31 août 2006

Les Feux de Forêts

Les feux de forêts en Corse sont, chaque été, la préoccupation primordiale de ceux qui s'attachent à défendre notre patrimoine écologique pour  notre flore et notre faune et la sauvegarde de notre équilibre de vie.

Si l'été 2006 nous a épargné des grandes catastrophes connues les années dernières, il ne faut pas oublier que ce fléau sournois veille toujours.

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En souvenir du Pélican 36

Le 1er Août 2005, aux alentours de 9h00, trois canadairs, en pratiquant des rotations de largages d'eau, luttent contre un incendie qui parcourt les hauteurs de Calvi.

Le feu est né la veille, d'une main criminelle.

Parmi les appareils, il y a  le "Pélican 36", avec à son bord Ludovic Piasentin 50 ans et Jean Louis De Benedict, 55 ans. Leur avion, pour une raison non encore définie, se crashera aux alentours de 10h00, tuant les deux pilotes sur le coup.

L'inauguration d'une stèle commémorative a eu lieu le samedi 20 mai 2006 au Centre d'incendie et de Secours de Calvi en présence des familles et autorités.

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Un an plus tard la reflexion est toujours présente....la culpabilité et la honte aussi pour ces individus qui, en semant le feu derrière eux, sèment aussi la mort.....   

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.....Car tout démarrage de feu est criminel....

Une infime partie d'entre eux est accidentelle par malveillance.
A partir de là, la question est simple:
A qui profite l'acte criminel ?
Il y a les pyromanes psychopathes et les incendiaires réfléchis.
Les premiers sont excusables car inconscients de leurs actes, les seconds sont condamnables car mentalement ordonnés.
Si un individu des deux catégories a décidé de sévir, il saura déjouer les surveillances policières. L'un par surexcitation névrotique, l'autre par provocation au système


Sous l'empire, Napoléon ordonnait au Préfet du Var de passer par les armes, sur les lieux de leurs forfaits, les incendiaires pris en flagrant délit d'allumage.....et menaçait de remplacer ledit Préfet s'il ne mettait pas rapidement un terme à ces agissements.

Ce fléau ne date donc pas d'hier ! Les garrigues et les maquis de l'époque étaient pourtant mieux entretenus qu'aujourd'hui car les cultures et les élevages y étaient bien présents.
Renforcer les surveillances pour combattre l'incendie à sa naissance semble efficace. Déjouer les ruses d'un pyromane ou d'un incendiaire parait plus aléatoire.....

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01 septembre 2006

La Malmignatte ou la Veuve Noire Corse

Les dangers de la Veuve Noire.


La Corse est reconnue pour être une ile sans risque particulier pour le randonneur.
Hormis les règles de sécurité pour cheminer sur le célèbre GR20, rien ne vient souligner des dangers endémiques évidents si l'on reste sans faire allusion au cochons sauvages !
Mais, même si nous avons tous eu nos aventures propres, elles rejoignent souvent le burlesque du film "les randonneurs".
La Corse est donc bien réputée pour n'apporter aucun danger par sa faune notamment dans la famille des reptiles, sachant que l'ile ne connait que de nombreuses sortes de couleuvres, mais aucune vipère.
La seule particularité qu'il faut toutefois connaître et garder en mémoire, l'été, pendant nos déplacements dans le maquis, à la chasse, à la pêche, sous une pinède ou en simple promenade familiale, c'est la présence de certaines araignées qui peuvent, par leur venin, apporter des désagréments sérieux en cas de morsure. Attention donc à la Malmignatte, plus connue sous le nom de Veuve Noire !


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En Corse, la malmignatte, appelée aussi latrodecte de Corse est une espèce (Latrodectus tredecimguttatus) cousine de la veuve noire d'Amérique du nord.

La femelle est longue de 15mm (les mâles atteignent seulement 4mm) et reconnaissable par la livrée noire sur laquelle se détachent généralement 13 taches abdominales rouge sang, réparties en trois lignes sur l'abdomen et sous l'abdomen.

D'activité plutôt nocturne, on la trouve en pleine nature, dans les champs et les jardins, sous une pierre ou un tas de bois. Sa toile horizontale est très irrégulière et dépasse de sa cachette. Elle pénètre parfois dans les maisons où elle se réfugie dans les endroits humides.

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Signes cliniques :        
1. La morsure généralement indolore, peut même passer inaperçue.

2. 1 à 30 minutes plus tard, des douleurs sourdes s'étendent progressivement de la morsure à tout le membre mordu, puis à tout le corps, rappelant pour ceux qui l'ont "expérimenté" à une piqûre d'un poisson, la vive.        

3. Cette douleur s'accompagne progressivement de contractions des muscles thoraciques, abdominaux et faciaux, parfois aussi ces contractions musculaires sont localisées au membre mordu.

      
4. Une anxiété, tournant parfois à la sensation d'oppression, à l'angoisse, à la peur profonde et irraisonnée de mourir, apparaît lentement et peut durer plusieurs semaines, s'aggravant dans certains cas de troubles psychiques plus sérieux (confusion mentale, cauchemars à répétition)        

5. Deux ou trois jours plus tard, les ganglions lymphatiques sont sensibles au toucher, et la victime voit apparaître des éruptions cutanées et s’amaigrit de plusieurs kilogrammes        

6. Plus tard, en 1 à 3 semaines (sans traitement) tous ces signes régressent et disparaissent, laissant la personne très affaiblie et fatiguée pendant encore plusieurs semaines.


Les cas mortels sont très rares, liés à des complications cardiaques, à des défaillances respiratoires ou à une surinfection.

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Biologie :
Les analyses de laboratoire montrent une hyperleucocytose, une hyperalbuminurie et une élévation de la créatine phosphokinase, comme pour tout empoisonnement général.

Traitement :
Une hospitalisation est nécessaire pour surveillance et traitement. Ce dernier s'appuie sur l'utilisation du gluconate de calcium par voie intraveineuse pour lutter rapidement contre la douleur.
Il faut éviter les dépresseurs du système nerveux central. Les opioïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont inefficaces contre la douleur.
L'application d'une vessie de glace diminue la douleur chez certains patients.
L'antivenin spécifique de Latrodectus n'est utilisé que dans les envenimations graves, chez les patients à haut risque (enfants et personnes âgées par exemple) ou chez ceux qui présentent des symptômes persistants plusieurs jours après la morsure.
Le traitement basé sur l'injection d'un sel de calcium, qui supprime les contractions musculaires et les douleurs, puis d'un sérum anti-latrodecte est actuellement le plus utilisé.
En l'absence de ce sérum, les médecins injectent un relaxant musculaire, comme le dantrolène.
Un traitement par antibiotiques réduit le risque de surinfection et diminue l'inflammation des ganglions lymphatiques. Mais même avec ce traitement, très efficace s'il est administré dans les 24 heures suivant la morsure, la victime d'une morsure de malmignatte reste très fatiguée plusieurs semaines.


Précautions :
En Corse, le latrodectisme (la morsure de malmignatte) n'est pas rare, et selon les années on en recense jusqu'à plus de dix cas par saison estivale.
Ainsi il est important de respecter des règles de protection chez soi, ou en randonnée, comme ; ne pas marcher pieds nus, se protéger lors de travaux de débroussaillage, regarder ou l’on s’assoit, éviter de marcher dans les grandes herbes sèches, jambes nues, de poser ses vêtements à même le sol, de pique niquer par terre sans repérer les abords….

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02 septembre 2006

A Cuppulata Corsa

La Tortue d'Hermann

sa devise :...... "Chi va piano, va sano, e chi va sano, va lontano "

La lenteur de la Tortue n'est-elle pas la clé de sa longévité ?

Jean de La Fontaine, dans ses fables, la traitait déjà comme une reine intelligente capable de s'adapter au défi lancé par la rapidité et la fougue du lièvre conquérant.

Attardons-nous à la regarder de plus près:

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Nom scientifique : Testudo hermanni Nom corse : Cuppulata

Longueur:  jusqu'à 30 cm                Poids : de 1 à 3 kilogrammes


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Description :

Cette tortue terrestre a une carapace fortement bombée. Les écailles du dos (carapace) sont jaunes-verdâtres, ornées de stries noires. Les écailles du ventre (plastron) sont jaunes, traversées par deux bandes noires longitudinales. La queue est terminée par une griffe cornée.

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Habitat :

Elle préfère les basses altitudes (du littoral à 700 m). La tortue Hermann se trouve principalement dans le Sud de l'Ile mais aussi dans la plaine orientale (vallée du Tavignano)

Elle habite le maquis, les pelouses, les vergers, les lisières de forêts ou de cultures.

Elle aime particulièrement les sous bois clairsemés avec une couverture végétale de maquis mais aussi les terres sablonneuses.

Régime alimentaire :

La tortue d’Hermann est végétarienne (fleurs, feuilles ou fruits de différentes familles de plantes comme les Composées ou les Graminées).

Occasionnellement, elle peut capturer des invertébrés (Insectes, Gastéropodes) ou devient nécrophage (animaux morts).

Reproduction :

Ce n'est qu'à partir de 8 ans que les Tortues d'Hermann peuvent se reproduire.

La femelle dépose en moyenne 8 œufs au printemps dans le sol, sur des sites chauffés par le soleil. L'éclosion des œufs a lieu à la fin de l'été.

La tortue d'Hermann est une espèce qui vit le jour. Elle s'expose au soleil le matin, se cache aux heures les plus chaudes et reprend son activité en soirée. Elle hiberne pendant l'hiver. 

Longévité :

Elle peut vivre jusqu'à 80 ans. La mortalité est importante chez les jeunes tortues.

On estime que seulement 1 tortue sur 1000 pourra atteindre l'âge adulte.

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Menaces :

L'espèce est très fortement menacée par le développement de l'urbanisation qui fragmente et détruit son habitat (de plus, les routes sont des obstacles dangereux).

La fermeture des milieux, certaines pratiques agricoles (fauchage…) et surtout les feux représentent des dangers réels pour l'espèce, ainsi que les prélèvements d'animaux dans la nature. Ne la ramassez pas !

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03 septembre 2006

Le Mouflon Corse

S’il est un animal qui symbolise au mieux la Liberté, l’Indépendance et la Résistance, c’est bien le mouflon.

Les montagnes sont à lui et, pour l’homme qui l’a jadis décimé, il garde une méfiance éternelle qui mérite le respect.

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Le Mouflon corse, ancêtre du mouton domestique, est d’allure élégante et altière, malgré un corps assez trapu. Les mâles pèsent de 35 à 50 kg et mesurent 75 à 80 centimètres au garrot.

Ils portent de longues cornes spiralées courbées vers l’arrière et à croissance annuelle. Ce qui les différencient du bouquetin des Alpes.

Les femelles sont plus légères, 25 à 40 kg. avec, ou non, présence de cornes suivant les populations (groupes géographiques des hardes).

Chez les deux sexes il existe un masque facial blanc dont l'étendue varie avec l'âge. Le pelage est court et dense à l'exception du jabot des mâles. Brun Chocolat en hiver, il s'éclaircit en été.

En général, une selle blanche apparaît en hiver chez les mâles.

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Le rut a lieu entre octobre et décembre. La femelle donne naissance à un agneau, exceptionnellement deux, au printemps, entre mars et mai.

Le mouflon est un animal sociable. En règle générale, en dehors du rut, les mâles et les femelles adultes accompagnées de leur progéniture, vivent séparés au sein de groupes de taille variable suivant les saisons et les populations.

Capable d'adapter facilement son régime alimentaire, le mouflon présente une grande aptitude à coloniser des milieux très divers. Il affectionne les moyennes montagnes, les successions de collines, les grands espaces ouverts, les milieux plus ou moins accidentés et peu enneigés en hiver, les sols rocailleux et bien drainés, couverts d'une végétation herbacée ou arbustive. Il utilise les zones boisées pour se protéger de la chaleur et des intempéries et pour se nourrir l'hiver, pendant les périodes d’enneigement.

Cette souplesse d'adaptation a facilité la réalisation de nombreuses introductions en Europe pour préserver sa reproduction et sa réinsertion continentale.

En Corse, sur son île d'origine, il est présent depuis plus de 8 000 ans au nord, dans le massif du Cinto et Asco ainsi qu’au sud dans les secteurs de Bavella, à raison de 400 et 200 individus environ. Ces populations ont donc dépassé le seuil critique d'extinction. La chasse de l'espèce y est interdite depuis 1956.

En France continentale, la première introduction a été réalisée en 1949 dans le Massif du Mercantour où 65 populations sont présentes actuellement, puis dans 25 départements avec un effectif total estimé à 11 317 individus. On rencontre maintenant cette espèce dans les régions méridionales, les Pyrénées et les Alpes, notamment dans le Vercors.

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Les effectifs continentaux de mouflons sont en progression lente depuis une dizaine d'années et demeurent inférieurs aux potentialités des habitats méridionaux disponibles. Son avenir reste donc prometteur, et l'intérêt qu'il suscite auprès des utilisateurs de la nature, chasseurs, naturalistes, promeneurs le prouve. Malgré son statut d'animal "étranger", il a réussi son "intégration" dans de nombreuses régions.

Il ne commet que peu de dégâts sur les cultures et ne pose aucun problème aux sylviculteurs lorsque le site d'introduction a été bien choisi et se prête à un développement normal des populations.

Si en Corse, la ferme poursuite des actions de protection est la meilleure garantie de sauvegarde de l'espèce, son développement sur le continent est désormais à maîtriser car les populations d'ongulés autochtones sont florissantes.

Alors, si un jour, au cours d'une randonnée sur l'Alta Strada vous en voyez un aux aguets, montrez lui, par votre attitude, que l'homme a changé et qu'il ne lui veut plus aucun mal.....alors peut être que dans un avenir espéré, il nous pardonnera et se rapprochera à nouveau de nous.

Posté par A Rustaghja à 17:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 décembre 2007

Sacs biodégradables

La protection de l'environnement est un souci de tous les jours. Elle prend désormais l'ampleur d'une éducation internationale pour faire donner conscience à tous que notre bonne vieille Terre ne pourra bientôt plus supporter nos poubelles et déchets.
L'effort s'est axé principalement sur la protection des mers et océans pour la sauvegarde de sa faune et sa flore.
La Méditerranée fait partie de ses enjeux écologiques là, visés par l'urgence d'une action conjointe pour tous les pays qui ouvrent leurs côtes sur elle.
La Corse joue pleinement son rôle dans cet élan de protection de la nature pour préserver l'état naturel de ses rivages et participer, elle aussi, à la protection de la mer Méditerranée.
Des efforts importants ont été pratiqués avec le concours des grands groupes commerciaux et industriels iliens.
Ce geste se voit pour le quotidien, aux abords des grandes surfaces de distribution alimentaire avec la disparition des poches d'emballage en plastique et leur remplacement par des sacs en papier biodégradables.
Ainsi est venu le temps nouveau de voir sur nos plages, ces sacs d'une autre génération, contenant nos serviettes ou nos ravitaillements et venant rappeler, par leur message imprimé, que chacun d'entre nous doit être vigilant à tous les instants pour oeuvrer vers la mission incontournable de laisser à nos successeurs, une terre la plus intacte possible.

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Posté par A Rustaghja à 18:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]