération à haute voix de tous les membres de la famille, les morts étant associés aux vivants.

A Bastia, la veille de Noël, on célébrait jadis, le « Cunfocu ».

Le gouverneur de la Sérénissime République de Gènes offrait au palais une collation dite « publique », mais à laquelle n'étaient en fait invités que les corps constitués et les « principaux » de la ville. On y entendait d'abord la lecture des voeux, venait ensuite le Cunfocu à proprement parler : le gouverneur allumait un grand feu de bois  sur lequel il jetait une carafe de vin et un plat de confiseries. Cette cérémonie dura encore jusqu'à la fin de la présence génoise.

Si la fête de Noël est essentiellement une fête familiale, dans certains villages on fait encore un grand feu « u focu natalescu » devant la place de l'église. Jadis le feu devait brûler jusqu'au premier de l'an; ce qui donne une dimension communautaire plus large au rituel et qui n'est pas sans rappeler les feux du solstice d'hiver.

Les enfants du village devaient passer dans chaque maison pour collecter des bûches pour le « focu ». Chaque famille donnait autant de bûches que d’occupants dans la maison en comptant même les défunts. La récompense était d’aller chercher des braises dans le « focu natalescu » pour les mêler à celles de leur « fucone » en guise de protection des esprits maléfiques.

Le repas de la vigile

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Clôturant le temps de l'Avent, le repas de la veille de Noël était toujours maigre « A chi manghia carne a vigilia di Natali, corpu di lupu, è anima di cane »  affirme le dicton.
Le repas de la vigile  n'est pas codifié, on y sert parfois, une soupe de pois chiches ou de haricots on y  ajoutait parfois des pâtes « i tagliarini », en signe de prospérité.

A Carbuccia on commençait par « Da à mangia a u bambinueddu » le geste rituel de donner quelques cuillères de soupe au feu, censées nourrir l'enfant Jésus.

La veille de Noël, à Ajaccio, on mangeait des pâtes cuites avec le bouillon de murène alors que le reste était servi frit et grillé.

A Bastia , on préparait aussi ce jour là, les anguilles grillées frites ou au four. Jadis  des tartanes emportaient vers Naples les grosses anguilles de Biguglia, « e capitoni », aux approches de Noël, les  familles napolitaines en consommaient aussi pour la vigile de Noël.

Mais le plus souvent on se contentait de quelques biscuits, canistrelli ou mustosi  et de fruits frais, nèfles, kakis, oranges, ou secs, amandes, noix, figues ou de quelques châtaignes grillées. Réunis autour du feu en attendant minuit,  on racontait «  e fole » des histoires de fées ou bien on jouait à prédire l'avenir, en jetant  des feuilles d'oliviers ou des grains de céréales dans le foyer brûlant .

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En Balagne, en Castagniccia et dans le Fiumorbu, s'est perpétuée jusqu'au début du siècle dernier la coutume des sept veillées où, les jeunes gens seuls ou en petits groupes, rendaient visite à sept familles. Ils amenaient une bûche, restaient un moment et partageaient les douceurs réservées à la veillée.

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Prières et secrets

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Entre le premier et le dernier coup de cloche, appelant à la messe de Minuit, tout était possible et les forces du mal pouvaient être annulées.
C'était entre le premier et le troisième coup que s'apprenaient « i segni » les « sicreti vardati » . Ce soir là les guérisseuses « signadore » celles qui signaient,  transmettaient oralement les formules des prières magiques qui étaient destinées à « lever le mal »

La famille réunie autour du feu en attendant l'heure du départ pour la messe , disait la prière des morts: « Eiu vi pregu, anima santi, Eiu vi pregu à tutti quanti; Seti stati come noi, si vinara come voi altri; Chi Diu vi dia pace e riposu in u santu paradisu E cusi sia" »

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Après la messe de minuit pour se sustenter et se réchauffer, on faisait griller contre la flamme de la viande de porc fraîche, i figatelli , i sangui natalecci , a rivia....Du vin, des châtaignes rôties, des beignets de courge et un gâteau au brocciu, complétaient ce sommaire repas.

On mettait sur la table un couvert en plus « u piattu di u puvarettu » et les enfants recevaient en cadeau « l'orange de Noël ».

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Noël est précédé de l'Avent, du latin « adventus », arrivée. L'Avent ou Carême d'avant Noël, durait autrefois six semaines environ, il commençait à la Saint Martin ou le lendemain de cette fête. Déduction faite des six à sept dimanches, non jeûnés, il y avait, de la saint Martin à Noël, trente six à trente sept jours de jeûne. Il fut réduit par la suite à vingt jours, il commençait alors le dimanche le plus proche du trente novembre. Suivait la période festive de 13 jours de Noël à l'Epiphanie.

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23 décembre 2006

L'origine du Sapin de Noël

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Les peuples celtes qui considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil, avaient déjà coutume d'associer un arbre à chaque mois lunaire. Ils avaient choisi l'épicéa pour représenter, ce jour là, l'arbre de l'enfantement.

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Au 11e siècle, le monde religieux représentait dans les églises, des scènes appelées Mystères, (dont celle du Paradis) durant le calendrier de l'Avent. Garni de pommes rouges, un sapin symbolisait alors l'arbre du Paradis avec Adam et Eve en hommage à leur canonisation faite un 24 décembre..

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Au cours du 15e siècle, des fidèles chrétiens commencèrent à  en installer, pour leur célébration familiale, dans leurs maisons, la veille de Noël.

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Toutefois, le premier arbre de Noël tel que nous le connaissons, serait apparu en Alsace en 1521.

On parlait alors de décorer les maisons avec des branches coupées 3 jours avant le jour de Noël.

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Cette pratique était répandue en Alsace et dans la région de Bâle. Elle représentait à l'origine l'Arbre d'Eden dans les mystères joués la veille de Noël sur les bords du Rhin. Pour le décorer, on attachait des pommes à ses branches.

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En 1546, on parle sérieusement d'arbres de Noël quand la ville de Sélestat en Alsace autorise ses habitants à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la St Thomas, le 21 décembre.

Des roses, symbolisant la Vierge, faisaient partie de leur décoration, ainsi que des pommes, des confiseries et des petits gâteaux qui ressemblaient à des hosties.

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Les pommes y avaient toujours une valeur symbolique, en référence à l'ancien calendrier des saints, où le 24 décembre était réservé à Adam et Eve.

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A l'époque toutefois, l'Eglise considérait l'arbre de Noël comme une pratique païenne.

En effet, avant que la fête de Noël existe, il se pratiquait déjà un rite païen lors du solstice d'hiver où l’on décorait un arbre, symbole de vie, avec des fruits, des fleurs et du blé.

Plus tard, on accrocha une étoile à son sommet, symbole de l'étoile de Bethléem qui devait guider les Rois Mages.

Dès lors ce geste conquit peu à peu les communautés protestantes d'Allemagne du nord et celles des grandes villes et le sapin de Noël occupa une place de choix dans les églises des deux religions.

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En France, l'arbre de Noël fut introduit à Versailles en 1738 par Marie Leszczynska, épouse du roi Louis XV.

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Au 18e siècle, la coutume du sapin décoré était déjà bien implantée en Allemagne, en Autriche et même en France. 

Une gravure de 1806, représente un sapin décoré avec des petits personnages, des animaux, des oiseaux et des gâteaux découpés.

En 1837, Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans, d'origine allemande fit décorer un sapin au Château des Tuileries, pour les fêtes de Noël.

En 1841, le prince Albert (originaire d'Allemagne), époux de la reine Victoria, fit dresser un arbre de Noël au château de Windsor, en Angleterre.

La mode du sapin de Noël se répandit alors rapidement chez la bourgeoisie britannique et se propagea ensuite chez les gens du peuple.

À l'époque victorienne, un beau sapin de Noël devait avoir six hauteurs de branches et être posé sur une table recouverte d'une nappe de damas blanc. On le parait de guirlandes, de bonbonnières et de fleurs en papier.

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On commença bientôt à voir des premiers sapins illuminés.

Comme la cire était coûteuse, on plaçait des coquilles de noix remplies d'huile à la surface de laquelle une petite mèche flottait ou des chandelles souples que l'on nouait autour des branches. Les premières bougies furent fixées au bout des branches des sapins au moyen de cire ou d'épingles. Arrivèrent par la suite les petites lanternes et les petits bougeoirs facilitant l'installation des chandelles.

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En France, cette tradition se généralisa dans tout le pays après la guerre de 1870.

Les émigrés de l'Alsace-Lorraine occupée firent largement connaître la tradition du sapin à tous les français; on disait : "Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël".

A la fin du 19e siècle tout le pays l'avait adopté.

Il fit ensuite son apparition aux Etats-Unis, à la Maison Blanche.C'est à partir de 1880 qu'on a pu y voir les premières décorations avec des ampoules électriques. 

Mais c'était tout de même rare car, à cette époque, le prix d'une guirlande d'ampoules représentait un salaire hebdomadaire moyen.

Jusque dans les années 1950 c'est l'Allemagne et les pays d'Europe de l'est qui restent le coeur de production des ornements d'art.

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Les artisans y travaillaient de nombreux matériaux comme le verre soufflé, filé, moulé, le métal, la cire et le bois. 

On fabriquait aussi des petits personnages en coton, des cheveux d'anges métalliques (origine lyonnaise).

La boule de Noël qui décore aujourd’hui nos sapins, est née en 1858, à Meisenthal en Moselle.

Jusqu’alors, traditionnellement, on y accrochait toujours des pommes mais en 1858, l'hiver fut si rigoureux qu'il n'y eut plus de fruit. Un artisan verrier eut l'idée pour donner quand même l’illusion, de créer des boules représentant des pommes et autres fruits.

La boule de Noël était née.

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Les bougeoirs à pince firent ensuite leur apparition vers 1890. Quant aux globes de verre et aux lanternes, ils furent créés entre 1902 et 1914 avec les guirlandes de papier brillant puis les guirlandes électriques, moins dangereuses que les chandelles.

Depuis, les innovations se sont succédées jusqu’à remplacer l’arbre naturel par un sapin artificiel, en rajoutant des guirlandes musicales et des décorations ciblées par des styles toujours nouveaux.

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29 août 2007

La journée du 15 août

Chaque année Calvi, comme partout sur l'ile, fête l' Assomption. Cette célébration avant tout religieuse, est vouée à la Vierge Marie, Sainte Patronne de la Corse.

La tradition perpétuée depuis des siècles, se traduit par des processions à travers chaque ville et village où la ferveur de la foi va de concert avec les rites locaux au travers de bannières, confréries et autres représentations quelques fois païennes qui opposent les chants religieux exprimés en langue corse ou en latin, aux explosions sonores des armes à feu.

Pour Calvi, la journée du 15 Août est l'occasion de méler les traditions au flux moderniste des vacanciers et touristes de toutes nationalités. Ainsi le cortège serpente dans les rues de la ville, jusqu'à onduler parmi les terrasses des bars du port.

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Le soir, en revanche est laissé à l'expression d'une tradition de fête touristique à souhait avec le lancement du feu d'artifice qui embrase avec beauté la silhouette de la citadelle, auréolée de tant de panache. Ce spectacle pyrotechnique est, pour bon nombre, l'aboutissement final de semaines de vacances méritées, avant de rejoindre le continent ou son travail. Pour d'autres il symbolise un cap dans l'accomplissement d'une saison estivale rondement menée. Dans tous les cas ce feu d'artifice est le rassemblement de tout un ensemble de spectateurs descendus des villages de Balagne, venus de leurs locations ou de leurs campings pour, depuis la plage ou depuis les quais du port, ou encore depuis leurs bateaux, assister à ce spectacle annuel toujours fidèle dans sa féérie et toujours plus beau d'année en année.

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En cliquant sur le lien ci-dessous vous pourrez voir un extrait du bouquet final du spectacle de ce 15 Août 2007...

http://www.dailymotion.com/swf/5BXULTR9XpVWkka9D

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12 décembre 2007

Aghja et tribbiera

Quand nous regardons nos montagnes, quand nous regardons les abords de nos villages de Balagne, de Castagniccia, du Niolu, ou d'ailleurs, nous voyons encore les stries laissées par le temps. Des rides creusées dans la pente à la sueur des hommes comme les marches d'un escalier immense conduisant vers les sommets. Autant de traces d'un travail gigantesque laissées par nos ancêtres, nos grands pères ou même nos pères pour délimiter des parcelles de cultures, des jardins, des vergers ou des parcs à bétail. Aujourd hui, la nature, inlassablement gagne des batailles en recouvrant de son maquis les efforts consentis par tant d'hommes à l'époque où la terre était pétrie comme une pâte pour donner son meilleur blé arraché à la sècheresse des pierres et cailloux sans cesse éloignés du soc de l'araire. De ces pierres, on en faisait des murs de soutien contre les orages des mois d'août ou des marches pour les sentiers des muletiers.
Tout autour des villages, les paysans travaillaient en choeur et au plus haut des montagnes on y battait le blé.....

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Sur l'AGHJA (l'aire de battage du blé) on pratiquait A TRIBBIERA (la séparation du grain de l'épi) à l'aide de boeufs ou de mulets que l'on faisait tourner en rond entrainant derrière eux une souche de bois ou une pierre appelée U TRIBBIU. De cette tradition montaient des chants de circonstance, des paghjelle centenaires. Le travail était stimulé par la gaieté et l'entraide d'un peuple paysan en quête de survie dans une existence d'autarcie......
...Et puis les temps ont changé avec les guerres, les morts au front, les veuves incapables de poursuivre ces lourds travaux, la grippe espagnole et enfin, le modernisme du progrès et la désertification des villages........
Aujourd'hui, il ne reste plus rien sinon que ces vestiges battus par les vents......mais, au détour d'un chemin, elle se dessine, l' AGHJA !
Toujours là ! Fière de témoigner qu'autour d'elle, jadis, des champs de blé berçaient au vent leurs épis gonflés pour des farines salvatrices de la faim, quand les moulins à eau, dans le fond des vallées ronronnaient du doux bruit de leurs meules.
C'est toujours une émotion de fouler son aire de pierres plates quand on se laisse envahir par l'atmosphère qu'elle dégage encore. Même la nature la contourne pour ne pas l'engloutir et la faire disparaître à jamais..... L' Aghja...
....Ecoutez encore les clameurs de ses chants qui résonnent :
I Chjami d'Aghjalesi !

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Paroles et traduction d'un chant traditionnel intitulé TRIBBIERA

0 tribbiate, li bon’boi
È tribbiemu voi è noi
Chì lu granu tocca à noi
Ma la paglia tocca à voi.

0 gaspura, o gaspura !
Chì la paglia torni pula
,
Torni pula è torni granelle,
Ne feremu pane è bastelle o o o !

Via via, via via !
Vinti solli fà una lira,
Una lira fà un francu,
Veni è tribbia chi sò stancu o o o !

Volt'è gira è voca tondu
Chì lu tribbiu pigli fondu ;
Pigli fondu è pigli cima,
Volt'è gira cumè prima.

Battez le blé, les bons boeufs,
Travaillons ensemble
Car le blé est pour nous
Mais la paille est pour vous.
Sécheresse, ô sécheresse !
Que la paille devienne poussière,
Devienne poussière et devienne blé.
Pour faire des pains et des fouaces ô, ô, ô…
En avant, en avant !
Vingt sous font une lire,
Une lire fait un franc,
Je suis épuisé, vient me remplacer ô, ô, ô…
Tourne et vire et tourne en rond
Que le « tribbiu » aille au fond,
Au fond et sur le dessus,
Tourne et vire comme avant.

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24 janvier 2008

U Boziu

L'hiver, dans les montagnes corses de la Castagniccia, les bergers du Boziu se retouvent pour partager le repas autour du "fugone" dans un échange de charcuteries, pulenta et beignets à la farine de châtaigne. Ainsi, les longues journées de brouillard et de neige se font oublier lorsque les coeurs s'unissent dans les chants de paghjella, l'odeur du feu de bois et le plaisir du verre trinqué en se racontant les dernières parties de chasse au sanglier.

Pour réaliser ce diaporama A Rustaghja a emprunté les photos originales des "Bergers de Castagniccia" exposées sur le site www.corsetour.eu et en remercie les auteurs pour leur accord.
Retrouvez également ce site dans la liste des "liens amis" sous la rubrique:

La Corse en photos - Corsetour

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24 février 2008

U Spuntinu

S'il est un moment privilégié dans une journée de randonnée, après une partie de chasse ou de pêche, ou tout simplement entre amis.....c'est le Spuntinu !

C'est à dire ce moment sympathique et convivial où chacun, regroupé sur un muret en guise de table de fortune ou au bord d'une fontaine, va ouvir son couteau pour tailler le pain avant d'ouvrir ses paniers et trancher dans la charcuterie du pays.

Eh oui !! U Spuntinu c'est le pique nique, le casse croûte, l'en-cas, où les senteurs se mélangent avec enchantement autour des fromages et des Lonzu, Coppa, Figatelli et prizuttu...

Alors asseyez vous avec moi, prenez votre serviette, ouvrez votre couteau....et servez vous !

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Coppa

Lonzu

pancetta

prizuttu

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fromage

....Allez !.....maintenant ....une bonne sieste hein ? ....A dopu ! A prestu !

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06 avril 2008

U Fucone

Le temps court et les images s'estompent...Bientôt les souvenirs vécus prendront place dans des livres d'histoire où l'on retrouvera des éléments illustrant la vie ancestrale de nos villages de montagne....et pourtant ce n'est pas si loin....
Qui de nous peut encore se rappeler de nos maisons familiales ou derrière des fenêtres étroites aux volets intérieurs toujours à moitié fermés, on vivait dans la pénombre.
Qui peut encore se rappeler de ces pièces aux pierres apparentes noircies par la fumée de temps d'années et où, au dessus de nos têtes, sèchaient les châtaignes de la dernière récolte.
Qui peut encore se rappeler de ces odeurs de bois mêlées à celles de nos charcuteries encore fraîches, pendues sous le séchoir et à celle d'une bonne soupe de légumes mijotant lentement sur le feu.
Qui peut se rappeler de ces hivers où les hommes au visage buriné par les saisons et le dur labeur se reposaient en façonnant et sculptant dans le buis, des couverts à servir, des ronds de serviettes personnalisés ou encore des pipes devenues de véritables articles d'art.
Toutes ces scènes du passé sentent bon le feu de bois......Elles sentent bon " u fucone " où tout le monde se regroupait, enfants et anciens, pour regarder crépiter lentement le morceau de hêtre qui nous apportait cette chaleur si douce aux coeurs.

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24 février 2009

A Pulenda

A Pulenda ou la polenta de farine de châtaignes au coeur de la Castagniccia en Corse. Une recette, vieille comme son île et qui se transmet de génération en génération. D'autres diront "le pain du pauvre" ou "le pain corse". Il est vrai qu'il a longtemps eu ce rôle pour les familles montagnardes de Castagniccia, mais pas seulement. La farine de châtaigne, cuisinée sous toutes ses formes, remplissait son devoir nourrisseur, du plat de consistance jusqu'au dessert et à chaque fois c'était un rituel autour du fucone, comme une fête pour ces longues veillées d'hiver enneigé.

La recette de la Pulenda

Il faut d'abord compter 1 kg de farine de châtaigne pour 2 l d'eau avec 3 pincées de sel.
Vous devez prendre une "paghjola" (un chaudron) pour verser les 2 litres d'eau et les pincées de sel.Vous mettez le tout sur le feu pour porter à ébullition.
Quand l'eau bout, versez-y, en pluie, la farine que vous aurez préalablement tamisée. Munissez vous alors du "pulendaghju", un bâton de bois de châtaignier d'un mètre environ, pour tourner la pâte énergiquement en retirant de temps en temps la paghjola du feu.

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Délayez et remuez l'ensemble en tournant sans cesse le pulendaghju pour éviter la formation de grumeaux. Maintenez alors la préparation à feu doux.Faites vous aider de deux bras forts et puissants pour tenir bloquée la paghjola qui aura tendance à vouloir suivre le mouvement.

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La pulenda sera prête et considérée cuite quand la pâte fera une boule autour du pulendaghju et se décollera de la paghjola. Il faut compter environ de 15 à 20 minutes.

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Alors vous devez bien décoller toute la pâte à l'aide d'une spatule, tant des bords de la paghjola que du pulendaghju. Laisser reposer le temps que la pulenda respire et renversez la boule obtenue sur un linge fariné (grande serviette ou torchon).

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En roulant la boule dans ce linge, donnez lui la forme d'un gros pain allongé pour pouvoir couper la pulenda en tranches.
Pour celà, prendre de la ficelle de cuisine d'une longueur de 30 centimètres environ, nouez une extrémité au petit doigt de votre main gauche qui soutiendra la boule de pulenda posée sur votre avant bras et, avec votre main droite tenant l'autre bout de la ficelle, faites un cercle autour de la pulenda pour en couper des tranches de 1 à 2 centimètre d'épaisseur que vous déposerez sur votre linge fariné ou sur un plat de service.

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La pulenda se mange chaude ou tiède en accompagnement de figatelli cuits au feu de bois, d'oeufs frits à la poêle avec des tranches de panzetta ou de brocciu bien frais.

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La pulenda se mange encore en accompagnement de viandes cuites en sauce.
Froide, les tranches se font aussi réchauffer à la poêle pour prendre un croustillant encore plus savoureux pour le lendemain.

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Et pour conclure cette recette de cuisine de la farine de châtaigne corse, je vous donne une adresse de qualité pour vous procurer l'ingrédient de base pour réaliser une bonne pulenda.

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CASTAGNA DI VALLERUSTIE
Jean-Paul Vincensini et Fils
exploitants
20244 SAN LURENZU

(voir le site en cliquant sur Castagna di Vallerustie dans les - liens amis - colonne de gauche du blog)

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13 avril 2009

La Brioche de Pâques Corse

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Il est de tradition insulaire, depuis des temps, de confectionner, à l'occasion de Pâques, cette couronne de patisserie enchâssant de sa pâte en croisillon des oeufs durs que les enfants convoitaient avec le bonheur de déguster un véritable trésor. Il y avait, dans cette couronne, autant d'oeufs qu'il y avait d'enfants sous le toit familial.....

En voici donc le recette:

  • 500 g de farine
  • 50 g de beurre mou
  • 13 cl d'eau
  • 1 sachet de levure de boulanger
  • 1 cuillère 1/2 à café de sel
  • 80 g de sucre
  • Le zeste râpé d'une orange
  • 4 oeufs

Pour la dorure

  • 1 jaune d'oeuf
  • 1 c à s de sucre
  • 1 c à c de lait
  1. Mettre dans un saladier, la farine, la levure, le sel, le sucre et le beurre.
  2. Pétrir pour répartir le beurre dans la farine.
  3. Ajouter l'eau et le zeste.
  4. Pétrir 20 mn jusqu'à obtenir une pâte souple et homogène.
  5. Former une boule et laisser lever dans le saladier recouvert d'un torchon pendant 2 h.
  6. Pétrir de nouveau 1 mn pour chasser l'air et prélever 100 g de pâte.
  7. Former une boule avec la pâte restante.
  8. Avec les doigts creuser un trou au milieu de la boule et écarter la pâte pour former une couronne.
  9. Disposer les oeufs sur la couronne en enfonçant légèrement pour former un creux.
  10. Avec les 100 g de pâte façonner un long boudin et couper en 8 morceaux égaux.
  11. Avec 2 morceaux former des croisillons pour maintenir un oeuf sur la couronne.
  12. Procéder de la même façon pour les 3 autres oeufs.
  13. Poser sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé et laisser lever 50 mn.
  14. Pendant ce temps, préchauffer le four à 210° pendant 20 mn avec une coupelle d'eau posée sur la sole.
  15. Dorer au pinceau et enfourner pendant 25 mn.
  16. Couvrir d'un papier aluminium et poursuivre la cuisson pendant 15 mn.

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On trouve également cette brioche pascale sous les noms de campanella et caccavellu.

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23 mai 2009

Un porte bonheur corse

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