04 mars 2007

I Impiccati di u Niolu

Les pendus de Corscia.

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Après la bataille sanglante de Ponte Novu et l'annexion de la Corse par les armées de France en 1769, un vent de révolte s'est semé dans les montagnes de Castagniccia et du Niolu.

Le 31 mars 1774 une Consulta secrète est tenue dans le Cap corse par des partisans qui décident d'envahir Corté. Pendant ce temps des habitants de Castirla se lèvent contre l'oppression et 400 hommes du Niolu et de Castagniccia décident de prendre les armes quand un des leurs est emprisonné par le Comte de Marbeuf, général du Roi Louis XV.

Le Roi décède le 10 mai 1774. Marbeuf est alors rappelé à la Cour et le Comte de Narbonne le remplace dans un climat contrôlé mais instable. L'homme décide alors de poser son empreinte.

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Comte de Narbonne. L'Histoire dit qu'il aurait pu être le fils naturel de Louis XV

Aussitôt s'entament de véritables massacres pour enrayer les mouvements partisans. Les emprisonnements, pendaisons, mises à sac des villages se succèdent sans relâche. Aucun jugement ou tribunal officiel ne valide ces mesures pourtant soutenues par l'Etat.

Les insurgés du Niolu décident alors de passer à l'action en attaquant les troupes militaires. Du coup 16 bataillons sont cantonnés à Merusaglia pour faire face aux conflits qui éclatent cà et là contre les convois et patrouilles de soldats. Les combats font rage mais des traitres, assurés de l'immunité pour eux et leurs proches, renseignent les chefs d'armée, pour favoriser les guet-apens.

Le 21 juin 1774 des Nuilinchi sont encerclés. Une soixantaine d'hommes sont faits prisonniers. La violence et la barbarie sont de mise. Les tortures pendant les interrogatoires, les chantages sur les familles sont les armes utilisées par les troupes. Les procès expéditifs sont lancés sur le champ, sans avocat, sans lois et sans règles. Les témoins à charge sont des traitres qui se vengent d'histoires de familles ou qui déposent contre une poignée d'argent, parfois sans même connaître les accusés.

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Plaque du souvenir à Corscia. Marcu Maria est inscrit âgé de 17 ans.

52 d'entre eux sont ainsi désignés pour être enfermés à vie dans les cachots du bagne de Toulon.

11 autres sont choisis au hasard pour être pendus et faire l'exemple. Parmi eux, un enfant de 15 ans: Marcu Maria Albertini. (d'autres disent 17 ans)

Les pendaisons sont organisées dans le début d'après midi du 23 juin 1774, au coeur du village de Corscia.

Les cadavres sont laissés en exposition pendant que les soldats pillent et brûlent les maisons des coupables. Les familles sont poursuivies hors des villages, les bétails sont égorgés.

Les rebellions vengeresses qui s'en suivirent durant tout l'été ne connurent que représailles sanglantes de la part des forces militaires. D'autres villages furent rasés en tuant inmanquablement ses occupants, sans distinction pour les femmes et enfants, les hommes étant déportés au bagne.

Ainsi le Colonel français Alexandre De Roux disait à ce propos:

" On espère que le mois ne se finira pas sans qu'on soit venu à bout de détruire entièrement cette race "

Aujourd'hui le groupe A Filetta consacre un de ses chants à cette tragédie, blessure de notre histoire, cicatrice de notre mémoire. Je vous invite à vous y plonger avec autant de complainte exprimée par Jean-Claude Acquaviva dans le sujet intitulé " AFiletta chante l'histoire de Marcu Maria" (chapitre "Histoire").

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A Filetta chante l'histoire de Marcu Maria


le 23 Juin 1774 à Corscia dans le Niolu 11 corses choisis au hasard pour enrayer une révolution contre l'Etat français, seront pendus. Parmi eux un enfant de 15 ans, Marcu Maria Albertini

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Vues anciennes du village et habitants de Corscia

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05 mars 2007

La Gendarmerie et le banditisme en 1851

Un rapport un peu long à lire.....mais que de phrases succulentes à resservir. Le passé rejoint souvent le présent, à croire que les roues tournent sur place au fil des siècles.

De l'aspect humain pour le gendarme en poste sur l'Ile, aux particularités insulaires, en passant par le colonialisme avoué, il y a là matière à méditation.

La conclusion est en revanche un véritable hymne à la Corse, une reconnaissance des valeurs et des erreurs commises.

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Document: Le banditisme en Corse au milieu du 19ème siècle

Voici le rapport écrit par Germond de Lavigne (1812-1896) à l'attention des autorités en 1871. Il y décrit les différentes méthodes utilisées contre le banditisme. On notera la modernité des problèmes sinon des propos et combien la question corse reste immuable à travers les siècles et les décennies. Il est publié dans la très riche "Anthologie du banditisme" réunie par Gabriel Xavier Culioli et édité par les éditions DCL à Ajaccio.

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La situation de la Corse, en 1850 et 1851, appela très sérieusement l'attention du gouvernement.

Les mœurs locales ont un caractère particulier : l'esprit de vengeance, qui a porté de tout temps les insulaires à ne compter que sur eux mêmes pour se faire justice des injures reçues, et qui sert en même temps de prétexte à bien des actes coupables.

Le banditisme c'est à dire le bannissement volontaire est comme une profession nouvelle pour ceux qui ont violemment rompu avec la loi, et qui demandent aux buissons de la plaine et aux sentiers inconnus de la montagne de les protéger contre les recherches légitimes de la justice.

Le banditisme est une question de mœurs ; la politique n'y joue aucun rôle. L'Île de Corse pouvait se croire politiquement heureuse et satisfaite en 1850 ; le banditisme y occupait néanmoins une place considérable.

À cette époque, la force publique chargée de la sûreté du pays et de la répression des délits se composait d'une Légion de gendarmerie forte de 510 hommes.

Le commandement militaire avait en même temps à sa disposition un corps de 1120 hommes, sinon auxiliaire de la gendarmerie, du moins agissant pour le même objet, et portant la dénomination de voltigeurs corses.

Ce corps, recruté dans des conditions insuffisantes et peu militaires, composé uniquement d'insulaires, les uns anciens soldats, les autres pris directement dans la vie civile, d'autres anciens bandits, rendait, vers ces dernières années, autant de services, peut être aux réfractaires qu'à la répression.

N'étant pas l'auxiliaire formel de la gendarmerie, il en était devenu l'antagoniste, et cet antagonisme ne produisait pas une émulation qui fût profitable au but à atteindre. Les voltigeurs, en relation d'amitié, de famille, d'intérêts avec les coupables, en étaient arrivés à entraver, le plus souvent, les opérations de la gendarmerie, lorsqu'ils pouvaient parvenir à en surprendre le secret. La gendarmerie, en temps normal, est indépendante du commandement militaire ; elle est le moyen d'action de la police administrative et de la police judiciaire ; les voltigeurs corses ne recevaient de direction que du commandement ; il résultait de là un dualisme nuisible pour le service, et fatal pour la répression efficace des désordres qui affectaient la tranquillité publique.

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Le licenciement du bataillon de voltigeurs corses fut décidé, et il fut créé un bataillon de gendarmerie mobile, auxiliaire réel de la légion de gendarmerie. Ce bataillon reçut, pour une partie, les voltigeurs licenciés qui remplissaient, à, peu près rigoureusement, les conditions réglementaires, et, pour le surplus de l'effectif, des hommes ordinaires du continent et tirés des régiments de l'armée.

Son rôle particulier fut, ainsi que soit titre l'indique, de concourir à l'action des brigades, et agissant par colonnes mobiles.

Ce système rendit des services. Le bataillon mobile eut, pendant une année, sa part notable dans les arrestations de bandits et dans les mesures de répression ; mais il ne répondit pas encore complètement au but qu'il s'agissait d'atteindre.

Le bataillon de gendarmerie mobile, bien qu'il fût soustrait à la direction du commandement militaire, avait encore une action distincte et obéissait à un chef indépendant du chef de la légion.

S'il était associé à la tâche de la gendarmerie plus nettement que le bataillon de voltigeurs corses, il n'obéissait pas à de moindres sentiments de rivalité, et il se rencontra bientôt, entre les deux corps, presque autant d'entraves que lorsque existait la précédente organisation.

On proposa, en mai 1851, une mesure plus radicale, la fusion de ces deux corps de force publique en une seule légion, sous un commandement unique.

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La légion, avec soit effectif de 510 hommes, était divisée en deux compagnies, occupant l'une le territoire de l'ancien département du Golo, l'autre le territoire du Liamone. La fusion des deux corps donna à cette légion un effectif de 950 hommes, qui furent répartis en quatre compagnies occupant les arrondissements de Bastia, Corte, Ajaccio et Sartène.

Il existait quatre vingt brigades sédentaires, composées pour la plupart de cinq hommes avec un sous officier, et quelques-unes de six, sept, huit et neuf hommes. Ce nombre de brigades fut augmenté. L'effectif de chacune fut élevé normalement à dix hommes, et, au chef lieu de chaque compagnie, fut placée une réserve d'une trentaine d'hommes, commandés par un officier, et choisis parmi les plus jeunes, les plus valides et les plus déterminés. C'est à ces réserves seules, nommées « forces supplétives» que fut coudée l'action par colonnes mobiles qui avait été le rôle à peu près unique des voltigeurs corses et du bataillon de gendarmerie. Elles étaient destinées à faire des expéditions dans les localités inquiétées, à renforcer les brigades insuffisantes, à former des postes provisoires sur les points où devenait nécessaire une surveillance momentanée.

Le système de cette nouvelle organisation fut donc de couvrir la surface de l'Île d'un réseau permanent aussi étroit que possible, de manière à multiplier l'action des brigades et à rendre continuelles la recherche et la poursuite des malfaiteurs.

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Cette première partie de la réorganisation de la gendarmerie en Corse ne se fit pas sans difficulté. Elle coupait court sans doute à un défaut de cohésion ; elle détruisait le fâcheux esprit de jalousie et d'antagonisme qui annihilait, depuis bien des années, deux forces destinées à agir dans un même but ; elle faisait disparaître cette distinction de sédentaires et de mobiles qui avait été nuisible ; elle supprimait cette organisation régimentaire qui ne convenait nullement à un corps toujours disséminé ; elle détruisait ce dualisme d'attributions si fatal à l'action d'une force qui est bien plutôt administrative et judiciaire que militaire.

La seule difficulté que rencontra cette organisation, dont l'exécution devait être absolue, fut dans la pénurie des ressources de l'administration départementale. Les locaux sont rares en Corse; le logement des brigades est à la charge du département. Il fut difficile, au début, de trouver des habitations plus vastes et d'imposer à l'administration cette obligation subite de loger près de 300 hommes envoyés pour augmenter l'effectif des postes.

Le bataillon mobile, considéré comme corps de troupe et occupant les quatre principaux centres de l'Île, y était caserné par les soins du génie militaire ; ou bien, dans les localités où des détachements étaient accidentellement envoyés , ces détachements étaient logés chez l'habitant moyennant une indemnité journalière.

Il est inutile de dire quel était l'inconvénient grave de ce dernier mode de logement. En présence des mœurs locales, dans lesquelles le mystère, la ruse, l'espionnage sont le caractère dominant, il est de condition première que la force chargée de la répression soit éloignée de tout contact avec les habitants ; que ses opérations, pour être suivies de succès, puissent se faire sans éveiller l'attention ; que les hommes puissent aller et venir sans être surveillés de manière à dérouter des agents toujours en éveil, et qui sont en relation avec les malfaiteurs par des moyens de correspondance qui déjouent la vigilance la plus exercée. Ceci est une condition de premier ordre.

La population de l'Île n'est pas nombreuse, les Corses sont à peu près tous liés les uns aux autres par des relations de parenté. Il est facile, pour une famille qui reçoit un hôte, d'invoquer quelqu'une de ces relations, pour amener peu à peu cet hôte à enfreindre les rigueurs d'une discrétion professionnelle et à négliger des devoirs impérieux.

Il s'agit, en effet, de tout autre chose que de constater des contraventions de voirie ou de réprimer des délits de braconnage ou de fraude. Or tout espionne la gendarmerie. À cet égard, le Corse est comme tous les peuples primitifs chez lesquels l'instinct de la défense, de la protection et de la ruse domine tous les autres. Chaque pas, chaque action, chaque mouvement est noté et interprété. Le bandit que l'on protège est informé de tout; les moyens de correspondance, les signaux sont nombreux et tous ingénieux : l'enfant, le mendiant, le berger, les chiens, le linge étendu aux fenêtres ou sur la route sont les agents conscients ou inconscients d'une correspondance toujours en activité.

Il faut que le gendarme, dont la mission est immense dans ce pays et dont l'intelligence doit être toujours excitée, vive dans la retraite et puisque s'abstenir complètement, et pour quelque besoin matériel que ce, soit, du contact des habitants.

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Il est par conséquent de toute nécessité que le gendarme habite à la brigade et qu'il soit à peu près consigné. Le logement chez les habitants et cette vie trop ouverte qui faisait assister la population à tous les actes des voltigeurs corses et du bataillon mobile ont été sans nul doute la cause de l'insuccès de ces deux corps.

Si les relations de parenté sont nombreuses en Corse, il importe au premier chef d'éloigner le gendarme des localités d'où il est originaire de celles habitées par sa famille ou par la famille de sa femme. Ces exigences n'étaient pas toujours observées; il fallut y apporter une attention rigoureuse.

Ce n'est pas seulement pour préserver les opérations de la gendarmerie d'indiscrétions fatales, pour soustraire les hommes à des influences auxquelles il leur est difficile de résister, c'est aussi parce que les passions, les intérêts, la politique établissent entre les familles des divisions au milieu desquelles l'homme de la force publique ne saurait se maintenir indifférent, s'il se trouve sous une influence de parenté. On facilite par conséquent l'action du gendarme en ne plaçant dans les brigades que des hommes étrangers au canton ou à la contrée.

L'un des moyens d'action de la gendarmerie pour arriver à la découverte des criminels, c'est de se ménager parmi la population des intelligences, et de provoquer des délations, souvent en les rémunérant. Ces délations, qui peuvent exposer à des vengeances terribles ceux qui les commettent, ne s'obtiennent qu'à la longue. Le délateur choisira de préférence un étranger, après que d'adroites épreuves l'auront assuré de sa discrétion, et parce que l'étranger pourra être éloigné un jour ou l'autre de la résidence ; tandis que la présence d'un homme du pays, dont il aurait fait un complice, serait à tout jamais pour lui un reproche et une menace.

Cette nécessité de tenir le gendarme à l'abri de toute influence de famille avait inspiré, il y a vingt cinq ans, une mesure exceptionnelle. Le mariage avait été interdit aux voltigeurs corses; on voulut l'interdire également aux gendarmes de la légion, non mariés au moment de la réorganisation.

Il n'est pas utile de discuter ici le principe, le bien fondé d'une disposition arbitraire, ni même sa moralité. À cet égard, il est démontré que le célibat forcé des voltigeurs corses a eu pour résultat de fréquentes plaintes en séduction, des demandes en séparation et aussi, ce qui est l'inévitable loi commune, des déclarations de vendetta souvent suivies de meurtres.

Au point de vue du service, il en est résulté des inconvénients plus graves, Parce qu'ils étaient plus continuels que le danger qu'il s'agissait d'éviter. Dans les brigades externes, dans les postes isolés, les célibataires éprouvent une grande difficulté à se nourrir. Ils n'ont pas d'ordinaire à la brigade, point de cantines, point de provisions, et au moment imprévu où vient l'ordre de battre la campagne, il leur est impossible de garnir leur sac de ressources pour le temps inconnu de l'absence.

Dans la réorganisation de 1852, on a surtout acquis la conviction qu'il fallait introduire dans la gendarmerie en Corse un nombre aussi grand que possible de militaires continentaux, plus particulièrement originaires des pays montagneux et initiés à la guerre d'Afrique.

On pensait que les continentaux apporteraient l'utile exemple des habitudes du service de l'intérieur, qu'ils donneraient plus de ressort à la discipline, plus d'énergie à la surveillance, que leur présence pourrait aussi agir sur les mœurs en affaiblissant l'esprit de nationalité, à mesure que la connaissance de la langue et des coutumes leur permettrait de s'introduire dans la vie commune et de former des relations dans le pays. Il y a dans les précédents de l'ancienne légion des exemples qui venaient à l'appui de ce raisonnement; des gendarmes d'origine continentale, recrutés sans doute dans les corps de troupe qui se trouvaient momentanément en garnison dans l'Île, ayant conquis les galons de brigadier et de sous-officier, l'épaulette même, se sont mariés dans le pays et sont devenus les meilleurs serviteurs de la légion.

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Il existe des preuves de cette heureuse influence d'un noyau continental introduit au milieu de la population. Ce qui s'est passé dans une petite contrée, nommée le Fiumorbu, n'est pas l'exemple le moins concluant. Le Fiumorbu qui forme le canton d'Isolaccia, vers le milieu de la partie orientale de l'Île, en a été la contrée la plus agitée, la plus mal hantée; on y a compté des bandits redoutés, entourés de partisans nombreux. Pour y rendre la surveillance plus efficace, on y créa un poste fortifié, dans le village de Prunelli, et ce poste fut occupé par un détachement de ligne. Les bandits disparurent, détruits ou constitués; ceci n'est que la résultante naturelle d'un déploiement de force armée; mais ce qui fut plus évidemment la conséquence de l'influence d'un élément nouveau et du contact des hommes du dehors avec la population, c'est que l'on vit les mœurs se modifier notoirement.

La particularité la plus piquante de cette réforme, qui mit peu d'années à se produire, c'est que l'un de ces bandits du Fiumorbu, célèbre par les actes de vengeance qui l'avaient poussé à gagner la montagne, fut le principal agent de cette pacification, et qu'il devint par la suite le commandant militaire de cette petite place de Prunelli. La population, lorsqu'il était bandit, l'avait décoré du titre de roi du Fiumorbu. Il fit sa soumission en acceptant un grade de sous officier dans les voltigeurs corses; il avait un patrimoine de quelque importance; il possédait dans le canton un établissement d'un grand intérêt; il est devenu membre du conseil général; il a reçu la croix de la Légion d'honneur, puis il a été retraité, et il est mort avec le grade de chef de bataillon. Ce fut une des plus étranges personnalités du banditisme corse.

En réorganisant la gendarmerie de la Corse, en 1851, on aurait voulu, pour les raisons qui viennent d'être développées, porter à la moitié de l'effectif de la légion le contingent de militaires continentaux; on n'a pu atteindre le tiers, et il est probable qu'à l'heure présente ce chiffre a dû descendre au-dessous du quart.

Cette difficulté a plusieurs causes. Le gendarme sert librement; il n'est pas lié au service. Il choisit, sinon sa résidence, du moins la légion dans laquelle il désire être employé. Il est libre de ne pas accepter la commission qui lui est envoyée, si la désignation ne répond pas au désir qu'il a exprimé. Pour presque tous, après le service militaire obligatoire, l'emploi de gendarme est une profession choisie pour le reste de la vie, et si la nomination obtenue ne répond pas aux projets formés, le candidat refuse, ou ajourne son acceptation.

Ce ne peut donc être que de leur plein consentement que des militaires continentaux libérés acceptent le service de la gendarmerie en Corse, Les uns, parce qu'ils n'ont pas de relations de famille et nulle attache dans un pays quelconque de l'intérieur; les autres, parce qu'ils sont séduits par l'inconnu et par la vie d'aventures que leur fait espérer le service dans l'Île; d'autres, parce que, ne répondant pas d'une manière absolue aux conditions exigées pour le service de la gendarmerie dans l'intérieur, ils obtiennent, à la condition d'aller en Corse, une tolérance qui leur donne une carrière et assure leur existence. Il avait été aussi offert aux continentaux un attrait qui pouvait améliorer leur position à l'époque de la liquidation de leurs services, cet attrait il en sera parlé plus tard n'existe plus aujourd'hui.

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Mais des obstacles se sont présentés qui n'ont pas permis d'introduire cet élément continental dans une proportion aussi élevée qu'on l'eût désiré.

Rentrer dans leur île, y trouver une position qui leur garantisse un avenir, qui les assure contre la pauvreté et contre le travail, c'est l'aspiration de tous les militaires corses que l'obligation régulière du service appelle dans les rangs de l'armée.

Excellents soldats, braves, résolus, sobres, dévoués : autant ils servent bien à l'armée et dans l'intérieur, autant ils aspirent à retrouver chez eux une vie paisible, un tranquille farniente, tout en continuant à porter un uniforme et à gagner, sans trop de fatigue s'il est possible, une solde, un grade et des droits à la pension de retraite.

Presque tous les Corses libérés qui rentrent dans leurs foyers demandent à servir dans la Gendarmerie. Ils ont eu, pendant ces derniers temps, d'autres attraits puisés dans la politique du moment, des intérêts de parti et d'amour propre national ; des questions de personnalités retenaient les meilleurs dans l'intérieur, et surtout à Paris. Ces attraits n'existent plus aujourd'hui, et ils n'en recherchent que plus instamment l'occasion de se rapatrier, et, s'il se peut, avec quelque profit.

Si, à un militaire corse qui désire compléter dans la gendarmerie ses services militaires, on offre un emploi dans une compagnie de gendarmerie de l'intérieur, il l'accepte tout d'abord, en présence de l'impossibilité démontrée d'être prochainement admis dans son pays. Mais il ne perdra pas patience; il profitera de chaque inspection générale pour demander à rentrer chez lui il recourra à tous les moyens d'instance; il y mettra une ténacité native qui ne brusquera pas les moyens et qui ne négligera aucun argument, même celui de la démission, et il y parviendra.

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Le gendarme continental, de son côté, rencontre en Corse des difficultés qu'il n'avait pas prévues ou qu'il ne sait pas surmonter. Tous ne sont pas également aptes à apprendre une langue étrangère, à se familiariser avec des mœurs nouvelles. S'il parvient à se marier, la conquête est faite au profit du pays; mais s'il reste célibataire, il rencontre, pour les détails les plus impérieux de l'existence, dans ces villages pauvres et à peu près dépourvus de tout, des obstacles matériels impossibles à surmonter.

Il se dégoûtera promptement. Lui aussi demandera à rentrer chez lui, dût il renoncer au bénéfice des services acquis, et l'administration, dont l'obligation principale est d'être paternelle, ne saurait se refuser longtemps à satisfaire, par une mesure simultanée, à deux demandes légitimes : celle du continental, qui aspire à rejoindre le continent, celle de l'insulaire, qui sollicite de retourner dans son île.

Ce qui vient d'être dit pour les hommes n'est pas moins vrai pour les officiers. Il est utile aussi que l'élément continental figure, pour une partie, à la tête de la gendarmerie corse. On trouvera, en temps de paix, quelques jeunes officiers impatients et ambitieux, que la campagne des maquis tentera de loin comme une curiosité ou une bravade, mais qui reviendront bien vite de leur entraînement, s'il n'y a pas un bénéfice moral ou matériel qui les dédommage.

On ne rencontre pas toujours un brave officier supérieur qui a conquis une légitime considération à la tête de la légion corse, on ne rencontre pas facilement de bons officiers qui marchent franchement au maquis; ce n'est guère amusant que d'y passer des nuits sans pouvoir ni parler, ni tousser, ni cracher ni... sous peine d'y laisser la peau, Les officiers du continent n'y viennent qu'à leur corps défendant; ils restent peu de temps, et demandent bientôt à quitter l'Île.

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De là résulte, à moins d'une vigilance constante de la part de l'administration, un prompt et fatal affaiblissement d'une organisation faite d'après un principe mûrement étudié. Il y a tout à la fois, dans la religieuse observation de ce principe, le succès de l'œuvre importante de la répression, et la possibilité d'arriver peu à peu, mais sûrement, à la réforme des mœurs par un moyen analogue à la colonisation, et ces efforts sont déçus, faute de moyens suffisants pour attirer et retenir cette colonisation.

Il y a en ce sens une tendance contre laquelle il importe de lutter résolument. Il y a en Corse de grands intérêts de prépondérance locale qui forment deux ou trois partis principaux. Il était nécessaire à ces partis d'avoir à eux les fonctionnaires de l'État afin de ne pas laisser faiblir une influence précieuse pour les affaires politiques; et les fonctionnaires d'origine corse, qu'un régime disparu a faits si nombreux dans toute la République, ce qui peut n'être qu'un témoignage rendu à leur intelligence et à leur capacité, occupent trop généralement les emplois dans l'Île, pour qu'il soit possible à l'administration d'agir en dehors des pressions et de combattre des traditions invétérées.

Il faut donc arriver résolument, pour les fonctionnaires de tous les ordres, à introduire en Corse des éléments aussi nombreux que possible d'origine continentale, et si ce service est considéré comme un exil, s'il effraye beaucoup d'aspirants, s'il n'est accepté le plus souvent qu'avec la réserve de le laisser durer le moins de temps possible, et comme la transition nécessaire d'un grade à un autre, il importe à l'administration de l'entourer de quelques bénéfices qui le rendent attrayant, en faisant espérer aux uns et aux autres une récompense proportionnée aux services rendus.

Ce bénéfice avait été trouvé, pour la gendarmerie, en 1851.

On considéra alors que le service de cette légion n'était pas moins pénible que le service de la gendarmerie en Afrique, et n'entraînait cependant aucune allocation spéciale. Le chef de la légion, le brave et habile colonel de Guenet, demanda qu'il fût alloué à ses hommes une augmentation de solde à titre d'indemnité pour service extraordinaire; le procureur général près la Cour de Bastia proposa d'accorder aux gendarmes le droit d'inscrire une campagne sur leurs états de service, pour un nombre déterminé d'expéditions, de captures ou de destruction de contumaces.

Le ministre de la guerre, entrant dans cet ordre d'idées d'une manière plus largement rémunératrice, en voulant récompenser les rudes et dangereuses fatigues de ce service, autrement que par une haute paie ou par une indemnité un peu aléatoire, présenta la question au chef de l'État, et un décret, datant du 3 janvier 1852, déclara que l'année de service en Corse serait comptée à la gendarmerie comme année de campagne.

Financièrement, cet acte de justice n'était pas onéreux. On a calculé que, pour une moyenne de 30 hommes à retraiter chaque année, la dépense devait s'élever la première année à 750 francs, et qu'en dix ans elle atteindrait 7,500 fr. sans dépasser cette somme, compte tenu des extinctions annuelles parmi les retraités.

Ce bénéfice très légitime a été retiré à la gendarmerie de la Corse lorsqu'on a pu considérer la pacification de l'Île comme à peu près obtenue. Mais cette pacification n'a été que momentanée, les mœurs sont les mêmes; il y a toujours des actes de violence; il y a encore des bandits derrière les maquis; et la force publique, moins active, moins énergiquement organisée, moins stimulée, n'exerce plus la même action répressive qu'autrefois. Les militaires continentaux, dont la présence a certainement produit d'heureux effets, ne sont plus attirés par le bénéfice qui leur était offert, et ne recherchent plus des services pour lesquels, du reste, ils sont moins instamment sollicités.

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Si, dans une réorganisation qui semble urgente, le bénéfice absolu de l'année de campagne ne doit plus être accordé aux gendarmes de la Corse, peut être serait il opportun de revenir à la proposition formulée, en 1851, par le procureur général, et d'encourager tout spécialement, par une immunité analogue, les services réellement constatés. Il y a peut être là un moyen de réveiller l'émulation.

Toutes ces questions, examinées par le département de la guerre lorsqu'il s'occupa de la réorganisation de 1851, occupèrent l'année suivante une commission spéciale réunie sous le titre de « Commission du banditisme » au Ministère de la police générale, et cette commission s'associa complètement aux idées qui viennent d'être développées.

En résumé, pendant les quelques années qui suivirent la pacification de l'Île, la recherche des contumaces, la destruction à main armée de ceux qui résistaient à la force, furent activement poursuivies. Peut être a t il été regrettable qu'en présence de résultats heureux, des hommes utiles qui avaient sérieusement étudié le pays, qui étaient devenus familiers avec l'arme qu'on leur avait mise dans les mains, aient été prématurément retirés avant que leur œuvre fût achevée, et tout simplement parce qu'ils atteignaient cette fatale limite d'âge, au lendemain de laquelle il semble qu'il n'y ait plus de bons services possibles.

En moins de trois ans qui suivirent la réorganisation, la gendarmerie compta 8 morts et 24 blessés. Quelle fut la nature des services qu'elle rendit? On en trouvera une indication dans les documents justificatifs qui suivent, écrits presque sous la dictée de quelques uns des officiers et des gendarmes, ou extraits par eux de leurs rapports de service.

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Au commencement de 1853, l'un d'eux écrivait ce qui suit pour des résultats obtenus à cette époque:

« Trois arrondissements doivent, à l'organisation actuelle, les excellentes conditions dont ils jouissent. Dans les deux autres (Ajaccio et Sartène), les bandits s'embarquent où se font prendre; les crimes ont beaucoup diminué. Le 1er et le 2ème arrondissement jouissent d'une telle tranquillité, qu'il a été possible d'en distraire en entier la force supplétive, pour l'envoyer sur d'autres points. L'arrondissement de Corte serait dans le même état, sans le Fiumorbu, qui s'est un instant agité ; mais les bandits n'osent en bouger. Il est vrai qu'on ne peut arriver à les détruire, parce qu'ils sont protégés, les uns par un parti local à la tête duquel se trouve le fameux L..., homme important, ancien bandit lui même ; les autres par la famille V.., en opposition avec L... Comment voulez vous faire quelque chose qui ait de la durée, lorsqu'on tolère de semblables faits ? »

Pourquoi cette heureuse situation de la Corse, signalée par un homme qui était certainement, alors, le plus compétent pour en juger, ne s'est elle pas maintenue ? C'est probablement parce que la situation politique de ce temps obligeait à « tolérer de semblables faits. »

Mais aujourd'hui ? Si de nouveaux efforts sont tentés pour la pacification de l'Île, d'une manière radicale, l'action de la force publique devra t elle être la même que précédemment, c'est à dire armée, répressive, violente, destructive?

Non, peut être, si toute l'administration est associée au but à atteindre ; non, si l'on change les fonctionnaires ; non, si l'on renverse aujourd'hui les influences qu'on ne pouvait renverser il y a un an ; non, si l'on veut employer les moyens de persuasion, d'éducation, de réforme morale et de colonisation. Les moyens énergiques sont bons contre la révolte résultant de la dépravation des idées et du relâchement des mœurs. Il faut toute la force des moyens militaires pour réduire des insurgés, traquer des centaines de contumaces et détruire des assassins. Mais contre des mœurs natives implacables, parce que telle est la vieille tradition, violente, parce telle est la loi du sang, il ne faut ni la lutte, ni la menace, ni l'oppression, ni les mesures qui humilient, ni le désarmement qui engendre la révolte, ni l'exécution à main armée qui provoque d'interminables et sourdes vengeances. Il faut employer les grandes et libérales influences ; il faut instruire et éclairer ; il faut répandre partout une justice affectueuse et attentive ; il faut amener le bien-être, en aidant, en encourageant et en facilitant le travail.

Il y a quelque chose à donner à la Corse, si cruellement négligée et si profondément découragée par le traitement que lui fait subir une partie de l'opinion publique.

On n'a distribué jusqu'ici, pour complaire à de hautes individualités que des bénéfices et des faveurs personnelles, des grades, des emplois, des décorations ou de l'argent, qui n'ont pas profité au pays. C'est au pays qu'il faut faire du bien, en se dégageant de toutes les questions particulières. Et le moment est sans doute opportun, maintenant que les hautes influences sont éteintes, d'aller paternellement porter une parole utile et une intervention bienveillante au milieu des populations.

Des routes à faire, l'instruction à répandre, le bon exemple à donner, ce ne sont pas là de grosses sommes à ajouter au budget de l'Île et elle possède un trésor de richesses et de reconnaissance qui lui permettra de rendre un jour, au centuple, le bien qu'elle aura reçu.

A. Germond de Lavigne

Gendarme

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11 mars 2007

Les bandits de Balagne au XIX° siècle

Faits authentiques relatés en 1851, dans les écrits de Germond Delavigne traitant du banditisme dans la Corse du 19° siècle.

Cette inspiration extraite du document, fait ressortir la fin tragique de Pierre-Jean Massoni et de son frère Xavier, bandits sévissant en Balagne.

On pourra découvir qu'une certaine règle d'honneur pouvait parfois exister entre ces individus et les gendarmes pourtant opposés dans de véritables chasses à l'homme.

Gendarme

Les Massoni

Ce jour là, le chef du bataillon de gendarmerie mobile, l'avocat général auprès de la cour d'appel et un juge d'instruction, revenaient de Calvi à Bastia. Deux routes s'offraient à eux : l'une qui suivait le littoral par l'Ile Rousse et Saint-Florent, l'autre qui passait par Muro et Belgodère.

calvi

belgodere

Les deux magistrats se proposaient de prendre la diligence qui desservait cette dernière route, mais le commandant de gendarmerie, qui avait des craintes sur la sûreté du pays, parvint à les en dissuader et les entraîna par le littoral.

Corbara

Gendarme

La diligence partit, emmenant seul, dans le coupé, le maréchal des logis Giusti, qui terminait ses congés et retournait à Bastia.

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A moitié chemin entre Ponte-Leccia et Les Pontere, la voiture s'arrêta à une petite auberge; un homme vint au conducteur et lui demanda si la justice était avec lui. Le conducteur répondit négativement.

- Continuez" dit l'homme.

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Gendarme

A vingt mêtres de là, deux coups de feu partirent de derrière un mur en brêche et le maréchal des logis Giusti tomba, la poitrine transpercée.

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Dans une battue de représailles conduite un mois plus tard par le Lieutenant Santelli, l'un d'eux, nommé Petrucci, fut tué et un autre, Ciamarelli, grièvement blessé.

La Balagne, où Massoni dominait en roi, était la plus riche et la plus heureuse contrée de la Corse. Elle formait une partie de l'arrondissement de Calvi. Terres fertiles, végétation magnifique, beau ciel, beau peuple, tout s'y rencontrait à souhait. Mais les familles y étaient divisées comme partout ailleurs. Les jalousies y étaient nombreuses, les inimitiés dataient de loin, bien que la placidité du climat apportât quelque amollissement dans les mœurs natives.

feliceto

montemaggiore

Le jour où, dans cette lutte incessante des partis, l'un d'eux eut acquis la conscience de sa faiblesse, il s’accorda un appui en acceptant un champion pour réaliser leurs vengeances.

Ce champion fut Pierre-Jean Massoni.
Les uns disaient qu'il avait été soldat, d'autres, gendarme ou voltigeur corse.

Massoni avait une terrible réputation. Ses méfaits étaient nombreux, il pesa sur toute la Balagne par des moyens d'intimidation familiers aux bandits, donnant des ordres, frappant des interdits, rendant des sentences avec une autorité que nul n'osait contester.

Massoni avait une cour. On donnait en son honneur des festins homériques ; on s'inclinait devant ses volontés souveraines. Il fit toutefois de bonnes actions ; mais il avoua aussi vingt-cinq meurtres à l'heure de sa mort.

Lumio

Gendarme

Le procureur de la République était allé, sous l'escorte de la gendarmerie faire une perquisition dans un village éloigné de quelques lieues de Calvi. Au retour, le brigadier commandant l'escorte fut forcé de s'arrêter. L'escorte continua seule. La route, comme toutes celles de la Corse, était sinueuse, et lorsque

le sous-officier se mit en quête de rejoindre ses hommes, il aperçut six canons de fusils dirigés sur lui. Massoni sortit de derrière un rocher, s'approcha et dit :
- Mets pied à terre, fais ta prière, car tu vas mourir. »
Le brave gendarme, voyant que toute résistance était impossible, ne pouvant être vu ni entendu de ses hommes plus avant, se mit en devoir d'obéir. Mais, tout en se résignant à son triste sort, il ne put s'empêcher de faire un retour sur sa position de famille, et ces mots lui échappèrent :
- Que vont devenir ma pauvre femme et mes six enfants? »
Le bandit s'arrêta et le regarda.
- Ah ! dit il, c'est différent, remonte à cheval et va t-en. Ceci au moins, ajouta t- il, me sera compté avec mes bonnes actions. »

Massoni ne fut pas longtemps seul maître et arbitre de Balagne. Le parti qu'il opprimait s'avisa à son tour de l’imiter et engagea un sicaire : ce fut Serafino. Réputations identiques, forces égales, méfaits aussi nombreux, procédés semblables, la Balagne eut donc deux tyrans au lieu d'un roi et fut loin de s'en bien trouver.

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Massoni, se sentant contre balancé dans ses pouvoirs, appela à lui son frère Xavier. Serafino s'adjoignit le bandit Padovani. Massoni prit encore avec lui Arrighi et recruta tout une bande.
Le guet-apens de Ponte-Leccia avait donné l'éveil ; il était temps que l'autorité s'en mêlât. Un soir de septembre, deux individus se présentèrent à la brigade de Calacuccia. Massoni, traqué par tous les postes de la gendarmerie mobile, s'était réfugié au milieu des rochers inaccessibles du mont Ranza, avec son frère Xavier, Arrighi et quatre guides très proches.

Gendarme

bandit_1

Les deux individus offrirent de livrer les malfaiteurs ; l'un d'eux se nommait Étienne ; il était berger à Corscia.
Le commandant de la brigade de gendarmerie convoqua ses hommes. Un poste de gendarmes mobiles se joigna à lui, ainsi quatorze militaires partirent au milieu de la nuit pour effectuer dix huit kilomètres à travers un pays impraticable.
A la pointe du jour, le détachement cerna une gorge dans laquelle les bandits étaient réfugiés. Quatre gendarmes prirent les devants et aperçurent trois hommes couchés sur le sol. Ils s'en approchèrent avec précaution mais une pierre roula et donna l'éveil. Aussitôt un coup de pistolet fut tiré sur eux sans les atteindre.
L'un des hommes était Pierre-Jean Massoni. Les gendarmes ripostèrent et Massoni tomba mortellement blessé. Les deux autres hommes étaient les guides qui se rendirent sans résistance.

bandit_2

Massoni vécut encore deux ou trois heures après avoir été frappé. Se sentant mourir, il appela à lui Muselli, le gendarme qui l'avait blessé.
- Écoute, lui dit il, je te pardonne ma mort, tu as fait ton devoir, aide-moi à faire le mien... Tourne moi du côté du soleil, mets moi, une pierre sous la tête, et
récite moi les prières des agonisants. »
Puis, au bout de quelques instants, montrant du doigt sa longue vue parmi les armes qui lui avaient été retirées :
- Prends-la,  ajouta t il, et garde-la en souvenir de moi. » Et il expira.

La fusillade avait averti son frère Xavier, Arrighi et les deux autres guides qui étaient cachés dans une grotte à deux cents mètres plus bas. Ils s'armèrent, se retranchèrent et guettèrent les gendarmes. L’un d’eux, Albertini passa à leur portée, un coup invisible partit et le tua. Le brigadier Orsattoni avait vu la flamme du fusil, il se baissa pour prendre position derrière une roche; un second coup le traversa de l'épaule droite à la chute des reins; il riposta en tombant mort.
Le gendarme Corteggiani apprêtait son arme quand une balle vint se loger dans la crosse, une seconde lui entra au dessus du genou. Le bandit s'etait découvert pour faire feu ; quoique blessé, Corteggiani lacha ses deux coups. Le bandit tomba mais se releva et se mit à fuir, c’était Xavier Massoni. Des gendarmes le poursuivirent et tirèrent ; il se blottit sous les broussailles et glissa entre deux rochers pour s'échapper.

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Le bruit cessa. Les deux derniers guides furent arrêtés on saisit leurs armes, leurs provisions de bouche. Les gendarmes visitèrent les rochers, fouillèrent la grotte ; on ne trouva pas Arrighi, que personne cependant n'avait vu passer.
Convaincu que le bandit n'avait pas quitté le théâtre de la lutte, on resserra les postes en occupant tous les passages. On chercha avec précaution, de crainte de quelque surprise fatale. Des renforts arrivèrent, d'autres furent demandés. La journée s'achevait, les gendarmes s'installèrent pour la nuit.
La matinée du lendemain se passa sans résultats ; le bandit était d’évidence caché dans les roches. On l'appela, on l'engagea à se rendre, on lui promit la vie sauve. Aucune réponse ne fit cesser une incertitude qui durait depuis vingt-quatre heures.

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Au milieu du jour, le gendarme mobile Candy quitta son poste pour remplir sa gourde à un ruisseau ; un coup de feu l'atteignit en pleine poitrine. Il tomba, puis se redressa, mit un genou en terre, fit feu de ses deux coups vers le rocher d'où le coup avait été tiré, et retomba pour ne plus se relever. Le malheureux soldat avait une femme et un enfant ! 

On connaissait maintenant la retraite de Arrighi. C'était une grotte profonde ayant plusieurs issues, inabordable, fortifiée par d'énormes blocs de rochers derrière lesquels le bandit se retranchait, et d'où il pouvait atteindre quiconque se laissant voir. Il avait de l'eau, des provisions ; il pouvait tenir encore longtemps. Vingt gendarmes le surveillaient, trois officiers les commandaient. On envoya requérir à Corte un détachement d'infanterie, de la poudre de mine. C'était un véritable siège qui se mettait en place.

La seconde nuit approcha on alluma des feux et on incendia de jeunes sapins qui cachaient l'entrée de la grotte, avec l'espoir d'enfumer le bandit et de le contraindre à la retraite.
Le matin du troisième jour, Il y avait là, autour de cette position occupée par un seul homme, un commandant, un capitaine, deux lieutenants et vingt gendarmes, puis soixante-dix fantassins, commandés par trois officiers. La poudre n'était pas arrivée, on rassembla des cartouches, on prépara un fourneau, et enfin, après plusieurs sommations inutiles, on y mit le feu.

Une violente détonation ébranla le rocher, renversa une partie de la façade de la grotte et mit à découvert un instant le bandit qui, immobile, impassible et souriant sous la fumée, engagea un échange de coups de feu contre deux gendarmes postés en face de lui.

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La troisième nuit était survenue ; éclairé par les feux de la troupe, Arrighi couvert par les roches, protégé des coups de fusil qui lui étaient envoyés de temps à autre, réparait la brèche formée par la mine, interpellait les gendarmes et les narguait. Lorsque les hommes qui le surveillaient se tenaient en alerte par ce cri sinistre:

- Sentinelles ! prenez garde à vous ! »

Arrighi les parodiait et criait du fond de sa caverne :

- Sentinelles ! prenez garde à moi ! »
Au petit jour, il tenta une sortie ; un soldat l'aperçut et donna l'éveil ; le bandit rentra, se blottit de
nouveau et ne répondit plus de la journée, même à la fusillade.
Cependant des mules portant cent kilos de poudre, des outils de mine et des provisions pour la troupe étaient arrivées vers le soir à quatre kilomètres du lieu de cette lutte inouïe. Elles ne pouvaient pénétrer plus avant, et il fallait attendre le jour pour apporter tout cela à bras d'hommes jusqu'au repaire d'Arrrighi.
La matinée du lendemain devait voir l'emploi de ces moyens formidables : on ferait sauter les rochers et avec eux ce forcené, qu'on ne saurait prendre sans exposer encore de braves soldats.

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Massoni était mort le 13 au matin. Arrighi tenait encore dans la nuit du 16 au 17. Vers minuit, enfin. il se décida à abandonner son repaire et se glissa le long de l'entrée de la grotte, fit feu, et des deux coups de son arme tua le brigadier Piarchi, blessa gravement le gendarme Ferracci, et toucha le gendarme Pieri de la même balle qui avait traversé le malheureux brigadier. Puis il rechargea son fusil en battant en retraite, s'élança d'une hauteur de sept mètres dans le vide, bondit sous la fusillade, et enfin s'arrêta, atteint par deux balles tirées par des gendarmes.
Mais ces blessures étaient légères, il était encore debout au milieu d'un fourré. C'est au maréchal des logis Pasqualaggi que fut réservé l'honneur de terminer ce sanglant combat. Il suivit le bandit en se glissant d'arbre en arbre, en le sommant de se rendre.
Les deux hommes se connaissaient bien, des liens de famille les avaient
rapprochés autrefois. Le bandit, blotti sous les roches, protégé pour quelques heures par l’obscurité de la nuit qui était venue, appela le sous officier :
- Écoute, lui dit-il, je ne veux pas me rendre. Je ne veux ni les galères ni l'échafaud. Je sais que je ne peux pas fuir et que je suis un homme perdu. »
- C'est vrai, fit Pasqualaggi, à cela je te réponds que tu ne m'échapperas pas. »
- Tu as été mon ami, dit Arrighi ; puisque je dois être tué, j'aimerais mieux que ce soit par toi. »
- Comme tu voudras », fit le sous-officier tout ému.
- À une condition », reprit le bandit.
- Laquelle? »
- J'ai sur moi, dans ma ceinture, 137 francs; c'est ma petite fortune. Tu les prendras, tu iras trouver notre curé, tu lui demanderas vingt messes, tu les payeras et tu porteras le reste de l'argent à ma famille. Tu me le promets ? »
- Je te le promets. »
- Merci, fit Arrighi, comme cela, je mourrai tranquille. Eh bien, alors, tue moi. Es tu prêt? »
- Oui, dit Pasqualaggi, mais je ne te vois pas. »
- C'est vrai, reprit Arrighi, ne tire pas au jugé, tu me manquerais. Alors attends, la lune va se lever dans une heure, aussitôt qu'elle nous éclairera, je te jure que je me laisserai voir... Tiens toi prêt et ne me manque pas. »

Pasqualaggi, craignant une ruse du bandit, tendit l'oreille et, l'arme prête, tint son regard fixé vers le point où Arrighi était caché. La fatigue de ces journées anxieuses, l'immobilité de son poste actuel, produisirent sur le maréchal des logis une espèce de fascination, il regarda et ne pensa plus à rien. Il était à moitié endormi, ne sachant plus qu'une chose, c'était qu'à un moment donné il devait lâcher la détente de son arme vers une cible qui allait s'offrir à lui.
Peu à peu une douce lueur s'élèva à l'horizon. Les masses se prononcérent, leurs formes se dessinèrent, et quand la lumière se fit, elle éclaira Pasqualaggi immobile, à l'affût, appuyé contre un arbre, la carabine en joue.
Alors un homme se leva lentement au-dessus des rochers, à portée de l'arme du sous-officier. Puis une voix se fit entendre.
- Eh bien, Pasqualaggi, es tu prêt? »
- Me voici », dit le maréchal des logis.
- C'est moi, Arrighi; tire donc ! »

Le coup partit, et le bandit tomba frappé à la tête.

Justice faite, il restait à Pasqualaggi à accomplir les derniers vœux du justicier, il alla vers Arrighi, lui ferma les yeux et prit dans sa ceinture les 137 francs. Le lendemain les messes étaient demandées, payées et le reste de l'héritage était remis à la famille.


Xavier, le frère de Pierre-Jean Massoni, qui s'était réfugié dans une autre grotte, signala lui aussi sa retraite en blessant grièvement le gendarme Paoli, qui s'était aventuré à sa recherche. On le cerna, il se défendit pendant trois jours, avec non moins de résolution qu'Arrighi.

Il fallut fermer les ouvertures de la grotte en jetant des pierres, puis préparer une mine. Alors il déclara qu'il se rendait; mais cette résolution fut si subite que tous les hommes ne purent en être avertis, et l'un d'eux, lorsqu'il se découvrit, lui envoya une balle qui le tua net.

Le gendarme Paoli fut transporté à Corté et amputé à la cuisse; mais le télégraphe n'arriva pas assez tôt pour lui annoncer la croix de la Légion d'honneur que le ministre lui accordait ainsi qu’à quatre autres combattants.

Gendarme

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20 mars 2007

Les Cap Corsins d'Amérique

Nos Cousins d'Amérique

D’après un texte de Ange Rovere, dans « Un Peuple entre Mer et Montagne » Milan/Presse

« Lorsqu'il part de son île, Un Corse ne s'en va pas : il s'absente »

Vincent de Moro-Giafferi 

Les émigrants partis tenter leur chance aux Antilles ou en Amérique aux siècles derniers ont marqué le Cap Corse de leur empreinte : demeures princières, églises ou somptueux caveaux de famille rappellent leur histoire.

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Les traces laissées par les "Américains" du Cap Corse constituent l'une des empreintes les plus spectaculaires de l'histoire dans cette région. Rien pourtant dans le portrait de l'émigrant du XIXe siècle ne semble le disposer à un tel destin.

Le candidat au départ est jeune, célibataire, et pauvre. Il ne parvient plus à vivre de l'agriculture sur le petit lopin de terre familial. Ou bien encore, il s'agit d'un très modeste marin commerçant, d'autant plus tenté par l'aventure que l'arrivée de la vapeur met en crise ce petit monde déjà largement tourné vers la mer.

Pour ces hommes, le Nouveau Monde n'est pourtant pas tout à fait un saut dans l'inconnu. Le départ des Cap-Corsins "aux Amériques", qui commence au XVIe siècle, est devenu une tradition à la fin du XVIIIe siècle.

Il est d'abord débarqué aux Antilles d'où l'on peut, avec les Anglais, continuer sous d'autres formes la guerre contre les Français qui, en 1769, ont conquis la Corse.

L'île de Saint-Thomas constitue un premier foyer de peuplement avec Domenico et Matteo Cipriani, Santo Stella et son frère Giacomo, ou encore Felice Antonio Mattei, issus de Centuri.

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Cette petite colonie grandit au début du XIXe siècle avec, entre autres, l'arrivée de Jean Franceschi ou de Gasparo Palmieri, de Centuri eux aussi.

Porto-Rico s'impose cependant très vite comme la destination principale de ceux qui rêvent de l'Eldorado. Moins de 500 en 1827, les Corses du Cap sont plus de 1 200 soixante ans plus tard, installés à Yauco, Ponte et San German.

De Porto Rico, la colonie essaime dans les Caraïbes, vers Haïti et surtout La Trinité.Le mouvement gagne bientôt le Venezuela. La destination sud-américaine, principalement l'Argentine, s'intensifie dès lors que les départs sont pris en charge par les agences et les compagnies italiennes.

L'itinéraire des Corses suit alors les oscillations des migrations péninsulaires qui, à la fin du XIXe siècle, se déplacent vers les États-Unis. Dans les années 1890, les Vincentelli ou les Ferrandini de Morsiglia ouvrent négoce dans les états du sud de l'Union.

La fortune n'est pas toujours au bout du voyage. "Il me déplaît de rappeler ma misère, car il t'est difficile de le croire. Tu penses que je suis un richard et un grand négociant, tu te trompes lourdement", écrit en 1896 Raphael Ferrandini à son frère demeuré au village.

La terre du Cap Corse ne conserve aucune trace de centaines d'échecs semblables. Par contre, elle arbore fièrement la réussite de ceux pour qui les Amériques furent la "Terre promise" et qui eurent à cœur d'étaler leurs richesses, comme une sorte de revanche.

Le souvenir et la reconnaissance,

Par testament dicté à Haïti vers 1800, Joseph Marie Franceschi lègue une forte somme destinée à la construction de la chapelle Sainte-Anne située au hameau de Bovalo à Centuri.

Piccioni, qui a été un des premiers à s'établir à Saint-Thomas en 1790, et dont la fortune est faite, finance deux fontaines publiques à Pino, (son village natal), fait restaurer l'église Saint-Roch, en paye les orgues et lègue même 20 000 F pour leur entretien.

A Pino encore, comment ne pas évoquer cette "dernière pensée d'un Corse mourant à 2 000 lieues de sa Patrie" et faisant ouvrir la route du col de Sainte-Lucie en direction de la belle vallée de Luri...

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La richesse et la puissance ne s'affichent pas uniquement dans le don et les libéralités. Elle est surtout affirmation de soi, ou plutôt du groupe familial. C'est ainsi que dans l'île, les tombeaux ressemblent souvent à des palais...

À regarder les mausolées de la famille Nicrosi à Rogliano ou des Franceschi à Pino, on saisit la volonté manifeste de se projeter dans une sorte d'immortalité.

Lorsque Pietro Semideï, à la mort de son père, écrit pour que soit édifié le "tombeau de famille afin qu'un jour nous soyons tous réunis", il signifie à la communauté et aux siens que, dans la fuite des générations, il est désormais la source de l'existence du groupe. Le culte du souvenir se mue en devoir de reconnaissance.

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Le palazzu a les mêmes dimensions symboliques. Situé dans le village même ou légèrement à l'écart, la casa di l'américani (maison de l'américain) tranche sur le reste de l'habitat qu'elle domine. Par sa forme massive, son élévation sur deux ou trois étages, son toit à quatre pentes, ses balcons et ses nombreuses ouvertures elle dit la richesse et l'orgueil.

palazzu

Le stupéfiant castellu Cipriani à Centuri, la maison Cagninacci à Lota semblent sortis "d'Autant en emporte le vent". Le château Fantauzzi à Morsiglia a coûté 30 000 Francs-Or, la maison Semideï à Centuri 50 000 francs de l’époque. C'est François l'un des quatre frères partis entre 1800 et 1810, qui est revenu au village pour la faire bâtir.

luri

Son fils Dominique, parti rejoindre ses oncles au Venezuela, rêvait de revoir la maison familiale ; ce fut chose faite lorsque, pour son centième anniversaire, il reçut un magnifique cadeau : une photo de la demeure, portes grandes ouvertes, avec son portrait sur le perron.

Aujourd'hui, grâce à l'avion, nombreux sont les "Corses de là-bas" à avoir plus de chance que Dominique.

Ces palazzi austères, bien souvent fermés l'hiver, prennent un air de fête lorsque l'été reviennent les « herederos » (les héritiers).

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23 mars 2007

Pasqua in Rusiu

Pasqua Corsa in Rusiu 

(Petru Rocchi)

Sentu sunà e campane

Quelle di u me paesolu

Rivenute da Roma sta mane

Dopu tre ghiorni di dolu.

Sunate sunate campane

A rompe u battagliolu

Ci portanu a bona nutrizia

Di u Cristu ressusscitatu

Messu in croce da à milizia

E da Caïffu cundannatu

Abandunatu da à justizia

Di u Signor’Ponziu Pilatu

Chi per paura o per malizia

E mani sin’é lavatu

Oghie a justizia divina

Face dirittu a l’innucente

Averte chi sopra l’omi

C’é una forza più pudente

Cécu é ch’un vole vède !

Sordu é ch’un vole sente !

Ma quandu l’ora sunerà

Sara troppu tardi ô giente

In ogni paese e cità

Sona e canta l’Alleluia

Pe’ a santa resurrezione

Celebrata in allegria

A Gioia e a devuzione

So in perfetta armonia.

In ogni chiesa e fucone

So Pater Nostri e Ave Maria

Dopu a festa spirituale

Prestu tuttu e preparatu

Pe a festa curpurale

Induve ognunu é invitatu

Per mangnà l’ovu pasquale

Cun’ Merre, Maestru e Curatu

U « Triumviratu » tradiziunale

D’ogni paesolu amatu

Finita a merendella

E l’ora di e distrazioni

Di a celebre paghiella

Di i balli e di i soni

Di canzona a più bella

E di l’impruvisazioni

Di fritelle, migliacci e vinu

Di ghitara a di viulinu

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24 mars 2007

A Babbu

papa3

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25 mars 2007

A Strada cu I Muvrini


Une autre manière de se laisser bercer sur les méandres harmoniques d'I Muvrini au gré de quelques sites .....pèle-mèle......

......Et si vous vouler vous promener à travers l'Ile de Beauté sur les accords de "VENI", cliquez sur le lien ci-dessous:

http://www.dailymotion.com/swf/3xbbOFdzJtA4obbdG

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26 mars 2007

Polyphonie corse

Les choeurs résonnent et font écho sur les flancs de nos montagnes et quelques images se succèdent pour mieux accompagner l'enchantement de cette polyphonie.


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27 mars 2007

U cane Bruscu



Lamentation d'un chasseur pour son chien Bruscu, hommage à son courage qui l'a conduit à trouver la mort dans un combat cruel contre un sanglier. Bruscu repose en paix au paradis des chiens....

Posté par A Rustaghja à 20:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]