S’il est un animal qui symbolise au mieux la Liberté, l’Indépendance et la Résistance, c’est bien le mouflon.

Les montagnes sont à lui et, pour l’homme qui l’a jadis décimé, il garde une méfiance éternelle qui mérite le respect.

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Le Mouflon corse, ancêtre du mouton domestique, est d’allure élégante et altière, malgré un corps assez trapu. Les mâles pèsent de 35 à 50 kg et mesurent 75 à 80 centimètres au garrot.

Ils portent de longues cornes spiralées courbées vers l’arrière et à croissance annuelle. Ce qui les différencient du bouquetin des Alpes.

Les femelles sont plus légères, 25 à 40 kg. avec, ou non, présence de cornes suivant les populations (groupes géographiques des hardes).

Chez les deux sexes il existe un masque facial blanc dont l'étendue varie avec l'âge. Le pelage est court et dense à l'exception du jabot des mâles. Brun Chocolat en hiver, il s'éclaircit en été.

En général, une selle blanche apparaît en hiver chez les mâles.

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Le rut a lieu entre octobre et décembre. La femelle donne naissance à un agneau, exceptionnellement deux, au printemps, entre mars et mai.

Le mouflon est un animal sociable. En règle générale, en dehors du rut, les mâles et les femelles adultes accompagnées de leur progéniture, vivent séparés au sein de groupes de taille variable suivant les saisons et les populations.

Capable d'adapter facilement son régime alimentaire, le mouflon présente une grande aptitude à coloniser des milieux très divers. Il affectionne les moyennes montagnes, les successions de collines, les grands espaces ouverts, les milieux plus ou moins accidentés et peu enneigés en hiver, les sols rocailleux et bien drainés, couverts d'une végétation herbacée ou arbustive. Il utilise les zones boisées pour se protéger de la chaleur et des intempéries et pour se nourrir l'hiver, pendant les périodes d’enneigement.

Cette souplesse d'adaptation a facilité la réalisation de nombreuses introductions en Europe pour préserver sa reproduction et sa réinsertion continentale.

En Corse, sur son île d'origine, il est présent depuis plus de 8 000 ans au nord, dans le massif du Cinto et Asco ainsi qu’au sud dans les secteurs de Bavella, à raison de 400 et 200 individus environ. Ces populations ont donc dépassé le seuil critique d'extinction. La chasse de l'espèce y est interdite depuis 1956.

En France continentale, la première introduction a été réalisée en 1949 dans le Massif du Mercantour où 65 populations sont présentes actuellement, puis dans 25 départements avec un effectif total estimé à 11 317 individus. On rencontre maintenant cette espèce dans les régions méridionales, les Pyrénées et les Alpes, notamment dans le Vercors.

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Les effectifs continentaux de mouflons sont en progression lente depuis une dizaine d'années et demeurent inférieurs aux potentialités des habitats méridionaux disponibles. Son avenir reste donc prometteur, et l'intérêt qu'il suscite auprès des utilisateurs de la nature, chasseurs, naturalistes, promeneurs le prouve. Malgré son statut d'animal "étranger", il a réussi son "intégration" dans de nombreuses régions.

Il ne commet que peu de dégâts sur les cultures et ne pose aucun problème aux sylviculteurs lorsque le site d'introduction a été bien choisi et se prête à un développement normal des populations.

Si en Corse, la ferme poursuite des actions de protection est la meilleure garantie de sauvegarde de l'espèce, son développement sur le continent est désormais à maîtriser car les populations d'ongulés autochtones sont florissantes.

Alors, si un jour, au cours d'une randonnée sur l'Alta Strada vous en voyez un aux aguets, montrez lui, par votre attitude, que l'homme a changé et qu'il ne lui veut plus aucun mal.....alors peut être que dans un avenir espéré, il nous pardonnera et se rapprochera à nouveau de nous.