16 novembre 2008

Quand le Phare de la Revelatta était habité....

Cette carte postale du passé, issue des éditions Pascal Orsini, nous rappelle que le phare de la Revelatta a eu ses gardiens.....jadis.

REVELATT

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24 novembre 2008

Marie Walewska (1786-1817) ou l'amour de Napoléon

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Ci-dessous, Marie Walewska, alors toute jeune Comtesse polonaise de 19 ans, raconte elle même dans un récit autobiographique comment eut lieu sa première rencontre coup de foudre avec Napoléon Bonaparte, donnant ainsi naissance à une profonde histoire d'amour qui durera près de 10 ans.

Les rumeurs concernant l'arrivée prochaine de l'empereur Napoléon s'amplifiaient constamment. L'attention de tous et chacun se tournait vers le grand homme et la crise politique, dans l'espoir qu'il réglât cette dernière en faveur de la Pologne.

Cherchant à toucher son cœur, la population manifesta son patriotisme de diverses manières. Cet émoi m'emporta au même titre que les autres et, conséquemment, je pris une décision irréfléchie. Accompagnée d'une cousine, je partis à sa rencontre pour tenter de l'apercevoir. Cette imprudence allait changer ma destinée.

Vêtues de costumes simples, ma cousine et moi montâmes dans un fiacre dès que les courriers annoncèrent que sa Napoléon Bonaparte n'était qu'à une étape de Blonie. Je plongeai sans réfléchir dans cet enthousiasme, cet emportement frénétique qui s'emparait de tous. Chaque citoyen polonais désirait montrer ses sentiments à l'homme que l'on considérait déjà comme le sauveur de notre patrie.

La route était encombrée de troupes, de bagages, de courriers. Notre fiacre gardait difficilement son équilibre. En dépit de tout, nous poussâmes le cocher à se hâter.

Les questions fusaient sans cesse. « L'Empereur est-il encore loin ? », demandions-nous constamment. À notre arrivée à Blonie, nous vîmes une foule très nombreuse et des chevaux de relais piaffant d'impatience. Tout cela, naturellement, indiquait l'arrivée imminente de Napoléon.

Comme nous étions deux femmes seules, sans un homme pour nous protéger, nous fûmes pressées, poussées et presque étouffées. Dans cette situation désespérée et dangereuse, je craignis de ne point voir le triomphe qui me tenait tant à cœur. C'est à ce moment que nous entendîmes le bruit de son fiacre et les acclamations de la foule venue l'accueillir.

Profitant d'un instant de silence, je lançai un cri de détresse à un officier français de haut rang devant qui la foule s'écarta. Je tendis les bras vers lui et criai en français d'une voix suppliante : « Ah Monsieur, aidez-moi à me dégager d'ici et laissez-moi le voir, ne serait-ce qu'un instant ! »

Il me vit et, souriant, prit ma main et mon bras. À ma grande surprise, il me conduisit à la porte même de la voiture de l'Empereur. L'Empereur était assis près de la fenêtre et ce galant officier nous présenta en disant : « Voyez, sire, cette belle dame a affronté les dangers de la foule pour vous. »

Napoléon se pencha et souleva son chapeau en disant des paroles que, dans mon émoi, je ne compris point. Je parvins à articuler, d'une voix entrecoupée : « Soyez le bienvenu, mille fois bienvenu dans notre pays. Nous ne pourrons jamais exprimer avec assez de force toute l'admiration que nous éprouvons pour vous ainsi que notre joie de vous voir sur la terre de nos pères. Nous attendions que vous vinssiez nous sauver. »

J'étais comme en transes, mais l'éclat de mes sentiments se traduisit facilement en mots. Timide comme je suis, comment y étais-je parvenue ? Je ne sais pas. Et comment avais-je trouvé la force d'exprimer ma pensée ?

Je remarquai que Napoléon m'observait attentivement. Il prit un bouquet dans le fiacre et me l'offrit en disant : « Gardez ces belles fleurs en gage de mes bonnes intentions. Nous nous reverrons, je l'espère. Peut-être à Varsovie où j'attendrai que vous veniez me remercier. »

L'officier haut gradé retourna rapidement à son siège au côté de l'Empereur et la voiture s'éloigna rapidement. Mais le grand homme continuait de me saluer du chapeau.

Je restai immobile, à le regarder disparaître au loin, mes mains serrant le bouquet contre mon cœur, mon esprit empli de mille nouvelles pensées. Je me souviens d'avoir pensé : « Est-ce un rêve ? Ai-je réellement vu et parlé au grand Napoléon, le grand Napoléon qui m'a donné ce souvenir, si flatteur pour mes espérances, un gage qui vaut plus à mes yeux que toutes les richesses du monde ? » Ma compagne me donna des coups de coude et me poussa pour me ramener à la réalité.

Nous quittâmes Blonie, n'atteignant la maison que tard en soirée. Je me mis au lit épuisée d'émotions, mais comblée de bonheur.


J'appris que l'Empereur avait dîné avec le comte, qui avait invité l'élite des dames de haut rang. Merveilleusement belles et spirituelles, elles faisaient honneur à notre pays en déployant leur charme radieux. Quant à moi, satisfaite d'avoir fait mon devoir patriotique bien avant les autres, flattée d'avoir retenu son attention pour un moment et d'avoir reçu de lui une promesse précieuse et un gage, je restai assez modeste pour cacher mon triomphe, le savourant en silence et dans la solitude.

Mais ma compagne agit bien différemment. Elle ne garda point notre secret. Un matin peu après, j'étais à peine levée que je reçus un message d'un des plus importants gentilshommes de notre communauté, me demandant le moment le plus opportun pour me rendre visite. Vivement étonnée d'une requête si matinale, je lui fis répondre que je le verrai à midi.

Il se présenta à l'heure dite et s'adressa à moi dans les termes les plus avenants et fervents.

« Madame, je suis venu vous demander pourquoi vous ne vous êtes pas prévalue de l'occasion d'accepter l'admiration de notre auguste invité, puisque vous êtes l'une des plus belles fleurs de notre pays. Sans mentionner le plaisir que j'aurais moi-même éprouvé à vous voir de près. Dorénavant, nous devrions nous dévouer entièrement à rendre plaisant et agréable le séjour de ce grand homme sur qui se fondent tous nos espoirs. C'est pourquoi je suis venu vous implorer de ne plus vous cacher, et d'accepter une invitation au bal que je donnerai chez moi. Je présume que vous n'avez pas besoin d'être annoncée. »

Il sourit et ajouta : « Nous savons tout, Madame. »

J'étais assez déconcertée par son rire espiègle, je rougis. Je ne voulais pas montrer que j'avais compris ce qu'il insinuait.

« Allons, allons, trêve d'humilité. Ne cachez plus votre charme. Votre secret a été trahi et je vous dirai comment j'ai fait pour connaître votre brillante conquête. Vous devez savoir que jeudi soir dernier, il a dîné au palais. Le comte avait placé autour de la table les plus belles et plus brillantes dames de notre société. L'empereur a été charmant avec chacune d'elles, mais nous avons remarqué que son attention se fixait plus particulièrement sur la jeune princesse. Heureux d'avoir perçu ce qui semblait une préférence, nous lui avons offert le plaisir de la voir à toutes les festivités données en son honneur. Mais, imaginez ma surprise quand un des officiers de Napoléon me dit : « Il faut admettre que vos dames sont remarquablement supérieures sous tous les angles. Quand l'Empereur est revenu de la réception l'autre soir, il m'a confié ceci : 'N'avez-vous pas remarqué, Duroc, que les plus belles fleurs auraient pâli en comparaison de cette assemblée de femmes attrayantes... mais qu'est-il arrivé à la jeune femme à qui j'ai remis le bouquet à Blonie?' Je regrette encore de ne pas l'avoir trouvée. »

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La comtesse Marie Walewska (née Laczinska) est née en 1786. À l'âge de 18 ans, elle se marie au comte Athenase Walewski, de plusieurs années son aîné. Elle lui donne un fils en 1805.

Durant l'occupation de la Pologne par les Français, elle rencontre Napoléon et est poussée par ses amis patriotes à devenir sa maîtresse, ce qu'elle est peu disposée à faire de primes abords. Cependant, elle donne finalement son accord, espérant influencer l'Empereur pour qu'il traite la Pologne avec justice.

Mais Napoléon et la comtesse tombent éperdument amoureux l'un de l'autre et la comtesse devient sa compagne fidèle et aimante. Le 4 mai 1810, elle lui donne un fils, Alexandre Walewski, qu'il fait comte et à qui il laissera plus tard des biens importants, y compris la propriété d'un immeuble au n° 48, rue de la Victoire à Paris, lequel sera une source de revenus pour la mère.

Marie Walewska demeure fidèle à Napoléon jusqu'à son exil à Sainte-Hélène. En septembre 1816, elle se marie à un cousin éloigné de Napoléon, le comte Philippe-Antoine D'Ornano. Malheureusement elle meurt en couches en 1817 à l'âge de 31 ans et son cœur est placé dans la crypte des d'Ornano au cimetière du Père Lachaise. Son corps sera ramené en Pologne. Après la mort de la comtesse, son fils, le comte Alexandre Walewski, effectue de solides études, étant devenu le pupille de son frère, un officier de l'armée française. Plus tard, il s'allie aux Orléanistes, joint la Légion étrangère et sert en Afrique du Nord. C'est à cette époque qu'on lui accorde la citoyenneté française.

À son retour en France, il devient ami et collègue d'Adolphe Thiers. Il est nommé ministre à Copenhague juste avant le coup d'état de Louis Napoléon. Toutefois, avant même qu'il n'entre dans ses fonctions, le nouveau gouvernement nomme le comte Walewski ministre à Londres, où il œuvre à la réalisation de l'entente diplomatique entre les deux gouvernements. Cette entente conduira à la visite de Louis Napoléon en Angleterre et à celle de Victoria en France. En Angleterre, le comte Walewski se marie avec Catherine-Caroline Montague, dont le père était le sixième duc de Sandwich. Elle meurt en couches.

Au cours d'une affectation diplomatique à titre d'ambassadeur en Italie, le comte Walewski se remarie à une Italienne, Marie-Anne de Ricci, dont la famille était reliée au Prince Poniatowski. Leur fils, lieutenant-colonel de l'armée française, meurt au cours de la Première Guerre mondiale, sans laisser de descendance.

Entre ces mariages, le comte Walewski entretient une longue liaison avec la grande actrice Rachel Félix. Leur fils naît à Marly-le-Roi en 1844 (mort en 1898). La descendance actuelle des distingués Walewski est issue de cette lignée.

Le comte Walewski a été très actif dans la politique française. Il a été nommé sénateur et, à la mort du duc de Morny, il devint président de l'Assemblée. Il a été membre de l'Académie des beaux-arts. Il est décédé d'une attaque cardiaque à Strasbourg en 1868.

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La visite, en Septembre 1814, de Marie Walewska à Napoléon Bonaparte, en exil sur l'Ile d'Elbe
Extrait de Guy GODLEWSKI: 300 jours d'exil

......Une visite inopinée va troubler cette quiétude. exceptionnelle dans l'existence de Napoléon. Au cours de la nuit du 1er septembre, un navire entre en rade de Porto Ferrajo mais, au lieu de gagner le port, mouille dans une crique au fond du golfe. Bertrand prévenu accourt, salue profondément la jeune femme et l'enfant qui débarquent, fait atteler une calèche et seller les chevaux. Les voyageurs disparaissent aussi mystérieusement qu'ils sont venus. En ville le bruit se répand de l'arrivée de l'Impératrice et du Roi de Rome.
Quelques heures plus tôt, au crépuscule, Napoléon avait suivi à la lunette l'approche du bâtiment. Dès qu'une estafette de Bertrand lui apprend l'accostage, il la renvoie avec ses ordres et saute lui-même à cheval. Précédé de quatre porteurs de torches, il descend de son nid d'aigle. La rencontre des deux groupes se fera au milieu de la nuit, le long de la mer, près de Marciana Marina. Napoléon prend la place de Bertrand dans la calèche et, tout en jouant avec les boucles blondes de l'enfant, s'enquiert affectueusement du voyage. Avant l'aube, tout le monde atteint enfin l'Ermitage, Napoléon a cédé sa chambre et fait dresser une tente devant la maison. Mais Ali, son valet de chambre, le voit furtivement la quitter aussitôt : Marie Walewska passe avec lui une dernière nuit...
Certes, les temps de l'idylle polonaise sont révolus. L'amour de l'Empereur est mort, celui de Marie subsiste-t-il ? Pendant les quatre années du règne de Marie-Louise il l'a rarement revue. A Fontainebleau, après l'abdication, elle a vainement attendu une nuit devant sa porte, il ne l'a pas reçue. A l'île d'Elbe, elle lui a écrit plusieurs fois, gagnant par petites étapes la côte toscane, sollicitant la permission de venir. Il la lui accorde enfin et elle accourt, peut-être avec l'espoir de rester auprès de lui.
C'est mal le connaître. Informé quelques heures plus tard de la rumeur publique, il en conçoit un vif mécontentement. Ainsi, malgré les précautions prises, les Elbois sont déjà persuadés que sa femme et son fils l'ont rejoint. Il désire éviter que le Cabinet autrichien ne tire parti de cette visite pour inciter Marie-Louise à ajourner encore sa venue. Il ne veut surtout pas, lui si strict pour les autres, que sa conduite soit un objet de scandale quand la vérité éclatera.

Marie Walewska sera donc une fois de plus sacrifiée au devoir conjugal et aux obligations d'Etat. Il ne le lui dit pas tout de suite. Le matin, il l'emmène jusqu'à son rocher ; au déjeuner, il s'esquive pour sa visite quotidienne à Madame Mère - la famille avant tout. Le soir, il dîne sous la tente avec la jeune femme et les officiers polonais de la Garde. On improvise des danses, les chants slaves s'élèvent de la terre latine. Marie espère, Marie est heureuse. Le lendemain, informée par le trésorier Peyrusse de la détresse financière de l'Empereur, elle veut restituer le collier de perles qu'il lui offrit jadis à la naissance d'Alexandre, mais il refuse avec émotion et la prie doucement de partir le soir même. Puis il disparaît toute la journée et ne la reverra que pour les adieux.
Rien ne manque à cet épisode, ni le cadre exceptionnel où il se déroula, ni son dénouement romantique. Avec la nuit la tempête s'est levée, la pluie tombe en rafales. Marie, transie, serrant son enfant contre elle, tente de s'embarquer à Marciana. Le risque est trop grand. Son navire ira l'attendre à Porto Longone, à l'autre extrémité de l'île. De longues heures elle peine sur les mauvais chemins transformés en torrents. dans la nuit traversée d'éclairs. Lorsqu'elle atteint son but, on veut encore la dissuader. Trop fière elle s'obstine, saute dans une barque et, courant mille périls. gagne l'échelle de coupée. Le vaisseau s'éloigne, elle ne reverra Napoléon que furtivement à l'Elysée et à Malmaison. quelques mois plus tard. Lui, pendant ce temps, saisi de remords et d'angoisse, dépêche un officier d'ordonnance pour ajourner l'embarquement, puis de plus en plus inquiet, saute à cheval et galope jusqu'à Longone, où il arrivera trop tard. Au matin, accablé, frissonnant, il regagne l'Ermitage, mais le charme est rompu. Deux jours plus tard, il le quittera à son tour pour n'y plus revenir."

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Extrait de Pons de l'Hérault, Napoléon Empereur de l'île d'Elbe,

Une espèce d’ouragan bouleversait le ciel et la terre. On craignait pour les bâtiments qui se trouvaient affalés sur la côte de Toscane. Néanmoins, ce fut en ce moment que Mme la comtesse Walewska quitta l’Empereur pour retourner sur le continent. Une barque attendait Mme la comtesse à Longone. Toutefois, à peine avait-elle quitté Marciana, que l’Empereur, justement effrayé de la fureur toujours croissante du vent, fit monter à cheval l’officier d’ordonnance Pérez, et lui ordonna d’aller l'empêcher de partir sous quelque prétexte que ce pût être. Mais ce Pérez, tout officier d’ordonnance que l’Empereur l’avait fait, était le sot des sots : sans cœur, sans âme, et incapable de s’inquiéter du danger qui menaçait Mme la comtesse Walewska, il ne songea qu’à s’abriter lui-même. Mme la comtesse Walewskaétait en pleine mer lorsque ce franc malotru arriva à Longone.
Les autorités et les marins de Longone avaient fait tout ce qu’il leur était possible de faire pour que Mme la comtesse Walewskane mît pas à la voile. Mais, résolue, elle repoussa tous les conseils et elle affronta
la destinée. L'Empereur eut des heures d’angoisse. Il lui fut impossible d’attendre le retour de son officier d’ordonnance. Il se rendit de sa personne au lieu où Mme la comtesse Walewska devait s’embarquer. Il était trop tard. Ses alarmes durèrent jusqu’au moment où Mme la comtesse Walewska lui eut appris elle-même que le péril était passé.

Comte Alexandre Walewski, fils illégitime de Napoléon Bonaparte (1810-1868)

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29 novembre 2008

Vieille citadelle toujours fidèle après tant d'années

Toujours là, bien plantée, fidèle à son passé, balafrée par les attaques subies, usée par le vent et les embruns....mais toujours forte et droite pour protéger sa ville.
Parfois nos regards l'oublient, parce que gravée à notre décor quotidien...Alors, prenons le temps d'un petit coup d'oeil complice à ses pierres juste pour lui dire que c'est faux: on ne l'oublie pas notre citadelle !!...la preuve...

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