28 juin 2007

Et si la Corse...

...n'avait jamais quitté les contreforts de l'Estérel !

En complément de la rubrique "Méditerranée" dans la catégorie "Mer" qui retrace la naissance de notre mer "entre les terres" ou notre "Thalassa" , avec ses assèchements dus à la fermeture du détroit de Gibraltar qui l'abreuvait de ses eaux océanes, qu'en était -il de notre Corse il y a de cela ....20 millions d'années ?

Eh bien la Corse, la Sardaigne, la Sicile et la "botte" italienne étaient blotties contre notre Provence actuelle et notre Côte d'Azur !

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Sur cette succession de 4 plans représentant 30 millions d'années, nous voyons bien la Corse et la Sardaigne en couleur jaune vif, s'écartant régulièrement du continent pour prendre leurs positions définitives matérialisées dans le plan ci-dessous (M : Marseille - N: Nice - G: Gênes)

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C'est avec les mouvements des plaques tectoniques plaçant progesssivement l'Europe face au continent africain que, aux cours de millénaires successifs, d'éruptions volcaniques, en failles ouvertes et autres plissements montagneux, la Corse et l'ensemble italien se sont détachés du continent pour aller, chacun dans sa dérive, se positionner au beau milieu de la mer Méditerranée.

Effectivement c'est dans la période du miocène que l'ouverture de la dorsale méditerranéenne va séparer la Corse et la Sardaigne de la Provence.

On peut voir encore de nos jours que les formes de ces îles s'emboitent bien dans la découpe des côtes de Provence. La séparation s'est faite par une rotation avec une ouverture en ciseaux ou en triangle par rapport au continent.

Ainsi la Corse est constituée de plusieurs de ses zones :

- La zone occidentale (Porto - Ajaccio) au sol hercynien (roches métamorphiques avec plutons granitiques) est semblable au Massif des Maures de la région de : La Mole - Golfe de St Tropez

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            vue de Ramatuelle (Var)                                          vue de Cargèse

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         vue des environs d'Agay (Var)                                         vue des calanche de Piana

- La zone de Porto-Vecchio avec ses dykes de rhyolite semblables à ceux de l'Estérel comme on les retrouve vers le Monte Cinto appartenait à la région de : St Raphaël - Agay

- Le Cap Corse se greffe entre la région de Gênes et Menton où l'on retrouve les mêmes ophiolites expliquant les traces d'amiante que l'on trouve encore.

- Le cortenais est construit sur des nappes de charriage correspondant aux terrains du briançonnais

- la zone de Bonifacio, faite de grès calcaires d'origine méditerranéenne amoncelés par des torrents continentaux, avec des stratifications obliques nées du rift continental et typiques de la sédimentation deltaïque correspond aux régions des Alpilles - Cassis - La Ciotat.

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        vue de Cassis   (Bouches du Rhône)                           vue des environs de Bonifacio

...et si la Corse n'avait jamais quitté l'Estérel......

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06 octobre 2007

Honneur et Fidélité

Calvi est connue dans le milieu militaire français, pour compter dans sa population, l'effectif des troupes du 2° Régiment Etranger Parachutiste. Le 2°REP, Corps d'élite déployé partout dans le monde et répondant, sur le champ, aux éventuelles décisions gouvernementales, d'actions humanitaires ou de protection pour les ressortissants français ou européens piégés à l'étranger est la fierté nationale exprimée chaque 14 juillet sur les Champs Elysées. Il faut ainsi se rappeler de l'opération du Zaïre et de Kolwezi en particulier, du Liban et de ses nombreux engagements sous le casque bleu de l'ONU.

Aussi certains de ces soldats anonymes, souvent sans famille ou sans plus d'attaches d'origine, ont choisi Calvi comme terre de repos éternel. Au cours d'actions ou de campagnes guyanaises ou africaines ils ont du donner leur vie pour la France. Sur leur volonté les dépouilles de ces hommes sont revenues en Corse pour reposer dans un petit coin du cimetière dominant la citadelle. Sur une stèle, la Corse leur rend hommage en les prenant sous son aile avec cette simple phrase gravée dans le marbre "Enfants adoptifs de Calvi".......Pensez à eux et, à l'occasion de promenades ou de recueillements sur vos tombes familiales, réservez leur une minute pour vous incliner devant ces carrés de pierres blanches....

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Lady Rose

Dorothy Carrington. Comment ne pas rendre un éternel hommage à cette femme extraordinaire. Lady Rose, anglaise épouse du peintre Francis Rose, plus grande ambassadrice et amoureuse de la Corse.

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portraits de Dorothy Carrington

Dorothy Carrington est née le 06 Juin 1910, comme une date prémonitoire d'un futur débarquement libérateur. Elle, justement, fuyant les périodes infructueuses et néfastes de cette seconde guerre mondiale, débarquera en juillet 1948 en Corse, au port d'Ajaccio. Elle est belle et jeune et accompagne son mari, l'artiste Francis Rose. Mais ce jour là sa fascination fut telle qu'elle tomba subjuguée par la beauté de l'Ile. Elle dira "lorsque j'ai vu du bateau par lequel j'arrivais, surgir cette ile sortie de la mer, j'ai été fascinée par autant de beauté et je suis immédiatement tombée éternellement amoureuse de la Corse"  Elle savait du même coup que sa vie s'installerait pour toujours sur ce lieu. Son mari, aux moeurs désarmant, s'éloignera d'elle. Seule alors, elle sillonnera la Corse, de route en chemin, de village en maison, de pension en hôtel pour comprendre et apprendre la corse et ses habitants. Tout l'attirera dans ses années 1950 à 1960. Elle prendra des tonnes de notes, fera des croquis de tout et photographiera autant. Elle s'orientera ainsi vers la littérature et rédigera bien vite ses premiers documents en faveur de l'histoire napoléonienne mais surtout de la famille Bonaparte. Puis elle rédigera un livre relatant la Corse comme elle l'avait ressentie et aimée. Ses oeuvres, boudées peut être de son vivant, sont désormais considérées comme d'authentiques références à l'histoire contemporaine de notre Ile.

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Lady Rose dans les années 50

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Dorothy Carrington fêtant ses 90 ans

Dorothy Carrington, l'insulaire plus connue sous le nom de Lady Rose s'est éteinte le 25 Juin 2002 à l'âge de 92 ans. Elle repose désormais au cimetière marin d'Ajaccio, face à la mer qui l'a vue arriver de son Angleterre natale, un certain juillet 1948. Tous nos hommages à jamais reconnaissants, Lady.

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une des éditions de Dorothy Carrington chez Arthaud

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En Octobre 2006, au Festival International du Son et de l'Image de Porto Vecchio, Emmanuelle FRANC a présenté son documentaire sur Dorothy CARRINGTON. Ce film, produit par Paul ROGNONI, retrace la vie de Lady ROSE autour d'une interview exclusive et de documents illustrant toutes ces années de découverte de la Corse. Les anecdotes relatées par l'historienne sont à la fois, captivantes, pittoresques et même croustillantes. Un documentaire excellent pour imager la vie bien remplie de cette grande Dame.

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10 février 2008

Bons au Porteur

Dans "l'entre deux guerres" de nombreuses actions bancaires et financières ont été lancées pour obtenir des fonds permettant le développement rapide de grands et petits projets.
Ainsi, des épargnants de toute taille ont pu devenir actionnaires en achetant des Parts, des Actions ou autres Bons du Trésor.

De cette façon, il a été lancé un projet d'aménagement de Calvi nommé "Calvi Plage". Des épargnants ont donc acquis des Bons au Porteur pour financer ces travaux en espérant recevoir en échange, des valeurs décuplées par l'exploitation des structures construites au profit du tourisme naissant.

Voici donc un exemplaire des Bons au Porteur mis en vente à l'époque (1927)

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A cette époque toujours, la régionalisation ou "la marginalisation" de la Corse a permis de voir frapper des monnaies transitoires élaborées aux effigies et armoiries à la Tête de Maure par les Chambres de Commerce locales.
En voici quelques exemples....

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16 novembre 2008

Quand le Phare de la Revelatta était habité....

Cette carte postale du passé, issue des éditions Pascal Orsini, nous rappelle que le phare de la Revelatta a eu ses gardiens.....jadis.

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24 novembre 2008

Marie Walewska (1786-1817) ou l'amour de Napoléon

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Ci-dessous, Marie Walewska, alors toute jeune Comtesse polonaise de 19 ans, raconte elle même dans un récit autobiographique comment eut lieu sa première rencontre coup de foudre avec Napoléon Bonaparte, donnant ainsi naissance à une profonde histoire d'amour qui durera près de 10 ans.

Les rumeurs concernant l'arrivée prochaine de l'empereur Napoléon s'amplifiaient constamment. L'attention de tous et chacun se tournait vers le grand homme et la crise politique, dans l'espoir qu'il réglât cette dernière en faveur de la Pologne.

Cherchant à toucher son cœur, la population manifesta son patriotisme de diverses manières. Cet émoi m'emporta au même titre que les autres et, conséquemment, je pris une décision irréfléchie. Accompagnée d'une cousine, je partis à sa rencontre pour tenter de l'apercevoir. Cette imprudence allait changer ma destinée.

Vêtues de costumes simples, ma cousine et moi montâmes dans un fiacre dès que les courriers annoncèrent que sa Napoléon Bonaparte n'était qu'à une étape de Blonie. Je plongeai sans réfléchir dans cet enthousiasme, cet emportement frénétique qui s'emparait de tous. Chaque citoyen polonais désirait montrer ses sentiments à l'homme que l'on considérait déjà comme le sauveur de notre patrie.

La route était encombrée de troupes, de bagages, de courriers. Notre fiacre gardait difficilement son équilibre. En dépit de tout, nous poussâmes le cocher à se hâter.

Les questions fusaient sans cesse. « L'Empereur est-il encore loin ? », demandions-nous constamment. À notre arrivée à Blonie, nous vîmes une foule très nombreuse et des chevaux de relais piaffant d'impatience. Tout cela, naturellement, indiquait l'arrivée imminente de Napoléon.

Comme nous étions deux femmes seules, sans un homme pour nous protéger, nous fûmes pressées, poussées et presque étouffées. Dans cette situation désespérée et dangereuse, je craignis de ne point voir le triomphe qui me tenait tant à cœur. C'est à ce moment que nous entendîmes le bruit de son fiacre et les acclamations de la foule venue l'accueillir.

Profitant d'un instant de silence, je lançai un cri de détresse à un officier français de haut rang devant qui la foule s'écarta. Je tendis les bras vers lui et criai en français d'une voix suppliante : « Ah Monsieur, aidez-moi à me dégager d'ici et laissez-moi le voir, ne serait-ce qu'un instant ! »

Il me vit et, souriant, prit ma main et mon bras. À ma grande surprise, il me conduisit à la porte même de la voiture de l'Empereur. L'Empereur était assis près de la fenêtre et ce galant officier nous présenta en disant : « Voyez, sire, cette belle dame a affronté les dangers de la foule pour vous. »

Napoléon se pencha et souleva son chapeau en disant des paroles que, dans mon émoi, je ne compris point. Je parvins à articuler, d'une voix entrecoupée : « Soyez le bienvenu, mille fois bienvenu dans notre pays. Nous ne pourrons jamais exprimer avec assez de force toute l'admiration que nous éprouvons pour vous ainsi que notre joie de vous voir sur la terre de nos pères. Nous attendions que vous vinssiez nous sauver. »

J'étais comme en transes, mais l'éclat de mes sentiments se traduisit facilement en mots. Timide comme je suis, comment y étais-je parvenue ? Je ne sais pas. Et comment avais-je trouvé la force d'exprimer ma pensée ?

Je remarquai que Napoléon m'observait attentivement. Il prit un bouquet dans le fiacre et me l'offrit en disant : « Gardez ces belles fleurs en gage de mes bonnes intentions. Nous nous reverrons, je l'espère. Peut-être à Varsovie où j'attendrai que vous veniez me remercier. »

L'officier haut gradé retourna rapidement à son siège au côté de l'Empereur et la voiture s'éloigna rapidement. Mais le grand homme continuait de me saluer du chapeau.

Je restai immobile, à le regarder disparaître au loin, mes mains serrant le bouquet contre mon cœur, mon esprit empli de mille nouvelles pensées. Je me souviens d'avoir pensé : « Est-ce un rêve ? Ai-je réellement vu et parlé au grand Napoléon, le grand Napoléon qui m'a donné ce souvenir, si flatteur pour mes espérances, un gage qui vaut plus à mes yeux que toutes les richesses du monde ? » Ma compagne me donna des coups de coude et me poussa pour me ramener à la réalité.

Nous quittâmes Blonie, n'atteignant la maison que tard en soirée. Je me mis au lit épuisée d'émotions, mais comblée de bonheur.


J'appris que l'Empereur avait dîné avec le comte, qui avait invité l'élite des dames de haut rang. Merveilleusement belles et spirituelles, elles faisaient honneur à notre pays en déployant leur charme radieux. Quant à moi, satisfaite d'avoir fait mon devoir patriotique bien avant les autres, flattée d'avoir retenu son attention pour un moment et d'avoir reçu de lui une promesse précieuse et un gage, je restai assez modeste pour cacher mon triomphe, le savourant en silence et dans la solitude.

Mais ma compagne agit bien différemment. Elle ne garda point notre secret. Un matin peu après, j'étais à peine levée que je reçus un message d'un des plus importants gentilshommes de notre communauté, me demandant le moment le plus opportun pour me rendre visite. Vivement étonnée d'une requête si matinale, je lui fis répondre que je le verrai à midi.

Il se présenta à l'heure dite et s'adressa à moi dans les termes les plus avenants et fervents.

« Madame, je suis venu vous demander pourquoi vous ne vous êtes pas prévalue de l'occasion d'accepter l'admiration de notre auguste invité, puisque vous êtes l'une des plus belles fleurs de notre pays. Sans mentionner le plaisir que j'aurais moi-même éprouvé à vous voir de près. Dorénavant, nous devrions nous dévouer entièrement à rendre plaisant et agréable le séjour de ce grand homme sur qui se fondent tous nos espoirs. C'est pourquoi je suis venu vous implorer de ne plus vous cacher, et d'accepter une invitation au bal que je donnerai chez moi. Je présume que vous n'avez pas besoin d'être annoncée. »

Il sourit et ajouta : « Nous savons tout, Madame. »

J'étais assez déconcertée par son rire espiègle, je rougis. Je ne voulais pas montrer que j'avais compris ce qu'il insinuait.

« Allons, allons, trêve d'humilité. Ne cachez plus votre charme. Votre secret a été trahi et je vous dirai comment j'ai fait pour connaître votre brillante conquête. Vous devez savoir que jeudi soir dernier, il a dîné au palais. Le comte avait placé autour de la table les plus belles et plus brillantes dames de notre société. L'empereur a été charmant avec chacune d'elles, mais nous avons remarqué que son attention se fixait plus particulièrement sur la jeune princesse. Heureux d'avoir perçu ce qui semblait une préférence, nous lui avons offert le plaisir de la voir à toutes les festivités données en son honneur. Mais, imaginez ma surprise quand un des officiers de Napoléon me dit : « Il faut admettre que vos dames sont remarquablement supérieures sous tous les angles. Quand l'Empereur est revenu de la réception l'autre soir, il m'a confié ceci : 'N'avez-vous pas remarqué, Duroc, que les plus belles fleurs auraient pâli en comparaison de cette assemblée de femmes attrayantes... mais qu'est-il arrivé à la jeune femme à qui j'ai remis le bouquet à Blonie?' Je regrette encore de ne pas l'avoir trouvée. »

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La comtesse Marie Walewska (née Laczinska) est née en 1786. À l'âge de 18 ans, elle se marie au comte Athenase Walewski, de plusieurs années son aîné. Elle lui donne un fils en 1805.

Durant l'occupation de la Pologne par les Français, elle rencontre Napoléon et est poussée par ses amis patriotes à devenir sa maîtresse, ce qu'elle est peu disposée à faire de primes abords. Cependant, elle donne finalement son accord, espérant influencer l'Empereur pour qu'il traite la Pologne avec justice.

Mais Napoléon et la comtesse tombent éperdument amoureux l'un de l'autre et la comtesse devient sa compagne fidèle et aimante. Le 4 mai 1810, elle lui donne un fils, Alexandre Walewski, qu'il fait comte et à qui il laissera plus tard des biens importants, y compris la propriété d'un immeuble au n° 48, rue de la Victoire à Paris, lequel sera une source de revenus pour la mère.

Marie Walewska demeure fidèle à Napoléon jusqu'à son exil à Sainte-Hélène. En septembre 1816, elle se marie à un cousin éloigné de Napoléon, le comte Philippe-Antoine D'Ornano. Malheureusement elle meurt en couches en 1817 à l'âge de 31 ans et son cœur est placé dans la crypte des d'Ornano au cimetière du Père Lachaise. Son corps sera ramené en Pologne. Après la mort de la comtesse, son fils, le comte Alexandre Walewski, effectue de solides études, étant devenu le pupille de son frère, un officier de l'armée française. Plus tard, il s'allie aux Orléanistes, joint la Légion étrangère et sert en Afrique du Nord. C'est à cette époque qu'on lui accorde la citoyenneté française.

À son retour en France, il devient ami et collègue d'Adolphe Thiers. Il est nommé ministre à Copenhague juste avant le coup d'état de Louis Napoléon. Toutefois, avant même qu'il n'entre dans ses fonctions, le nouveau gouvernement nomme le comte Walewski ministre à Londres, où il œuvre à la réalisation de l'entente diplomatique entre les deux gouvernements. Cette entente conduira à la visite de Louis Napoléon en Angleterre et à celle de Victoria en France. En Angleterre, le comte Walewski se marie avec Catherine-Caroline Montague, dont le père était le sixième duc de Sandwich. Elle meurt en couches.

Au cours d'une affectation diplomatique à titre d'ambassadeur en Italie, le comte Walewski se remarie à une Italienne, Marie-Anne de Ricci, dont la famille était reliée au Prince Poniatowski. Leur fils, lieutenant-colonel de l'armée française, meurt au cours de la Première Guerre mondiale, sans laisser de descendance.

Entre ces mariages, le comte Walewski entretient une longue liaison avec la grande actrice Rachel Félix. Leur fils naît à Marly-le-Roi en 1844 (mort en 1898). La descendance actuelle des distingués Walewski est issue de cette lignée.

Le comte Walewski a été très actif dans la politique française. Il a été nommé sénateur et, à la mort du duc de Morny, il devint président de l'Assemblée. Il a été membre de l'Académie des beaux-arts. Il est décédé d'une attaque cardiaque à Strasbourg en 1868.

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La visite, en Septembre 1814, de Marie Walewska à Napoléon Bonaparte, en exil sur l'Ile d'Elbe
Extrait de Guy GODLEWSKI: 300 jours d'exil

......Une visite inopinée va troubler cette quiétude. exceptionnelle dans l'existence de Napoléon. Au cours de la nuit du 1er septembre, un navire entre en rade de Porto Ferrajo mais, au lieu de gagner le port, mouille dans une crique au fond du golfe. Bertrand prévenu accourt, salue profondément la jeune femme et l'enfant qui débarquent, fait atteler une calèche et seller les chevaux. Les voyageurs disparaissent aussi mystérieusement qu'ils sont venus. En ville le bruit se répand de l'arrivée de l'Impératrice et du Roi de Rome.
Quelques heures plus tôt, au crépuscule, Napoléon avait suivi à la lunette l'approche du bâtiment. Dès qu'une estafette de Bertrand lui apprend l'accostage, il la renvoie avec ses ordres et saute lui-même à cheval. Précédé de quatre porteurs de torches, il descend de son nid d'aigle. La rencontre des deux groupes se fera au milieu de la nuit, le long de la mer, près de Marciana Marina. Napoléon prend la place de Bertrand dans la calèche et, tout en jouant avec les boucles blondes de l'enfant, s'enquiert affectueusement du voyage. Avant l'aube, tout le monde atteint enfin l'Ermitage, Napoléon a cédé sa chambre et fait dresser une tente devant la maison. Mais Ali, son valet de chambre, le voit furtivement la quitter aussitôt : Marie Walewska passe avec lui une dernière nuit...
Certes, les temps de l'idylle polonaise sont révolus. L'amour de l'Empereur est mort, celui de Marie subsiste-t-il ? Pendant les quatre années du règne de Marie-Louise il l'a rarement revue. A Fontainebleau, après l'abdication, elle a vainement attendu une nuit devant sa porte, il ne l'a pas reçue. A l'île d'Elbe, elle lui a écrit plusieurs fois, gagnant par petites étapes la côte toscane, sollicitant la permission de venir. Il la lui accorde enfin et elle accourt, peut-être avec l'espoir de rester auprès de lui.
C'est mal le connaître. Informé quelques heures plus tard de la rumeur publique, il en conçoit un vif mécontentement. Ainsi, malgré les précautions prises, les Elbois sont déjà persuadés que sa femme et son fils l'ont rejoint. Il désire éviter que le Cabinet autrichien ne tire parti de cette visite pour inciter Marie-Louise à ajourner encore sa venue. Il ne veut surtout pas, lui si strict pour les autres, que sa conduite soit un objet de scandale quand la vérité éclatera.

Marie Walewska sera donc une fois de plus sacrifiée au devoir conjugal et aux obligations d'Etat. Il ne le lui dit pas tout de suite. Le matin, il l'emmène jusqu'à son rocher ; au déjeuner, il s'esquive pour sa visite quotidienne à Madame Mère - la famille avant tout. Le soir, il dîne sous la tente avec la jeune femme et les officiers polonais de la Garde. On improvise des danses, les chants slaves s'élèvent de la terre latine. Marie espère, Marie est heureuse. Le lendemain, informée par le trésorier Peyrusse de la détresse financière de l'Empereur, elle veut restituer le collier de perles qu'il lui offrit jadis à la naissance d'Alexandre, mais il refuse avec émotion et la prie doucement de partir le soir même. Puis il disparaît toute la journée et ne la reverra que pour les adieux.
Rien ne manque à cet épisode, ni le cadre exceptionnel où il se déroula, ni son dénouement romantique. Avec la nuit la tempête s'est levée, la pluie tombe en rafales. Marie, transie, serrant son enfant contre elle, tente de s'embarquer à Marciana. Le risque est trop grand. Son navire ira l'attendre à Porto Longone, à l'autre extrémité de l'île. De longues heures elle peine sur les mauvais chemins transformés en torrents. dans la nuit traversée d'éclairs. Lorsqu'elle atteint son but, on veut encore la dissuader. Trop fière elle s'obstine, saute dans une barque et, courant mille périls. gagne l'échelle de coupée. Le vaisseau s'éloigne, elle ne reverra Napoléon que furtivement à l'Elysée et à Malmaison. quelques mois plus tard. Lui, pendant ce temps, saisi de remords et d'angoisse, dépêche un officier d'ordonnance pour ajourner l'embarquement, puis de plus en plus inquiet, saute à cheval et galope jusqu'à Longone, où il arrivera trop tard. Au matin, accablé, frissonnant, il regagne l'Ermitage, mais le charme est rompu. Deux jours plus tard, il le quittera à son tour pour n'y plus revenir."

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Extrait de Pons de l'Hérault, Napoléon Empereur de l'île d'Elbe,

Une espèce d’ouragan bouleversait le ciel et la terre. On craignait pour les bâtiments qui se trouvaient affalés sur la côte de Toscane. Néanmoins, ce fut en ce moment que Mme la comtesse Walewska quitta l’Empereur pour retourner sur le continent. Une barque attendait Mme la comtesse à Longone. Toutefois, à peine avait-elle quitté Marciana, que l’Empereur, justement effrayé de la fureur toujours croissante du vent, fit monter à cheval l’officier d’ordonnance Pérez, et lui ordonna d’aller l'empêcher de partir sous quelque prétexte que ce pût être. Mais ce Pérez, tout officier d’ordonnance que l’Empereur l’avait fait, était le sot des sots : sans cœur, sans âme, et incapable de s’inquiéter du danger qui menaçait Mme la comtesse Walewska, il ne songea qu’à s’abriter lui-même. Mme la comtesse Walewskaétait en pleine mer lorsque ce franc malotru arriva à Longone.
Les autorités et les marins de Longone avaient fait tout ce qu’il leur était possible de faire pour que Mme la comtesse Walewskane mît pas à la voile. Mais, résolue, elle repoussa tous les conseils et elle affronta
la destinée. L'Empereur eut des heures d’angoisse. Il lui fut impossible d’attendre le retour de son officier d’ordonnance. Il se rendit de sa personne au lieu où Mme la comtesse Walewska devait s’embarquer. Il était trop tard. Ses alarmes durèrent jusqu’au moment où Mme la comtesse Walewska lui eut appris elle-même que le péril était passé.

Comte Alexandre Walewski, fils illégitime de Napoléon Bonaparte (1810-1868)

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01 décembre 2008

3 Frères morts pour la France

Dans la suite de l'article relatif au 173° Régiment d'Infanterie et au commentaire apporté par Nathalie Constantin au sujet de la Famille PARLANTI, je publie ci-dessous les certificats de décès " Tué à l'ennemi" de ces 3 frères, morts pour la France entre 1914 et 1918.

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Simon-Jean ( 32 ans), Jean-Pierre (31 ans) et François PARLANTI (27 ans)

Simon-Jean, caporal au 173° R.I., a trouvé la mort le 24 avril 1915 au Bois de Bouchot, dans la Meuse

Jean-Pierre, Sergent au 24° Colonial, est tué le 26 septembre 1915 à Massiges, dans la Marne

François, du 102° Bataillon de chasseurs, meurt le 28 janvier 1917 aux Carrières Sud, dans la Meuse

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Jean_Pierre_Parlanti

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20 décembre 2008

La Coloniale

La Corse peut s'enorgueillir d'avoir prêté et même donné ses enfants à la République. Il ne faut pas seulement se référer aux dernières guerres qui ont vu les noms de ces héros se graver sur les Monuments aux Morts de nos villages. Il faut aussi penser à tous ceux des régiments de la Coloniale qui ont servi la France au bout du monde.

Qui de nous, dans sa famille respective, n'a pas eu un aieul arborant fièrement et légèrement sur le côté, ce képi à l'ancre de marine

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La légende de ceux là est à l'égale de celle de la Légion Etrangère..et les noms résonnent à nos oreilles avec la Chine : Changhaï, Nankin, Pekin...le Maroc : Mekhnès, Fès, Rabat, le Sénégal :Dakar, Kaffrine, Mérkhé, l'Indochine: Cholon (Saïgon), Hanoï, Haïphong.

Des régiments de corses, de bretons ou d'alsaciens qui avaient choisi de servir la France aux quatre coins du monde, faute de n'avoir trouvé de métier ou d'emploi dans leurs contrées respectives. Ils s'étaient engagés pour un contrat de cinq ans renouvelé une fois ou deux.

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Des régiments stationnés à Toulon, Draguignan (Var), mais aussi Joigny (Yonne), regroupant de l'infanterie, de l'artillerie lourde, de l'artillerie de montagne (à dos de mulets) et qui, pour le maintien de la paix contre des émeutes autochtones des boxer ou autres rifains, embarquaient à Marseille pour rejoindre l'Afrique ou la Chine ou tout autres territoires ou nations sous protectorats français.

30 jours de bateau pour rejoindre Changhaï en passant par le canal de Suez, Djibouti, Bombay, Ceylan, Singapour, Cholon, Hong Kong...et un séjour de 3 à 5 ans sans permission en métropole.

Ces régiments qui, à la seconde guerre mondiale, se sont regroupés en Afrique du Nord pour éviter l'occupant et ont renforcé les armées britanniques et américaines alliées pour libérer l'Italie ou débarquer en août 1944 à St Raphaël et dégager la Provence de l'occupation allemande avant de rejoindre le bloc offensif du 6 juin sur les bords du Rhin.

N'oublions pas ceux de la Coloniale !

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18 mars 2012

Le naufrage de la Sémillante

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Le 27 mars 1854, la France, sous le gouvernement de Napoléon III, s’associe à l’empire britannique de la Reine Victoria pour déclarer la guerre à la Russie et par là même au Tsar Nicolas 1er. Ainsi commençait la guerre de Crimée.

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La Crimée est une presqu’île de la mer Noire où les russes s’étaient installés au fil des années sous prétexte de défendre l’empire des chrétiens orthodoxes face à l’empire ottoman. Mais cette prise de position était surtout la volonté d’avoir un premier pas vers le bassin méditerranéen et un déboucher maritime évident que ne pouvaient admettre les britanniques et les français. 

Ainsi, pour des engagements à vouloir, d’une part protéger l’indépendance de la Turquie et d’autre part les villes de Jérusalem et de Bethléem, la France envoya immédiatement ses troupes en force aux cotés de l’armée anglaise.

Dès le début de l’année 1854 la Marine Nationale fut alors mobilisée pour acheminer tous les régiments qui furent engagés sur ce théâtre d’opération.
De Toulon et Marseille, des allers retours de navires ne cessaient de se croiser pour transporter toute la logistique nécessaire à cette guerre.

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C’est ainsi que le La frégate Sémillante quitta le port de Toulon le 14 février 1855, commandée par le capitaine Jugan, à destination de la Crimée pour apporter aux forces françaises, des vivres, des renforts en troupe et en matériel.

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C’était un trois mâts à coque de bois fort bien armé. La Sémillante était l'une des 27 frégates de 60 canons construites de 1822 à 1849, les dernières étant équipées de machines à vapeur. Longue de 54 m et large de 14 m, elle représentait l'aboutissement de trois siècles de recherches en architecture navale. Mise sur cale à Lorient le 19 mars 1827, elle ne fut lancée que 14 ans plus tard, le 16 février 1841.

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Ce 14 février 1855 elle embarqua  donc à son bord 393 soldats, 293 hommes d’équipage, 16 passagers, ainsi que du matériel, de l’armement d’artillerie comme des mortiers, de la poudre, des obus, des munitions et également des vivres.
Placée sous le commandement du Capitaine Jugan, la Sémillante quitta Toulon sur ordre malgré un baromètre défavorable. La brise était modérée de nord-ouest, le temps maniable mais, au large de la Corse, la pression atmosphérique plongea vite jusqu’à 730 millimètres de mercure ce qui annonçait inexorablement du fort mauvais temps. Et cela se confirma. Peu à peu le vent passa à l’ouest en forçant sans cesse.  Au large des côtes de la Corse, le 15 février, la Sémillante se trouva en pleine tempête. Le Capitaine Jugan qui connaissait parfaitement les parages prit ses dispositions en décidant d’engager sa frégate devant les Bouches de Bonifacio pour emprunter le couloir maritime entre la Corse et la Sardaigne dans l’espoir d’y trouver un abri des vents à l’Est des îles et éviter le risque d’être affalé sur la côte Ouest de la Sardaigne.
Mais la nuit tombait déjà en cette fin d’après midi du 15 février et  le vent donnait maintenant sud-ouest. La tombée de la nuit fut rude jusqu’à l’entrée du couloir et le combat acharné pour maintenir des caps au cœur du passage entre les deux îles. Malheureusement, le 16 février au petit matin la frégate fut emportée par un ouragan d’une force que personne n’avait jamais connue à Bonifacio. La Sémillante, face à la violence du vent, ajoutée à la force des courants, se vit dans l’impossibilité de tenter toute manœuvre de survie. A terre, à Bonifacio, la plupart des toits avaient été emportés, les arbres arrachés, une maison s’était même écroulée en entraînant la mort d’une personne sous ses décombres. L’ouragan avait déferlé sans discontinuer durant toute la journée du 15 et toute la nuit. La Sémillante, désemparée, se débattit dans le goulet en furie avant de disparaître. Quand ? Faisait-il déjà jour ou encore nuit ? Personne ne le saura jamais, car le bâtiment s’est littéralement volatilisé, broyé par une tempête exceptionnelle. Seul le gardien du phare de La Testa, à l’entrée du goulet, dira avoir aperçu brièvement un bâtiment en détresse, le 15 février au matin. On n’en retrouvera rien, sinon de menus débris portés parfois très loin des îlots des Lavezzi.
Pire : aucun homme parmi l’équipage ou les soldats ne survivra au désastre. Cette effroyable catastrophe fit 702 morts dont on découvrira la plupart des dépouilles mutilées, au hasard des grèves et des plages.

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Incapable de maintenir un cap de navigation, la Sémillante vint donc se heurter avec une vitesse de 12 noeuds sur un rocher sous-marin signalé par une bouée aux abords de l’îlot des Lavezzi. Broyée par le choc, elle coula par le fond dans la nuit du 15 au 16 février 1855. Tout a été instantanément englouti.

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Le 18 février les premiers cadavres, certains, complètement déchiquetés et méconnaissables, furent ramenés sur les grèves par les courants. Ils furent tous inhumés sur l’îlot des Lavezzi, faute de moyens de transport, par une corvée de 50 soldats détachés en renfort des marins envoyés pour les recherches. Le 20 février le nombre de corps inhumés s’élevait déjà à 250 soldats ou hommes d’équipage. Pour la plupart d’entre eux, rien ne pouvait permettre leur identification ou même leur appartenance militaire. Les dépouilles avaient été dénudées par les flots et nombreux étaient démembrés ou affreusement mutilés.

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Le plus surprenant fut que, des 702 hommes embarqués à bord de la Sémillante, seuls le capitaine Jugan et l’aumônier purent être identifiés parmi les 560 corps repêchés et inhumés dans les deux cimetières des îles Lavezzi. Le premier fut reconnu par une épaulette de sa vareuse et une difformité qu’il avait à un pied, le second par ses attributs cléricaux.  
Les autres militaires manquants ne furent jamais retrouvés, la mer les garda pour elle.

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Depuis, et chaque année, pour le 15 février, une délégation civile et militaire rend hommage à ces hommes disparus tragiquement avant d’aller se battre en Crimée. Un office religieux est également rendu sur l’Ilot des Lavezzi et un recueillement est organisé sur les tombes de ces militaires qu’il ne faut pas oublier. Pour cela 3 coups de canon sont tirés vers la mer pour rappeler aux disparus la mémoire vivante et fidèle des français, 157 ans après cette tragédie.

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Posté par A Rustaghja à 19:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]